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Ci-dessous, l'article
publié dans le numéro 163 du magazine RCM, en novembre 1994
Ma-Tchang
Le planeur "lancé-main"
est une discipline en plein essor, qui consiste à propulser énergiquement
le planeur pour tenter d'attraper la bulle au ras du sol. Chaque grande
marque en propose au moins un kit. Celui qui vous est présenté ici
en plan encarté est de taille réduite et est prévu complètement démontable.
Vous pouvez donc l'emmener
partout sans déranger votre entourage.
En vue de participer au Gentleman Flyer Contest (un concours qui se
déroulait dans les années 90, où les pilotes arrivaient déguisés,
tenant une mallette à la main. Celle-ci devait contenir le modèle
et son émetteur radio. Vu les dimensions et le poids des équipements
de l'époque, c'était une gageure d'arriver à obtenir un modèle vite
monté et capable de performances convenables), le modèle a été conçu
pour être monté le plus rapidement possible, tout en essayant de conserver
des qualités de vol correctes.
Aucune vis n'est à
serrer lors du montage pour gagner du temps, l'assemblage étant assuré
par quelques systèmes plus ou moins astucieux.
D'autre part, ce planeur
étant destiné à ma compagne Winnie qui pilote juste en deux axes,
devait être très stable. Elle le dit elle-même: "ça vole tout
seul". Voici donc avec son autorisation la recette du Ma-Tchang.
Ingrédient |
1 planche balsa
40/10 : Flancs
1 planche de balsa 30/10 : Coffrage dessus/dessous, nervures
marginales des panneaux.
1 planche de balsa 20/10 : Nervures centrales, empennages.
1 planche de balsa 15/10 : Nervures
1 planche de balsa 10/10 : Coffrage de l'aile
1 baguette de
balsa 3x5 : Bord d'attaque
1 baguette balsa 3x8 : Faux bord d'attaque
1 baguette profilée 5x25 : Bord de fuite
1 baguette de pin 3x5 : Longeron
1 tube carbone ø 6 de 38 cm : Poutre
Diverses chutes en contre-plaqué
et baguettes et un bloc balsa de 9 x 6 x 4 cm minimum.
Ajoutez une petite dose de temps
libre et un soupçon de courage.
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Quelques mots pour
vous mettre l'eau à la bouche : le Ma-Tchang (qui signifie "moineau"
en Chinois ; c'est aussi une sorte de dominos), peut être construit
très vite. Complètement démontable, on peut l'emmener partout car
il se glisse aisément sous un siège ou dans une poche du sac à dos,
et ses 260 g ne viendront pas à bout de votre carrure d'athlète...
Son pilotage, en deux
axes, est à la portée de tous, pour apprendre ou pour s'amuser sans
risque, et vous pourrez ressortir du placard votre radio 2 voies inutilisée.
Avec son aile dotée
de l'Eppler 193, vous pouvez voler lentement ou de façon plus vive,
en plaine comme en pente. Voilà, ne bavez plus devant la recette et
courez chercher votre cutter et votre planche à découper.
Assurez-vous tout
d'abord que votre ensemble radio entre dans le modèle en vous plaçant
sur le plan.
La carcasse a la particularité
d'être construite sans couple. On commence par découper les blocs
avant et arrière. Celui de l'arrière est percé au o 6 du tube carbone
(Vous pouvez aussi utiliser du o 5, mais il faudra prévoir un autre
système pour la tringlerie de profondeur).
Découpez deux flancs
dans du balsa 40/10. Collez entre les deux les blocs avant et arrière.
Ce dernier doit être collé parfaitement dans l'axe pour ne pas modifier
le calage du stab.
Travaillez avec une
colle pas trop rapide en vous basant sur le plan. Coffrez ensuite
le dessous en balsa 30/10, fibres perpendiculaires. Retournez et placez
la baguette balsa 8 x 8 au niveau du bord d'attaque de l'aile. Coffrez
alors le dessus en 30/10.
Lorsque tout est sec,
poncez votre sabot pour arrondir les angles au maximum. Attention
à ne pas trop enlever de matière tout de même car il n'y a pas de
baguettes d'angle afin de permettre une logeabilité extrême.
Si toutefois vous aviez
trop poncé, pas de panique. Vous pouvez vous en sortir en mettant
un peu de cyano dans le trou et en ponçant aussitôt avec un vieux
papier de verre. La sciure de balsa va entrer dans la fente et durcir
avec la cyano. Ce mastic improvisé est très résistant, mais n'insistez
pas trop car vous risquez de faire apparaître un trou plus loin. Ne
faites pas l'essai volontairement, mais pensez-y au moment voulu.
C'est génialement efficace. Une fois finement poncé, passez deux couches
d'enduit nitro sur le fuselage si vous souhaitez le maroufler et mettez-le
de côté en attendant la finition
La queue est constituée
d'une poutre en carbone qui s'enfile en force dans l'arrière du fuselage.
Les empennages sont
découpés dans du balsa 20/10 moyen, en prenant les fibres sur la plus
grande longueur. Profilez les chants et biseautez les gouvernes. Deux
baguettes triangulaires emprisonnent la poutre et la dérive, le stab
venant se glisser dessous. Une petite corde à piano pliée faisant
ressort le bloque après l'avoir glissé sous deux têtes de vis.
Les plumes sont construites
en trois parties. L'envergure de 1,10 m est due aux baguettes de 1
mètre auxquelles on ajoute 5 cm de saumon de chaque côté. Le longeron
unique est en pin et suffit pour résister aux lancés les plus énergiques.
Commencez par découper vos nervures. Elles figurent toutes sur le
plan mais vous pouvez utiliser la méthode du bloc.
Les nervures centrales sont plus minces pour faire place au coffrage.
Encochez le bord de
fuite sur 2 mm pour glisser les queues de nervures. Pour la partie
centrale, fendez le longeron en pin, le bord de fuite et le faux bord
d'attaque sans les séparer complètement. Le dièdre étant faible à
cet endroit, on parvient facilement à les plier sans les casser. Placez
le coffrage d'intrados puis posez les nervures. Glissez ensuite le
longeron. Placez une cale 8 mm sous les nervures externes pour obtenir
le diedre, ainsiqu'une autre de 3 mm sous les queues de nervures pour
construire l'aile à plat. Calez les nervures externes au bon angle,
en utilisant la cale du plan. Pointez le tout à la cyano et ajoutez
le faux bord d'attaque en balsa 3 x 8. Poncez ce dernier après séchage
au contour du profil. Coffrez le dessus en 10/10.
Procédez de même pour
les panneaux droit et gauche sans oublier de placer la cale de 3 mm
sous les queues de nervures. Le profil étant dégressif, on obtient
un faible vrillage négatif, bénéfique à basse vitesse. Arasez le coffrage
et collez le bord d'attaque. Découpez les saumons et profilez le tout.
Les clés d'aile sont en hêtre o 4 et tube alu o 5. Percez les nervures
avec soin et collez les clés en vous assurant que le diedre soit symétrique.
Collez le téton de centrage sur les panneaux extérieurs et placez
le petit renfort triangulaire. Placez le téton central et percez la
baguette du fuselage en mettant l'aile en place. Un petit bloc profilé
est collé au bord de fuite de l'aile. Fendez-le et collez verticalement
un petit morceau de contre-plaqué, et entaillez le fuselage pour son
passage. Percez ensuite le fuselage de part en part avec un foret
de 2 mm en traversant le contre-plaqué. Une goupille en tube nylon
o 2 vient maintenir l'aile.
Les entrailles du moineau contiennent l'équipement radio. Un micro
servo pour la direction fonctionne en aller-retour avec du fil à coudre.
Deux chapes Nylon côté gouverne permettent le démontage. Un autre
servo actionne la profondeur par l'intermédiaire d'une baguette en
hêtre de 3 mm passant dans le tube carbone. Sur l'avant, une corde
à piano se désolidarise de la baguette en faisant coulisser un petit
tube plastique. A l'arrière, la corde à piano entre directement dans
le trou du guignol. L'accu de 170 mAh, suivi du récepteur, prend place
dans le nez du modèle. Ils sont bien enveloppés dans de la mousse.
Vous ne calerez définitivement l'équipement qu'après l'entoilage pour
obtenir un centrage sans plomb.
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Le plumage sera réalisé
suivant vos habitudes. J'ai choisi de recouvrir le fuselage de soie.
Ma méthode est la suivante et permet de faire l'entoilage en une seule
fois. Je déchire un morceau de soie plus grand que la surface totale
à entoiler. Je le chiffonne et le passe sous le robinet. Je le place
sous le fuselage préalablement enduit. Je commence à enduire le dessous
en tendant bien la soie. Lorsque la soie est collée, je continue sur
un côté, puis le dessus... Il faut que la soie soit bien mouillée
pour qu'elle se déforme parfaitement. Le coupon de soie se termine
sous le fuselage, ce qui veut dire que deux couches se superposent
pour plus de solidité. Pour supprimer ce qui reste de soie, prenez
un morceau de papier de verre et poncez le long de l'arrête du fuselage.
Le raccord sera plus discret qu'une coupe nette. Passez ensuite deux
à trois couches d'enduit nitro et laissez bien sécher. Petit coup
de ponçage fin suivi d'un voile d'apprêt en bombe. Après un bon séchage,
faites un ponçage à l'eau avec de la toile émeri n°600. Quand la surface
est parfaite, vous pouvez donner la couche de finition. Vous pouvez
remplacer la soie par du Modelspan, mais c'est quand même moins résistant.
Les empennages et l'aile
sont entoilés au film thermorétractable. Les cristaux ont été réalisés
comme ceux du Swinger (Looping n°27).
En ordre de vol, le
Ma-Tchang pèse 260 g.
Le centrage se trouve à 46 mm maxi du bord d'attaque.
Ces réglages donnent un pilotage sensible et efficace.
Sur le terrain, le
modèle est rapidement assemblé. Les premiers vols ont été faits sur
une pente parisienne. Le modèle est très maniable et se contente de
peu de vent pour voler. Le Ma-Tchang est rapidement très haut, donc
je me permets de le secouer en descendant.
Les boucles sont sans problème, les tonneaux très lents et désaxés.
Le vol dos ne tient pas, ce qui est assez normal vu le profil choisi.
La restitution est minime car l'oiseau est très léger. Par contre,
c'est un plaisir de voler au ras de la pente pour slalomer entre les
arbustes. Il ne faut pourtant pas trop prendre de risque car le modèle
doit rester entier pour le concours du dimanche suivant.
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En plaine, la montée
au sandow se fait très facilement. Celui que j'utilise est en caoutchouc
4x4 d'une longueur de 30 mètres prolongé de 100 mètres de fil. Il
permet des montées correctes qui suffisent pour accrocher la pompe
de passage ou pour voltiger un peu. Le vol est très stable par vent
faible et si le modèle est correctement réglé, on peut presque poser
la radio par terre jusqu'à l'atterrissage.
Si vous avez un copain
sportif, le treuillage à la course est possible et permet de monter
aussi haut que le fil est long. Le câble reste tendu, le modèle suspendu
à la verticale du coureur qui s'arrête pour libérer l'anneau.
En lancé main, on arrive
facilement à faire deux ou trois tours autour de soi pour revenir
se poser dans la main. On peut aussi faire une boucle juste après
le lancé en dosant correctement la profondeur, puis virage et on rattrape.
Je n'ai pas encore réussi à prendre une pompe sur un lancé, ce qui
est en principe la vocation du modèle, mais je ne perds pas espoir
Après quelques soirées d'entraînement, Winnie s'est présentée au GFC
déguisée en cuisinière, le modèle et sa radio rangés dans une mallette
à couteaux toute en longueur (mais aux dimensions respectant le règlement
du concours). Seule femme (mais je suis sûr que d'autres participeront
en 1995), elle a terminé première devant douze hommes ! Heureusement
que je n'étais pas inscrit dans la même catégorie...
Dominique Allart, autre
Jivaro du Nord, n'a pas eu la patience d'attendre le plan officiel
pour construire son Ma-Tchang et pour le faire voler sur les pentes
de sa région. La jolie peinture façon requin agressif contraste beaucoup
avec l'allure du modèle, mais elle est destinée à impressionner l'adversaire
en concours !
Je recherche le moyen
de recharger les accus directement sur la voiture pour pouvoir laisser
le Ma-Tchang dedans en permanence et l'avoir à portée de main.
Il faudra pourtant que l'on se calme, car le remorquage derrière le
planeur électrique Don Shimoda (dont nous reparlerons) pourrait le
faire vieillir rapidement. Mais cela est une autre histoire...
Ne me dites pas qu'il
vous manque quelques heures à consacrer à la construction, le plaisir
que l'oiseau vous procurera en vol vous les fera si vite oublier.
Les débattements sont
les suivants :
- profondeur : 8 mm de chaque côté
- direction : 25 mm
de chaque côté
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