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7 mars 2015
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Heron versus Solius Multiplex

L’art et la manière...

Présentation : Pierre Alban
(Photos de l'auteur et de Eric Lequerme)

Il y a peu, on a découvert un nouveau site de vol, superbe. Le problème c’est que pour poser, c’est un peu rock’n roll, car c’est court et y’a des cailloux. Mais l’espace de vol est grandiose.
On aurait voulu une mousse pour les cailloux (et la cabane au fond du jardin !), mais avec des volets pour poser court, car le Solius arrive comme un missile sur ce site, qu’il soit encore plus performant, beau en l’air, etc.
Et c’est à ce moment-là que le Heron a été dévoilé par Multiplex. Sur le papier, c’était exactement ce que nous cherchions !
Mais était-ce un Solius amélioré, un Cularis réduit ?

Vol à voile

Bel allongement
Le Heron, c’est l’art du vol à voile accessible à tous. Aussi la plus belle façon de pratiquer le vol de pente : avec peu ou pas de vent, à traquer la bulle ou la restitution… Avec ses 2,40 m et son bel allongement, le Heron est très agréable aussi bien dans les grands espaces que dans les ascendances serrées.
Crocos sortis

Vol dos
Les volets apportent d’une part une nouvelle dimension de vol, mais permettent aussi de se former aux nombreuses subtilités qui s’ouvrent au vélivole un peu curieux, principalement au travers de phases de vol dédiées. Le vol dos ondule légèrement, il y a un coup de main à prendre mais ça n'est pas la destination première de ce planeur voilier..

 

Caractéristiques techniques

Envergure : 240 cm
Longueur : 110 cm
Poids : 1450 g
Moteur : SK3 3530 1150 kV
Contrôleur : YEP 40
Batterie : Lipo 3 S 2200 mAh ou mieux avec ce moteur, un 2650 mAh
Hélice : 9''x5''

Poids : 1450 g avec Lipo 3S 2650 mAh

 

Helius ou Soron ?
A l’ouverture de la boîte, on tombe sur un fuselage de Solius. C’est exactement le même. La seule différence est le moulage pour les prises supplémentaires, pour les volets.
Les ailes et le stab sont spécifiques à chaque version. Mais les uns les autres sont interchangeables. On a donc joué tout de suite à intervertir les pièces, qui s'adaptent parfaitement. Ce qu’il ne faut pas faire : mettre une aile de Solius d’un côté et de Heron de l’autre. On n’a pas testé, on avoue. On n’a pas osé non plus mettre une aile de Heron avec un stab de Solius. C’était prévu au programme, mais en faisant voler le Heron on a de suite vu que c’était pas une bonne idée. Par contre rien n’empêche de mettre un stab de Heron sur un Solius.Donc la bonne idée, c’est depuis un Heron, d’acheter des ailes de Solius. Attention, le centre de gravité n’est pas au même endroit avec une paire d’aile ou une autre. Il conviendra de déplacer l’accu de propulsion si on change d’aile.

Stabs Solius et Heron
  En haut, le stab du Solius. En bas, celui du Heron, un peu plus effilé.
Helius ou Soron ?

Une aile de l'un, une aile de l'autre
Voici le Helius, ou Soron, selon le flanc de montagne sur lequel on vole ! Ce clin d’œil juste pour montrer que les éléments sont interchangeables. Le centre de gravité n’est pas au même endroit selon l’aile installée. Il faudrait déplacer un peu l’accu et bien entendu mettre le stab « qui va bien ».
Sans les lipo, 70 g séparent les deux modèles, le Heron est donc moins chargé puisqu’il a plus de surface.

Aile... et lui !

Ce sont en effet les ailes qui sont très différentes entre les deux. Considérablement renforcées, elles sont moins souples sur le Heron que sur le Solius. Plus d’allongement, plus de surface, des winglets et bien entendu ces fameux volets qui font à eux seuls une grosse différence.
Néanmoins, nous retiendrons un autre aspect, également très marquant :
L’esthétisme !
Franchement, le Heron est bien plus beau et en vol il ressemble d’avantage à un planeur grandeur.
Rien que pour ça, le Heron vaut le coup par rapport au Solius, comme vous pouvez en juger sur les photos.
La contrepartie est bien entendu la complication au niveau de la programmation, mais c’est ça qui est aussi passionnant. D’autant que l’évolution logique vers des planeurs plus grands rend ce passage obligé. Alors c’est le moment de se faire la main et de prendre de bonnes habitudes de pilotage.

Heron et Solius

Montage du kit

Pour ceux qui ne connaisse pas le Solius, la qualité est vraiment impressionnante pour une mousse. Les ailes en particuliers sont superbes. Elles arrivent finies, aucun collage à faire si ce n’est les guignols. Rien à voir avec un Easy Glider. Donc le gros du travail est sur le fuselage, dont il faut coller les deux demi coquilles. le renfort qui courre dans la poutre n’est plus un profilé hexagonale en alu comme dans le Solius, il est ici en fibre.

Verrouillage d'aile

Connecteurs de servos
Le système de verrouillage des ailes. Nous avons utilisé une prise 4 broches au lieu des 2 prises prévues, mais au final il est plus pratique de respecter la notice.
Stabilisateur amovible

Vis à tête plate
Le stabilisateur est maintenu par deux vis nylon. Ici le stab du Solius, reconnaissable à ses empreintes de moulage, que n’a plus le Heron. Trouvées chez Lindinger, ces vis de 5 qui se vissent à la main. Donc pas de tournevis à emporter...

Par soucis de simplification au montage sur le terrain, nous avons mis une seule prise au lieu de deux par ailes, mais c’est une prise 4 broches. Les deux « + » étant reliés ensemble, de même que les deux « - » de leurs côtés. Ce serait à refaire, on garderait la version originale, plus facile à installer lors de la construction.
Sinon, il n’y a vraiment pas à reprendre la notice qui est super bien faite. Nous avons peint le baquet de verrière avant collage, d’un coup de bombe. La verrière est collé avec de la colle Deluxe spécifique, qui va bien.

Cabine

Quelles lignes
Le baquet de verrière a été peint en kaki, le tableau de bord et l'appui tête sont recouvertsde vénylia noir. Les déco sont en vinyl (Airtech). L'allure est très réussie. Difficile de deviner que ce planeur est intégralement construit en mousse injectée. Aussi bien au sol qu'en vol.

Equipement

Notre version étant nue, nous avons donc installé ce que nous avions dans les tiroirs, à savoir :
- Dans la dérive, les deux servos fixés à demeure (ou presque) sont des Corona DS929MG à pignons métal numériques.
- Dans les ailes, nous ne regrettons pas les Hyperions AMD 11 mm, programmés avec débattement à 140 °.
- Le moteur est un SK3 3530 1150 kV de 75 g qui s’est avéré parfait, bien qu’un peu léger en poids.
- Le contrôleur est un YEP 40.
- Le Lipo 3 S, un 2200 mAh est trop léger avec notre moteur, nous avons mis un 2650 mAh.
- L’hélice est une 9''x5'', pour respecter les 24 Ah maxi autorisés par le moteur. Résultat plutôt surprenant : ça monte très fort, la conso est faible et on a de l’autonomie. Nickel.
Nous avons ajouté un Gyro 3 axes Multiplex, comme gadget, qui s’est avéré au final très recommandable sur ce Heron.
Du coup, 8 voies sont nécessaires, mais nous verrons qu’il est tout à fait possible de commander le gyro tout en restant à un récepteur 7 voies.

Accessoires

Dérive en cours
En complément des morceaux en EPO, voici tous les accessoires livrés. La dérive est en deux parties, à assembler après avoir installé les servos.

Mixage 4 volets

Le gros avantage du Heron, c’est de pouvoir se poser sur des plateformes réduites, grâce aux crocos. c’est-à-dire volets fortement braqués vers le bas, ailerons fortement braqués vers le haut et une bonne compensation à piquer sur la profondeur. Là il ne faut pas faire dans la demi-mesure, et de grâce, mettez de l’amplitude aux débattements ! C’est la combinaison des volets et des ailerons qui font que c’est efficace. En effet, les volets ralentissent et empêchent d’accélérer, et les ailerons levés augmentent le taux de chute. Ils sont donc complémentaires. Ne faites pas seulement agir les volets, c’est très peu efficace sur un planeur. Il faut les deux.
La commande des crocos doit se faire obligatoirement par le manche des gaz. Pourquoi ?
Il faut nécessairement réguler les crocos en approche, comme les freins d’une voiture, que l’on n'aurait pas idée d’avoir en tout ou rien. Les crocos doivent être sortis progressivement une fois la vitesse réduite. Hors de question de mettre tout dehors à vitesse importante, car non seulement cela impose des contraintes monstrueuses aux ailes (ça encore, le Heron est "béton »), mais cela garantit aussi une belle séance de rodéo. Enfin durant l’approche, on doit pouvoir réduire ou augmenter l’efficacité de ces aéro-freins. Moduler donc.

Quadroflaps

Taux de compensation à piquer
Crocos sortis en grand : le taux de chute augmente fortement et permet des atterrissages très courts. "26%" c'est taux de compensation à piquer crocos sortis. Sur la Multiplex, ce taux a été rendu réglable en vol via une des deux molettes, c'est vraiment très pratique.

Il est important de bien régler la compensation à piquer.
D’autre part, soulignons qu’il est capital d’avoir aux crocos des débattements significatifs. 70° aux volets, 35/40° aux ailerons. Le truc, c’est d’avoir environ 75% de mixage pour lever les ailerons, et donc de garder les 25% restants pour avoir encore du taux de roulis en permettant à l’aileron de se lever encore un peu d’avantage. Pour cela, soit il faut des servos qui débattent beaucoup, comme nos Hyperion programmables, ou/et avoir des grands palonniers de servos. Il faut donc passer du temps sur la programmation tout en optimisant au mieux les débattements de façon mécanique.
Le moteur, lui, sera commandé par un inter 2 ou 3 positions.
En toute logique, vous devriez avoir de bons débattements aux ailerons et donc on n’aura pas besoin du mixage « ailerons donnent volets » pour se servir des volets comme soutient aux ailerons. On peut donc économiser là une voie et placer un cordon en Y aux volets.
Par contre il est utile de baisser de quelques 3 mm, les volets et de 2 mm les ailerons en position « thermique ». Pour autant, à l’usage, nous avons préféré ne pas baisser les ailerons.

Vol dos

Ca se remue
Le Heron reste très maniable, voir vif selon les réglages. C'est comme ça qu'on l'aime

Ailerons et volets levés de 1 ou 2 mm, pour utiliser une phase de vol « vitesse/acro », ne sont pas strictement nécessaire, mais c’est sympa pour le vol dos.
Le fait de passer par des phases de vol pour ces derniers mixages permet de mémoriser des positions de trim, pour la profondeur et donc de trouver chaque fois un planeur réglé pour le type d’utilisation concernée. (Thermique / Normal / Acro) D’autant que l’on peut y modifier les valeurs de différentiel, ou d’expo par exemple.
Très utile avec le centrage du plan, qui est un peu avant, et qui donc nécessite plus ou moins de différentiel selon les phases de vol. Si vous pouvez les régler en vols de façon distinctes pour chaque phase de vol, c’est le pied.
Vous voulez éviter toutes ces complications, mais profiter quand même du Heron ? Dans ce cas, n’installez tout bonnement pas les servos de volets. Cz ira aussi très bien pour commencer. C’est même sage, si vous n’êtes vraiment pas familier avec la programmation et l’usage des volets. Prévoir juste un bon débattement vers le haut des ailerons en fonction « AF ».

Réglages et phases de vol sur le Heron avec ses ailerons et volets mixés.
Les valeurs doivent être adaptées aux habitudes de chacun et bien entendu affinées en vol.


Histoire de gyro

Nous avons donc placé un gyro Multiplex. Il est vraiment très bien, beaucoup mieux que les gyro chinois à bas prix. Mais comme pour tous les gyros 3 axes, il n’est pas prévu de remonter les ailerons pour faire AF. Fonction pourtant indispensable. Multiplex contourne le problème en ne branchant qu’un seul servo d'aileron sur le gyro. Soit une moindre efficacité aux ailerons pour le gyro. Ce n’est pas une si mauvaise solution. Elle a le mérite d’être simple. Pas comme notre solution !
Pour avoir le beurre et la crémière, c’est-à-dire les deux ailerons au gyro + les crocos, nous avons installé après le gyro, un mixeur séparé, type « empennage papillon », qui gère la fonction aileron, transitant par une seule voie par le gyro, et l'autre fonction , qui n’est plus la profondeur dans le cas d’un empennage en V, mais dont le signal provient directement (sans gyro donc) de votre manche des gaz.

Le gyro optionnel

Mixeur électronique

Les trippes du Heron : ici 8 voies utilisées, mais 7 restent tout à fait possible, même avec le gyro. Dans ce cas, les volets auront un cordon en Y avec en plus un inverseur de signal sur un des deux servos.
La bonne idée c’est de commander le gyro en même temps que le planeur, quitte à faire des économies sur autre chose…

Un petit mixeur séparé a été ajouté au gyro 3 axes, car ce dernier ne gère pas la fonction croco. C’est une solution efficace mais un peu compliquée à mettre en place au niveau de la programmation.

C’est assez « sioux » à régler, d’autant qu’il faut reprendre tous les mixages des flaps et phases de vols, car les ailerons ne sont pas prévus pour être mixés avec la voie des gaz (qui sont les AF sur notre planeur). C’est un peu compliqué à expliquer, et il faut une bonne connaissance de sa radio pour que tout marche dans le bon sens. On y a passer un temps certain. Mais quand ça fonctionne, c’est super. Nous vous conseillons néanmoins la version « Multiplex » avec un seul aileron géré par le gyro.
Ce gyro doit donc être piloté par un inter 3 positions. En effet, il faut pouvoir le couper. Ensuite il y a deux autres positions : la position « ON » qui stabilise la trajectoire, puis la position « 3D » qui bloque le planeur dans la position laissée. Dans ce dernier cas, on ne pilote plus le modèle, on gère juste des inclinaisons. C’est peu utile sur un planeur voir dangereux.

Sans l'accu

Batterie en place
Notre moteur pesant seulement 75 g, nous avons dû mettre un LiPo un peu plus gros que les 2200 mAh du Solius. La consommation étant de toute façon modérée, on gagne en autonomie, d’autant que le moteur est peu sollicité (et la montée très franche).

Nous nous en servons uniquement pour perdre le modèle de vue, le temps de contourner à pied un arbre qui masque la vue, ou de se retourner pour ne pas trébucher sur des cailloux. Si c’est bien réglé, vous retrouverez le planeur plus ou moins au même endroit.
Si c’est pas bien réglé... vous ne retrouverez jamais votre planeur !
En effet le système ne supporte pas les modifications de trim et il faut le reparamétrer à chaque changement de trim. Et donc le gyro va vouloir retrouver la position d’avant les nouveaux trims. On vous dit pas le m…dier ! Ne supportant pas les trim, oubliez aussi la compensation à piquer des croco. Sans ça, c’est plein piqué vers la planète ! Sympa, non ? Le truc dans ce dernier cas, c’est de désactiver ce mixage « croco > prof » avec le même inter qui sert à activer la « 3D » du gyro. La compensation, c’est le gyro qui la fera.
On peut donc vous conseiller de ne pas activer la fonction 3D ! N’est-ce pas?
Par contre, la fonction gyro normal est vraiment super sur ce planeur, et là nous la conseillons vraiment, comme on le verra plus tard.

Gyro NX3 : la solution attendue

Trouvé chez Turbines-RC, ce gyro avec 2 entrées Ailerons + 2 sorties Ailerons permet la gestion des quadro flaps et autres phases de vol en toute transparence ! Eurêka !
Avec lui, plus besoin donc de mixer externe ou autres bidouilles...

 

(Mise à jour du 29 mars 2015)


Heron ou Soluis

Bel allongement
L’allongement du Heron est bien visible par rapport au Solius. L’un étant plus typé ludique (Solius) et l’autre plus axé perfo.

En vol !

Nous avons donc testé en même temps et dans les mêmes conditions le Heron et le Solius, sur une pente, par temps calme.
Nous avons une sale habitude, c’est de mettre le maximum de débattement, de régler tout finement mais sans s’occuper de la notice et de centrer un peu arrière. C’est donc comme cela que le Heron a pris l’air, et tout est allé parfaitement bien du premier coup. On va pas se laisser emm… par un cageot à poisson ! Le seul truc qui nous manque, c’est de ne pouvoir régler le différentiel en vol, à cause de notre mixer externe après le gyro. En effet, le planeur s’avère de suite centré avant, malgré tout, et donc cela a des effets induits que nous n’aimons pas trop. Enfin, gardons à l’esprit que ce planeur est destiné à un large public auquel on ne demande pas d’avoir des connaissances issues de la compétition. A nous d’être raisonnable aussi.

En ruine...
Le Heron : un beau planeur performant à volets, sans se ruiner !

Ce qui marque de suite par rapport au Solius, c’est son vol plus lent et plus majestueux, alors que le Solius vole d'avantage « moustique ». Le Heron est plus stable sur trajectoire, stabilisé par les winglets. On dirait un planeur de plus grande envergure. Il n’est pas mou pour autant, loin de là, il est d’une vivacité tout à fait normale, ça dépendra de vos débattements.

Nous attendions le Heron en spirale et au début nous avons été un peu déçu. En effet, le Heron est capable de voler plus lentement, même en lisse, à une allure plus « maquette ». Or, plus on vole lentement, plus le décrochage intervient rapidement. Fatalement. C’est ce qui s’est produit. D’ailleurs au sol, nous avons remarqué que nous avions mis du trim à cabré. Pas sur le Solius. Aussi, il convient plutôt de le laisser voler ce planeur, sans chercher à trop le ralentir. Ensuite, le décrochage en spirale intervient à peu près de la même façon que le Solius, c’est-à-dire quand même de façon assez marqué, par un début d’autorotation. Le planeur part brutalement sur une aile. Si on lâche tout, il se rétablit tout seul rapidement. Le Heron perd un peu plus d’altitude. Ce n’est donc pas un Easy glider, mais bien un planeur de transition, comme une suite après un Solius.

Heron Multiplex

Avec les volets en position thermique, le nez se lève, d’où l’intérêt de trimer ça par une phase de vol afin de rectifier ce couple cabreur. Le planeur monte plus vite. Comme toujours avec les volets, plus on met d’incidence à cabrer, plus le décrochage est violent. Dans l’absolu, c’est très sympa ces volets, mais franchement, il va déjà super bien en lisse.
Ce qui améliore franchement les choses, c’est le gyro. En spirale, il stabilise l’incidence, et donc il faut vraiment le faire exprès pour décrocher. En mise en virage, le travail qu’il fait à la dérive compense les effets du mauvais réglages de différentiel. On peut donc spiraler plus près du relief, sans trop se faire de soucis. Même en spiralant super serré, ça va sans problème (mais ça chute, normal).
Le gyro n’empêche absolument pas de sentir l’aérologie et le planeur détecte tout aussi bien les zones d’ascendances. (Par contre en « 3D », on ne voit plus rien.)

Pendant l’approche, il est aussi très stable grâce au gyro, en pente c’est vraiment bien.
En voltige, le Heron est tout à fait maniable, mais moins marrant que le Solius qui est plus virevoltant. La dérive manque d’efficacité et le renversement doit être bien anticipé, voir triché aux ailerons. Le vol dos demande à être assez poussé, surtout au début, puis il remonte. La cause au centrage.
Là où le Heron est royal, c’est pour poser court ! En VDP, sur des sites un peu limites, c’est un gros atout de pouvoir descendre sous très forte pente sans prendre de vitesse et de poser court. Là, la différence avec le Solius est énorme.

Une vidéo d’atterrissages et même d'un crash-test sur une piste très courte,
en haut d’une pente.

Une autre vidéo avec quelques passages, notamment sur le dos. (Ajoutée le 11 mars 2015)


En plaine... itude !

Temps super en ce début mars, après la tempête. Besoin d’un bon bol de zénitude. Alors on prend le vélo, le chien qui trépigne, le Heron dans la housse MPX du Cularis sur l’épaule, la radio dans le sac à dos et une boisson. Et c’est parti !
Waouh ! Quelle après-m' ! Et quel planeur !
On vient de recevoir de chez Lindinger des vis qui ne demandent pas de tournevis. Sur le terrain c’est super rapide. Et en rando encore mieux. Le sac MPX est parfait et se prend en bandoulière. Donc le planeur est vite monté après quelques kilomètres dans les champs. Le chien était fatigué ! (C’est un chien qui marque les pompes.)
Presque pas de vent, gyro « On », moteur ! Le planeur part sur des rails. Forcément. En 5 secondes, il est bien assez haut.
C’est dans ces conditions qu’il est super important non seulement d’avoir des phases de vol, mais en plus de bien les régler. Donc on commence par peaufiner les réglages , spécialement le trim de profondeur.
En position durée, les volets engendrent un petit couple cabreur qu’il convient de compenser de façon à ce que le planeur garde sa ligne de vol.
En position vitesse; là aussi on met un peu de trim piqueur afin de donner au planeur un vol beaucoup plus tendu.
Mais partageons en léger différé les sensations avec ce Heron qui nous a véritablement régalé.

2,40 m ou plus grand ?

Couleurs en bout d'ailes
L’alliance des volets et du gyro 3 axes donne l’impression de piloter un planeur bien plus grand, il en offre sans conteste l’agrément.   Le marquage fluo est très utile pour bien le voir dans les ascendances, car son pilotage demande un peu d’attention en spirale.

En transition : Pas de volets, pas de gyro utile. Le planeur se promène et marque les pompes comme les pets de lapin de façon surprenante. Il est léger, les ailes aussi. Tout ce qui passe, il le détecte. Le chien en pleurerait !
Avec ou sans gyro, c’est pareil. Gyro « On », il détecte aussi bien. En fait on le coupe juste pour économiser les servos, surtout que nous l’avons réglé de façon un peu sensible, mais c’est ce qu’il faut.
Le modèle frétille. On dirait que le gyro surcompense, mais quand on le coupe, ça continue. On connaît ça avec des F3K ; avec des mousses c’est moins courant. Bref, ça frétille et ça monte. Là on parle d’une alti de 30-40 m maxi. Le planeur lève le nez et par du côté opposé à la pompe, comme c’est normal. Là il y a deux méthodes. Avec ou sans gyro. La différence est vraiment marquée.

Sans gyro, le planeur chahute un peu, il n’est pas si facile que ça à maintenir dans sa ligne de vol, car le fuso est un poil court. Volets en positions « durée ». Le planeur se prend un petit coup de pied au cul. Comme dans cette position le mixage des volets est coupé, le planeur est un peu plus doux aux ailerons et il enroule très bien et efficacement. Par contre il faut le piloter sans arrêt, et plutôt finement, sinon le planeur décroche assez facilement. Il faut lui garder sa vitesse de vol, c’est là qu’il faut bien régler le trim de prof, en spirale avec peu d’inclinaison.

A propos d’inclinaison, on peut spiraler serré, avec pas mal d’angle. Ca passe très bien. Tout du moins bien réglé. Mieux, on peut spiraler sur un faible diamètre avec un angle raisonnable, car le planeur est léger et bien entendu c’est super efficace. Surtout avec le volets.

En ruine ?

VTR
Le Heron est un planeur moderne qui aime être réglé finement pour donner tout son potentiel   En VTR ou en plaine, le Héron exploite brillamment les moindres petits ressauts.

Avec le gyro, le planeur se comporte de façon royale. Non seulement on ne perd rien en sensation ni en capacité de détection de pompes, mais en plus la ligne de vol s’en trouve considérablement fluidifiée, à la façon d’un planeur bien plus grand. Le gyro sur la prof et même la direction démontre ici tout l’intérêt du système, en fait il n’y a plus qu’à s’occuper de gérer la spirale et non plus de passer son temps à s’occuper des effets parasites qui sont amplifiés par notre retard de réaction. Si le planeur met le nez en l’air et que l’on est déjà un peu limite, comme c’est le cas en spirale, le gyro a réagit immédiatement. Concrètement, on spirale super bien avec une inclinaison peu importante, avec juste un peu de prof et de dérive, quasi pas de contre aux ailerons.

Coupons le gyro pour voir… Houlà ! Ca part immédiatement en cacahuète, et décroche en 3 secondes ! Impressionnant. A tel point que quand on le coupe, on a l’impression de partir en rodéo. Ne croyez pas que le gyro remplace le pilotage, pas du tout. Au contraire même. Sans gyro, vous avez une mousse. Sympa, mais une mousse. Avec le gyro, vous avez une grande plume. C’est donc un pilotage différent, plus fluide, plus en finesse, que l’on apprécie d’autant plus que l’on est bon pilote.

Bref, tout l’après midi, ça a été pompe = volets+gyro. Un régal. D’autant que ça le fait aussi très bas, puisque l’on réussit plusieurs fois à accrocher à moins de 10 m d’altitude. C’est loin d’être aussi évident qu’en F3K, il faut être très vigilant, mais on y arrive. Pilotage fin de rigueur. Au final on a enroulé beaucoup, souvent très bas. Le fluo en bout d’aile, sous les winglets, aide énormément, ce qui permet de bien enrouler même un peu loin. Le planeur n’est pas si grand…

En position vitesse, nous avons donc trimé un poil piqueur cette phase de vol et le planeur devient très agréable avec des trajectoires bien tendues. Le taux de roulis est très bon. Le gyro n’apporte rien dans ce cas, au contraire. Comme il est réglé pour le vol lent, en vol rapide il est trop sensible et on le voit sur-compenser un peu. Le vol dos est pas mal, un peu ondulant, il y a un coup de main à prendre.

Pour la petite histoire, le téléphone a sonné ce jour-là, en cours de vol. On pose le planeur. On rappelle, ce sont les copains :
- « Tu viens avec nous, on va faire voler les Volcano, amène le tien ! »
- « Non, je suis dans la cambrousse en vélo avec un planeur… »
- « Ah bon, mais t’as pris quoi ? »
- « Ben... Le chien ! »
- « Non, quel planeur ? »
- « Euh… bon… c’est la dernière mousse de Multiplex et je m’éclate ! »
- « P… ! C’est pas vrai ! T’as les planeurs dont tout le monde rêve et toi tu voles avec une caisse à poisson ! »
- « 1,4kg, c’est pas pareil à vélo… »
- « Bon, ben à plus alors !
On a les oreilles qui en sifflent encore...

Content ! Facile à transporter, même à vélo
Le Heron est aussi la mousse des planeuristes expérimentés, pour voler de façon un peu cérébrale quand même.   La housse du Cularis bien qu’un peu grande est très prtaique et en plus elle est très confortable pour s’allonger dessus. (Sans rien dedans ! )

Ce sentiment d’être incompris, c’est grave docteur ? C’est vrai, le Heron n’est pas une grande plume ni un F3K à 800 roros. Mééé il donne quand même un peu les sensations de l’un et de l’autre. Même pour un planeuriste expérimenté, sous réserve qu'il soit tout seul dans la nature pour ne pas mourir de honte, cet "ersazt de planeur" est un jouet très sympa à emmener facilement. C’est bon, les copains, on peut revenir ? (Vous avez compris qu’on l’aime bien ce Heron, mais on peut pas trop le dire…)


(Mise à jour du 9 mars 2015)

Nouveau retour d’info pour les derniers « gyrosceptiques"

Nous venons donc de tester le gyro du Heron sur une butte mal orientée avec un rendement pas très bon, par petit temps. Encore une fois nos préjugés ont été balayés, c’est pour cela que nous y revenons un peu.
Ayant lancé avec le gyro sur « On » où c’est bien entendu un indéniable agrément, nous l’avons laissé enclenché. Nous en étions à juger de l’effet très positif des volets en position « durée », ce qui permettait de se maintenir à une quinzaine de mètre de haut, alors que la position lisse nous autorisait juste à tangenter un poil au-dessus de la ligne de crête.
C’est alors que depuis l’altitude autorisée par la position « durée », nous avons coupé le gyro. Là nous nous sommes rendus compte que la pseudo portance était très chaotique, car le Heron a subitement abandonné ses trajectoires au cordeau, pour une démarche plus titubante. Au bout de quelques aller/retour, la conclusion est sans appel, même avec les volets, on se maintient à peine. On a perdu toutes nos marges de sécurité. Bref, limite agonie. Gyro sur « On » à nouveau, c’est comme si le vent était devenu maritime: fluide. Et le planeur remonte. Autant vous dire que votre ego en prend un coup. Y’a rien à faire, on a beau s’appliquer, on ne peut pas réagir de la même façon en air perturbé.
A la limite, on veut bien admettre que l’on soit plus lent à réagir, mais que ce soit plus efficace et pas qu’un peu, alors là c’est franchement vexant.

Heron Vol à voile
Virage serré   QUadroflaps

Un dernier mot pour avouer que l’on s’est laissé encore surprendre par l’efficacité redoutable des crocos : prise d’altitude au moteur. Descente tout dehors sous très forte pente. Bien que prévenu, on s’attendait à être long. On a en fait été trop court sur cette plate-forme un peu délicate, au point de devoir remettre du moteur. Incroyable.
On ne sait pas si l’impression est fondée, mais il y a de quoi penser que la finesse est inférieure à 1 avec un poil d’air, tant il est possible de piquer de haut sans prendre de vitesse et de se retrouver à poser à l’endroit... du dernier virage ! Oups...
Quand on vous dit qu’il faut doser...
Y’a bien encore un truc qu’on vous dirait, on va se faire traiter de fayot ou de vendu (avec la crise, faut pas trop y croire), c’est que Heron + Gyro + l’ergonomie des radio Multiplex, ben franchement, c’est le pied. On râle beaucoup, mais quand c’est bien, il faut le dire aussi (mais on n’a pas dit que c’était parfait).


Un vidéo du Heron par vent fort, une journée où on serait mieux à bricoler à l'intérieur... mais le motoplaneur se défend très bien, et la motorisation choisie qui serait poussive d'après certains montre qu'elle est amplement suffisante.


En conclusion

Le domaine de prédilection du Heron, c’est le VTR (vol thermique sur relief). C’est un très bon gratteur et il est aussi très formateur dans le domaine. il est à emmener partout, et surtout pour tester des pentes mal pavées où on n’oserait pas poser un planeur conventionnel. Il n’a pas que cette qualité à son arc, il est aussi très ludique et on peut tout aussi bien s’amuser à « taper dedans » pour faire de l’acro.
Il a aussi, et surtout un super look en vol, que le Solius n’a pas. Le look et l’attero sur plateforme restreinte, ce sont quand même les deux arguments principaux. par rapport au Solius. Le Heron n’est pas plus facile à piloter, peut être un poil plus stable, mais il est plus exigeant avec ses volets. Pour voler comme un décérébré, le Solius est plus indiqué, et pour voler d’avantage réaliste, le Heron est là. L’idéal étant d’acheter un Heron et d’ajouter dans le carton une paire d’aile de Solius, selon ce qu’on désire faire. En résumant, pour de la plaine, c’est Heron, pour du VTR aussi. Pour voltige débridée et pente, c’est Solius.. Mais c’est juste une tendance, ils sont tous deux très polyvalent.

Le planeur est en plaine super démonstratif aux volets, les phases de vols apportent tellement au caractère du planeur qu’elles en sont quasi indispensables. Comme le gyro qui apporte un dimension incroyable à la machine et dont il nous semble presque impensable de se passer sur ce modèle. Il est passionnant de voler entre 10 et 60 m de hauteur car on voit bien le planeur et on peut en profiter pour le régler très finement, ce qu’il mérite. Il a toutes les qualités pour cela.
Il y a là un outil très pédagogique pour vraiment progresser, s’entraîner à piloter en finesse et profiter vraiment de toutes les possibilités qu’offrent les radio actuelles (en tout cas celles qui ont un programme planeur avec phases de vol). Ce Heron est capable d'être exigeant et très démonstratif du moment que l’on s’en donne les possibilités. Ce n’est donc pas un planeur de début, mais bien une machine de transition après un Solius, qui n’est pas non plus une machine de newbies. Chapeau à Multiplex qui a encore fait très fort.

Questions / réponses :

Dois-je acheter un Heron ?
Oui, si :

  1. Vous avez une bonne expérience du Solius,
  2. Vous avez une radio pour planeurs avec phases de vols,
  3. Vvous êtes capable d’exploiter pleinement cette radio,
  4. Vous voulez progresser.

Prenez plutôt un Solius si :
- Vous n’avez que l’expérience d’un planeur de début,
- Vous êtes hermétique à la programmation un peu complexe des radios,
- Si vous voulez surtout un modèle de vol de pente.

Le gyro est t’il vraiment indispensable sur le Heron ?
Si vous êtes dans les 4 cas qui correspondent à l’achat du Heron, n’hésitez pas une seconde.

Peux-t’on transformer un Solius en Heron ?
Quand les ailes et le stab du Heron seront dispo, oui. Mais il est peut être plus intéressant de vendre le Solius puis d’acheter un Heron.

Peux-t’on faire voler un Heron sans volets ?
Oui, comme on peut manger sans sel.

Quelle est la différence avec le Cularis ?
Le Cularis est d’avantage un Easy Glider à volets. Le Solius et le Heron sont de vrais planeurs modernes.


Remerciements à Eric Lequerme pour toute son aide à la réalisation de cet essai.

Contacter l'auteur : pierre@jivaro-models.org

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