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26 mars 2018
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Présentation : Pierre Alban

Le voilà, le petit dernier de Multiplex. Ah, ils s'y entendent pour sortir des trucs, indispensables, bien entendu. Encore un nouveau planeur ! Pour quoi faire ? Et une mousse en plus ?!
De quoi faire claquer ma carte bleue ? Une mousse au prix d'un "vrai" planeur, j'ai préféré attendre la version "kit", c'est-à-dire toute nue à monter.
D'autant plus que j'ai aussi mes petites manies, validées sur le Heron. J'avais donc bien l'intention de récidiver en installant mon propre équipement.
Entre temps j'ai pu piloter quelques Funray que l'on m'a demandé de dégrossir mais avec les réglages Mpx comme base, soit juste de quoi deviner le potentiel de la machine.
J'ai dû attendre mon propre Funray pour valider mes impressions, l'équiper, le régler et en dévoiler son potentiel réel.
De fait, débarrassé de son déguisement étriqué et liberté rendue, j'ai pu constater que, plus complet qu'il n'y paraissait, ce pouvait être un bon coéquipier de rando. Non pas pour remplacer le Heron, ce qui n'est pas sa destination, mais plutôt comme successeur à mon Blizzard, pour mieux s'adonner à la voltige en planeur, le faire partout et par tous les temps.

     
Quel usage ferez vous du Funray ? Machine de meeting hyper motorisée ? Initiation à la voltige ? Planeur fun tout terrain ? En tout cas, pas un planeur de début.

Commençons par les aprioris

- "Le Funray est une mousse". Avantages : Prix (pas loin de celui d'un Ahi, c'est autre chose quand même), montage rapide. Solidité pour voler partout. Inconvénient de la mousse : ça se marque vite. Mon Heron est pourri après 4 ans de vols intensifs et 2 crashes, c'est vrai. Mais il est toujours là et ne vole pas plus mal qu'au début. Les bords d'attaque du Funray sont protégés comme le dessous du fuselage, c'est un grand avantage, il faut maintenant faire attention au transport. Ca se marque, c'est vrai (le Venilia limite les dégâts). Il ne vieillira pas comme un planeur en fibre (qui lui, soit vieillit bien, soit pas du tout).

- "Ce n'est pas un pur planeur de voltige". En 2 m, j'ai pour ma part un Cortals 2 de feu BLH et j'ai eu un Voltij, qui volent bien entendu beaucoup mieux. J'imagine qu'un Troll leur est encore supérieur. Ok, mais outre que ces machines sont introuvables, elles sont exclusivement dédiés à la voltige en VDP. Si ça ne porte pas, s'il y a des vilains cailloux ou si - comme par hasard - ça ne porte plus après une vrille dos, ça ne volera pas / plus. Et tout le monde n'habite pas en montagne ou près d'une belle pente.
Moralité, comme pour beaucoup, les super machines volent plutôt rarement. Chères, longues à construire et/ou à réparer, non motorisées, ça ne correspond plus à notre mode de vie, car maintenant on veut en profiter sans contrainte et à pas cher ! C'est ça l'évolution du modélisme. On aime ou pas, c'est comme ça. Mais au moins il y a des machines qui correspondent à cette tendance et franchement ça permet de voler souvent, partout, quand on veut et ça vole plutôt bien. Pas aussi bien qu'un planeur fibre, concession à faire, certes, au plaisir facilement renouvelable.
Et un bon planeur tout construit à 170 €, même si il est fatigué au bout de 2 ans…

- "Je ne vais pas mettre 400 € dans une mousse". J'aurais envie de dire que ce n'est pas mieux de les mettre dans une chinoiserie avec une résine "locale" et une construction moyenne. Mais bon. C'est vrai que c'est quand même un budget, surtout que les servos ne sont pas très haut de gamme, c'est surtout mon reproche. Mais je dois reconnaître qu'ils font leur boulot. Quant au prix, ok c'est une mousse, mais les pièces détachées sont dispos et bien plus accessibles financièrement. Au pire, avec 170 €, en transplantant les éléments du premier, on repart avec un planeur neuf. Si on touche avec un planeur "traditionnel", la facture va être nettement plus salée. Donc à 170 ou 400 €, chacun voit midi à sa porte, mais ce n'est jamais un mauvais investissement (sauf si vous vous êtes trompé de destination pour ce planeur, on y reviendra).

Le Funray a pu être comparé avec d'autres mousses afin de valider ses prestations en conditions identiques.

Vraiment une mousse ?

Il y a en effet de moins de moins de mousse dans les kits Mpx, c'est flagrant sur ce Funray, où l'on ne peut que rester admiratif devant toutes ces améliorations. L'état de surface est parfait, les bords d'attaque en plastique protègent efficacement et améliorent l'écoulement de l'air, les longerons intégrés sont "bétons", les connexions automatiques plutôt bien pensées, le stab est démontable, même la protection transparente du dessous du fuselage est bien vue. Bref, c'est plein de détails sacrément bien chiadés.

Funray Multiplex

Le Cularis et l'Easy Glider 1 sont loin. Sans parler du Blizzard qui est quand même le 1er planeur en mousse à profil fin, une petite révolution qui pouvait préfigurer ce que serait le Funray : une machine performante en mousse. Toutes ces améliorations ont vraiment de quoi convaincre un sceptique de ce genre de construction, particulièrement les planeuristes confirmés qui souhaitent une machine tout terrain pour s'amuser.

Un Mini-Stingray ?

Vous voyez le Fox et le Swift, ces planeurs de voltige ? Le Stingray, jamais construit au final, a été étudié pour remplacer ces deux machines de voltige. L'étude polonaise n'a pas vu le jour mais elle est bien reproduite dans notre monde où les Stingray sont connus pour une voltige en force, basée sur l'inertie. Imaginez un planeur de 3 m blindé de carbone, pesant 7 kg. C'est ça le Stingray. Ca ne fait pas dans la dentelle, mais ça restitue d'enfer.

Swift Fox
Le Swift et le Fox, deux planeurs de dernière génération pour la voltige grandeur.
 

 

Plan 3 vues

Planeur de voltige donc, Mpx en propose une version plus soft mais parfaitement dessinée pour l'initiation à la voltige.

Plus chargé qu'un Heron, moins qu'un Blizzard, le Funray reprend les codes de ce qui fait un bon planeur de voltige. Faible allongement, dièdre réduit, grosse surface latérale, c'est l'ADN d'un planeur de voltige.

Mpx a essayé - avec succès- de le rendre accessible au grand public avec une charge alaire adaptée et un volume de stab confortable. De fait le planeur est très sain. Plus encore que le Heron qui n'est pas plus tolérant quand on serre la spirale. Un savant dosage entre voltige et polyvalence. Polyvalence ne voulant pas forcément dire pilotage pour débutant. Comprendre plutôt : voltige tout temps et j'ajouterais, tout terrain. Et c'est bien entendu ce qui m'a fait tomber de ma chaise en voyant la première image du Funray : un mini Stingray en mousse ! Waouh !

Pas tant pour voler en plaine où j'ai quantité de modèles infiniment plus performants, mais pour voltiger partout sans se stresser avec un joujou hors de prix. Par exemple dans la garrigue, où les pentes du Sud sont nombreuses, mais rarement posables sans danger pour un planeur classique. Donc planeur tout terrain pour pilote confirmé, ou bien planeur d'initiation à la voltige pour pilote désirant progresser. On verra qu'une fois réglé, le Funray correspond parfaitement à ces attentes.

La ressemblance Funray / Stingray est frappante et plutôt bien vue. L’ADN voltige est conservé. Plus modeste, le kit Mpx permet quant à lui de s’initier à la voltige
 

Why "wild" ? Petites précisions

Ce n'est pas que d'habitude je sois un exemple de pondération, mais avant d'aller plus loin je voudrais expliquer pourquoi je suis ici assez péremptoire.
En fait, le pourquoi et le comment optimiser le Funray.
Le comment, on va le voir, mais le pourquoi ? Plus exactement pour qui ? Il est bien évident que beaucoup de Funray volent et voleront toujours "stock", c'est-à-dire avec les réglages d'origine. Chacun fait ce qu'il veut, on est bien d'accord. Et Multiplex pour amortir l'outil industriel doit en vendre beaucoup, c'est bien normal. D'où une conception et des réglages grand public. Du moment que la conception permet d'aller au-delà, ça me va. Ca va même très bien avec le Funray ! C'est justement le but de cette page, c'est de démontrer le potentiel et la réelle personnalité du planeur. Si c'est pour faire la redite des essais habituels, d'une version qui conviendra à certains mais pas à mes attentes, autant quitter mon clavier pour aller dans mon atelier, n'est-ce pas ? (Où il y a un magnifique 4,50 m qui m'attend.)

Heron et Funray

Si je vous embarque avec moi dans ces lignes, c'est pour partager ce qui me passionne vraiment : le vol plané. Le vol cérébral sans moteur, dont on tire le potentiel maximum pour permettre la voltige. Mon but n'est pas d'enfoncer des portes ouvertes ou de me lamenter devant des modèles "veaux lents", mais d'encourager à bien utiliser des outils qui peuvent devenir performants, et ainsi soi-même progresser. C'est tellement génial d'avoir un planeur qui fait exactement ce qu'on veut, qui va là où on veut, parce que la lecture de l'aérologie locale qu'il nous a donné nous dit d'y aller, de tracer des lignes dans le ciel tel un architecte. Ce qu'il faut comprendre, c'est que tout cela est simple. C'est beaucoup plus facile de faire voler un planeur bien réglé que de se battre contre lui.
Le meilleur ou le pire ; essayer ou ne rien faire ; le Funray "wild" versus "chalutier"…

"Wild" : Une installation radio particulière

Sachant donc dès le départ que j'allais devoir reculer le centrage de beaucoup, mais ignorant de combien, j'ai voulu me donner le maximum de latitude possible, en me gardant la possibilité de reculer la batterie au maximum. J'ai même modifié un peu l'arrière du logement batterie pour la reculer encore de quelques centimètres (l'emploi d'un moteur léger n'a, au final, pas justifié cette modification). C'est ainsi que j'ai enfermé le récepteur et le gyro dans les compartiments de la poutre de queue, juste derrière le bord de fuite. Rendant ainsi tout accès ultérieur impossible. J'ai juste pratiqué un petit trou pour pouvoir "binder" le Rx en cas de besoin. Quant au gyro, aucun réglage n'est à faire physiquement sur celui que j'ai choisi, il y a juste le fil USB qui reste accessible depuis l'extérieur pour brancher le programmateur. Ca peut paraitre un peu extrême de faire cela, mais au final l'ensemble n'aurait pas été beaucoup plus accessible derrière la batterie. Avec les manipulations, des fils auraient pu bouger, alors que là tout est bien solidarisé et prévu pour, dans le temps, ne plus avoir à y accéder. Avec le recul, ça serait à recommencer, je referais exactement la même chose.

Centre de gravité 10 mm derrière le centrage du fabricant
Le centre de gravité a été reculé dès le début de 1 cm et l'auteur recule maintenant encore un peu plus son accu. Il ne faut pas chercher à centrer plus avant sous peine de perdre tout ce qui fait l'intérêt du Funray, on y a tout à perdre et rien à gagner.
Centre de gravité
De part un centrage notice beaucoup trop conservateur, il a fallut reculer le centre de gravité de façon drastique : plus d'un cm vers l'arrière ! (Et c'est encore un peu trop avant !)

Si un jour l'envie me prends de mettre un moteur beaucoup plus gros, ce que le planeur supportera très aisément, je pourrais alors reculer la batterie pour compenser.
Le gyro est bien entendu de la partie, comme la plupart de mes planeurs de pente, si vous m'avez lu à ce sujet. Puisqu'il suffit d'un inter pour l'activer ou non et que ça ne pèse rien, ou presque.
Le compartiment avant est ainsi entièrement disponible pour la batterie et le contrôleur, ce qui est bien agréable.

Retouche à la lime Servos dans le pied de dérive
Les deux Hyperion 11 mm demandent juste un petit coup de lime pour rentrer dans le logement de dérive et sont juste maintenus avec du scotch (l'ensemble étant ensuite inséré dans les logement du fuselage.)

Concernant les servos, j'ai d'une part constaté une petite mollesse de la dérive sur les planeurs des copains. D'autre part, comme je l'avais fait sur le Heron, afin d'augmenter les débattements sans perdre en puissance ou en précision, j'ai installé des servos programmables. Cela, de façon à pouvoir utiliser toute la course. Soit six Hyperion 11 mm, qui en plus, trouvent place pile poil dans les logements prévus par Mpx. On dispose donc de beaucoup d'ailerons, de beaucoup de volets, soit des crocos très efficaces pour poser court entre deux cailloux. Quant à la dérive, j'ai essayé de lui donner tout ce que sa mécanique d'articulation permettait, en trichant même un peu à coup de léger ponçage par endroit.
A l'usage, je me permets de vous recommander chaudement ces servos, car cela donne, enfin, son jus au planeur. Bien entendu il faut le programmateur, ou l'adaptateur PC pour augmenter leurs débattements.

Servo en place Programateur de servos
Les servos Hyperion 11 permettent d'obtenir un fort couple et de grands débattements par programmation // programmateur Hyperion. Avec le programmateur ou via un PC, ces servos autorisent de modifier les débattements (entres autres).
Débattements dérive Volet de dérive
A la construction, tout à été fait pour optimiser au mieux le débattement de la dérive

Les phases de vol du "Wild"

Dommage d'avoir un planeur à volets et de se passer de l'effet "boîte de vitesse" d'une courbure variable en vol. D'autant que l'on peut (doit) ajouter aux phases de vols, des réglages de trims, des débattements, niveau d'expo et différentiel spécifiques qui modifient complètement le caractère du planeur pour le rendre facile dans les pompes ou joueur pour une voltige au cordeau.
Cela passe d'abord par un inter 3 positions manœuvrable très facilement, si possible sur le côté de l'émetteur, pour une question évidente d'ergonomie. Il ne s'agit pas de lâcher le manche à chaque fois que l'on a besoin de changer de phase de vol. C'est ça qui est agréable aussi. Au besoin il est facile de modifier la position d'un inter 3P pour qu'il soit réellement accessible en vol et manipulable à l'envie, si possible côté tranche de la radio, où se placent les doigts.

- La phase "Acro" voit les pleins débattements activés et aucun différentiel (il y en a déjà un peu mécaniquement). Les volets et ailerons sont relevés d'un ou deux mm, pas plus. Les volets viennent soutenir un peu les ailerons (mixage ailerons >volets), mais uniquement vers le haut, pas vers le bas, ça ne sert à rien, que freiner inutilement. Ce dernier mixage est automatiquement coupé sur les autres phases de vol.

- En position "normal", les débattements restent importants mais la profondeur est plus sage avec moins d'expo bien entendu. Il y a 20% de différentiel aux ailerons. La dérive est également un peu réduite. On est pas très loin des débattements de la notice mais pas avec le même différentiel (le centrage n'étant pas le même, ça joue beaucoup sur lacet inverse).

- En "thermique", ça devient un peu plus subtile. Les volets se baissent de 4 mm. Les ailerons se lèvent (vous avez bien lu) autant qu'en position acro (genre 2%) et le différentiel est augmenté à 40%. Le but est d'augmenter artificiellement le vrillage de l'aile intérieure à la spirale afin de retarder le décrochage. Et ça marche très bien. Surtout si on prend soin de ne pas toucher aux ailerons quand on sent qu'on risque de décrocher en spirale (par ex en vent arrière). Il est bien évident que ça ne marchera pas si on donne sans arrêt des grands coups de manches, on parle ici de pilotage fin avec de l'anticipation, un peu comme en hélico. Toujours en mode "thermique" le débattement de la dérive est encore un peu réduit et son expo presque supprimé, car on n'a pas les mêmes besoins qu'en voltige. Le Funray "wild" se mettant très facilement en crabe sur la seule dérive, comme par exemple sur un retour de vent arrière, vers la pente, à inclinaison modérée. Il ne faut pas abuser du vol dissymétrique (augmentation de trainée), c'est pour cela que je limite le débattement sur l'axe de lacet hors position "acro".

Full crocos Croccos tout sortis
Les débattements maxi en position croco et en position acro, on voit qu’il y a de quoi faire pour une voltige hard et poser très court.
Débattements Servo de direction
A l’index droit, l’inter 3P des phases de vol : en permanence sous le doigt, sa position ergonomique permet de jouer de la" boîte de vitesse" en continu, ce qui apporte un énorme agrément de vol.

Si vous souhaitez ne pas trop charger la programmation de la radio en simplifiant un peu, vous pouvez faire l'impasse sur le mixage ailerons donne volets (pour augmenter le taux de roulis) ainsi que celui donnant profondeur donne volet, qui ne sont pas très utiles au final. Par contre les phases de vol comme décrites apportent un véritable plus au planeur. S'en passer, c'est renoncer à beaucoup de choses. Mais c'est valable pour tous planeurs à volets un peu performant. Alors autant s'y mettre avec le Funray, car puisqu'il rentre dans une logique de progression, ce genre de réglages vous serviront ensuite tout votre parcours, voir deviendront indispensable, une fois que vous aurez essayé !

Débattements

Ils s'entendent bien entendu avec le centrage reculé de 1 cm minimum par rapport aux tétons de centrage, cela n'aurait aucun sens de prendre ces débattements pour un autre centrage (les valeurs en négatif = vers le haut) :

Phase de vol "normal" :
Ailerons: -35 / +22 mm expo -13%
Profondeur : +/- 20 mm expo -26%
Direction : +/- 28 mm expo -30%


Phase de vol "acro" :
Ailerons : -37 / +29 mm expo 0% (je croyais en avoir mis mais en fait ça me va ainsi)
Profondeur : - 24 / + 27 mm expo -60%
Direction : +/- 40 mm expo -70%
Volets : 2 mm vers le haut
Ailerons : 1,5 mm vers le haut


Phase de vol "Thermique" :
Ailerons : -32 / +11 mm expo -10 %
Profondeur : +/- 17 mm expo -22%
Direction : +/- 19 mm expo -17%
Volets : 3 mm vers le bas
Ailerons : 1,5 mm vers le haut (lire texte!)


Crocos:
Volets : +44 mm
Ailerons : - 33 mm
Compensation prof : + 5 mm
Différentiel = auto off


Mixage snap flap : augmentent trop la trainée et supprimé au bénéfice des phases de vol
Mixage ailerons donne volets : supprimé, vu les débattements, les ailerons suffisent.


Montage du "Wild"

La version kit arrive avec les ailes quasi terminée mais le fuselage à assembler. Nouveauté, Mpx recommande maintenant de ne pas utiliser d'accélérateur car cela fragiliserait les collages. En plus de jaunir avec le temps, c'est certain. J'ai donc respecté la consigne et attendu parfois une nuit que les pièces soient bien sèches avant de continuer. On pourrait aussi utiliser de la colle UHU Por si on a peur de mal travailler à la cyano. Pour ma part, j'ai tout fait à la cyano.
Tout se passe très facilement en suivant la notice, on ne va pas faire de la redite. J'ai commencé par les ailes afin de faire l'électricité et bien vérifier que tout fonctionnait bien avant de fermer le fuselage définitivement sur le récepteur et le gyro !
Côté fuselage, pour les servos de profondeur et de dérive, mes Hyperion demandent juste un petit coup de lime dans le logement en plastique prévu, pour qu'ils s'y emboitent sans jeu. Je ne les ai pas collés, ils sont maintenus en place par un scotch d'électricien les liants entre eux. Tout est donc bien mis en place et vérifié avant de fermer le fuselage.
Une modification à signaler sur la commande de profondeur. Dans le kit, Mpx prévoit pour démonter le stab de dérégler chaque fois la profondeur, à moins de faire travailler le double guignol plastique en lui ôtant chaque fois sa "noix" en alu. J'ai préféré mettre une chape sur le servo de profondeur pour la retirer facilement et surtout retrouver le bon réglage de profondeur à chaque fois. Sans cela, je vois les copains arriver avec le carton découpé à la forme du stab, pour ne pas le démonter ! C'est dommage.

Verrière transparente Verrière mousse
La verrière "maquette" (sic) en option est deux fois plus lourde que celle en mousse livrée de série. Cette dernière est bien pour les sites de vol mal pavés car elle peut sauter lors d'un atterrissage un peu rude. Elle peut retomber sur un caillou, et se casser si c'est la belle (vécu sur le Heron). Sinon quand on est habitué à la "belle" bulle, remettre la moche fait tout drôle. Selon votre usage et le soin que vous apporterez à la déco, à vous de voir si vous mettez 35 € de plus pour la verrière transparente.

Autre détail, la verrière maquette qui est en option. Elle demande un coup de bombe de couleur sombre, puis la pose des autocollants (siège et tableau de bord), j'ai mis un manche à balai avec un bout de tube carbone et un morceau de gaine termo en haut, collé à la cyano. Puis protéger le fuselage avec un fil alimentaire, placer le baquet de verrière et coller la verrière à la "ni clou ni vis". Attendre 24H.

C'est une option un peu chère (35€), mais c'est vraiment plus sympa.

Attention, elle est plus fragile, forcément, alors si vous avez pris la version "cascadeur option kamikaze", la verrière d'origine sera suffisante ! Celle en mousse peut aussi servir à fixer une caméra, en gardant l'autre le reste du temps.

Carton épluché.
  Le Funray une fois monté explose son carton, c'est dommage qu'il manque 5 cm…

Motorisation wild pour la plaine ou soft pour la pente ? Ou le contraire ?

Il vous faut surtout déterminer quelle utilisation VOUS voulez faire du Funray. Ca ne sert à rien d'aller écouter tous les avis de la Terre, souvent bien peu pertinents, car c'est votre planeur, votre choix, votre façon de piloter, vos sites de vol. Je ne vous parle pas de choisir entre une motorisation anémique et un truc de fou, puisque de toute façon ça montera quasi à la verticale dans le pire des cas. Donc inutile de se faire des nœuds au cerveau à se demander si tel ou tel moteur va bien aller, c'est plus comme y'a 20 ans !
Oublions donc les mauvaises réponses aux mauvaises questions, car on ne parle pas d'avion, mais de planeur. Or ce Funray, la vraie question, c'est de décider de comment vous allez le charger, en terme de charge alaire. Voulez-vous un missile, comme sur les vidéos allemandes avec un vol très motorisé ? Pourquoi pas, c'est fun. Voulez vous un vol moins missile mais très typé motoplaneur, c'est-à-dire beaucoup de moteur (dans ce cas je ne sais pas si le Funray est le meilleur choix).
Ou bien souhaitez-vous voltiger partout même par temps léger, au moins en avoir la possibilité ?

Commençons avec la version légère. La motorisation que j'ai utilisée sur le Heron à l'avantage d'être légère, loin d'être anémique, largement suffisante en pente (même en plaine d'ailleurs). Avec des 2200 mAh 3S, cela peut être une bonne option pour s'entraîner à la voltige en restant léger. Cela aussi a ses vertus. En pente, le faible poids permet de se poser facilement et de voltiger par petit temps. Si c'est pour progresser en voltige, c'est peut être plus malin de rester léger, de chiader le centrage, de chasser la trainée en fermant les fentes pour voler en mode… planeur ! D'autant que l'on peut adapter la charge alaire à posteriori en troquant, selon la météo, des petites batteries en 2,2 Ah 3S pour le petit temps par des plus grosses, quand ça souffle fort. C'est plus facile de ballaster un planeur léger qu'alléger un planeur construit lourd. Ainsi la question du moteur devient en fait la question de l'inertie, cela vous pouvez l'adapter en fonction du type d'accu embarqué, selon la météo. Honnêtement, ce n'est pas le choix que je pensais faire au début, mais au final je trouve ça vraiment très bien et le mieux adapté à mon utilisation.

Funray Wild

Sinon, rien n'empêche de faire la même chose avec la motorisation d'origine, ou équivalente, qui est déjà trop puissante pour l'usage décrit juste avant. Cela n'empêche donc pas de faire varier la charge alaire, par le choix des accus. A la limite on doit même pouvoir y mettre 2 accus 2,2 Ah 3S en parallèle pour faire du poids et doubler l'autonomie. Ca permet de jouer avec la météo, soit avec un seul pack d'accu pour être léger soit avec les deux en même temps pour avoir plus de défense dans le vent où gagner en restitution.
Pour les furieux, un gros moteur bien lourd avec des bons gros accus en 4S le transformeront en bombinette, surtout en plaine.
La structure - très solide - du Funray permet donc d'adapter sa charge alaire à l'usage que l'on veut en faire et il convient donc de bien cerner votre utilisation du Funray.

Si c'est pour faire un concours de b…atteries, on peut en avoir une grosse, de motorisation ! Mais on peut aussi la jouer un peu plus fine. En ce qui me concerne, mon HP 3022-08 tourne une 9''x6'' sous 57 A au sol avec des 3S HV. Le moteur était dans le tiroir et les accus sont ceux d'un F3F. L'avantage des accus HV, c'est qu'ils sont plus légers en même temps que plus puissant que les autres. Mon pack de 4,4 Ah ne pèse en effet que 310 g. C'est un peu plus puissant que la motorisation du Heron tout en restant raisonnablement léger. C'est en fait ce que j'avais à disposition, mais j'aurais dû surtout vider le Heron et prendre son moteur et ses servos (plutôt que de racheter les mêmes servos), car mon Heron n'a plus vraiment raison d'être, même comme testeur de pente, maintenant que le Funray est là.
Bref, les capacités du Funray ne demandent qu'à être exploitées, voir découvertes, pour en faire un authentique PLANEUR de voltige. Pour les furieux, mon F3F de 3 kg est équipé (avec cet accu) d'un moteur Axi Cyclone 2826-12 760 kV et d'une 14''x10'', qui le monte "franchement". Nul doute que ça doit dépoter sur un Funray, peut- être avec une hélice de plus petit diamètre et plus de pas, si ça vous tente.
Batterie HV
  Bon plan : cette batterie 3 S est plutôt légère tout en offrant une grande puissance et une grosse autonomie. Peut-être du luxe sur le Funray, mais l'auteur s'en sert par ailleurs.

Une progression douce

Je comprends que l'on ne souhaite pas immédiatement essayer les débattements maxi sur le Funray, même si il reste toujours très gentil, ça peut sembler vif. Vous pouvez donc prévoir un dual rate de 30% sur mes valeurs "acro" pour calmer le jeu (il restera le trim et la courbure du profil de cette phase de vol). Après vous verrez. Mais l'erreur à ne pas faire serait de ne pas respecter mon centrage. Car même ainsi on est loin d'être trop arrière, et le planeur reste gentil tout plein. Centré plus avant, même pour un 1er vol, n'apportera rien car de toute façon, tous les réglages en vol seront à reprendre. Je vous assure que vous pouvez y aller tranquille sur ce centrage, le planeur remonte encore après le test de piqué (sauf si mal trimé bien entendu). Donc autant démarrer tout de suite avec un bon outil et vous concentrer sur le trim de profondeur (pas trop lent, pas trop rapide) et les réactions du planeur. Par contre n'appliquez aucun de mes réglages si vous gardez le centrage du plan, ce serait une grosse erreur et pas agréable du tout. (C'est comme accrocher un sac de 10 kg au guidon d'un vélo, ça ne se conduit pas pareil…)

Rappel des méfaits de l'abominable centrage avant

Un centrage avant provoque pléthore d'effets indésirables, parmi lesquels :

  • vol queue basse car nécessite trim à cabrer
  • augmente le lacet inverse imposant d'augmenter le différentiel
  • augmente le couple cabreur du moteur (à cause du trim de prof à cabré)
  • fait barriquer les tonneaux
  • demande à pousser beaucoup sur le dos
  • entre autres abominations bien entendu !

Donc si votre planeur se tortille à chaque fois que vous mettez un coup d'ailerons, ce n'est pas le différentiel qui ne va pas ; si le vol du planeur est bourré d'effets secondaires bizarroïdes, si quand vous mettez le moteur vous éprouvez le besoin de mettre un mixeur à piqué, si il faut mettre le moteur souvent, si la voltige est hideuse, cherchez pas, c'est le nez qui est trop lourd.
L'autre erreur "classique" serait de trimer le Funray proche du décrochage. On faisait ça pour les planeurs de début d'il y a 40 ans. Aujourd'hui les planeurs sont conçus pour transformer la vitesse en rendement et ce n'est pas la vitesse mini qui est recherchée mais le meilleur taux de chute, qui s'obtient en laissant le planeur filer. Sur le Funray on pourra réserver le meilleur taux de chute à la position "thermique", quant à la position "normale" (volets en lisse) le planeur sera plus agréable avec un peu plus de vitesse encore et ne chutera pas vraiment plus, d'ailleurs.

Le gyro du "Wild"

Un Wingstabi Mpx à d'abord été installé, mais je l'ai retiré avant de refermer le fuselage. En effet, je voulais pouvoir utiliser des phases de vol un peu complexes, que je maitrise parfaitement sur ma radio, mais absolument pas sur le logiciel Wingstabi. Egalement pouvoir modifier en vol des mixages sans pour autant devoir poser le planeur. A ce sujet Mpx m'a fait savoir qu'ils travaillaient sur une version plus facile du Wingstabi, peut-être même sans passer par un PC. Ca serait super.

Fuselage ouvert
L'équipement avant fermeture du fuselage, où l'on voit le récepteur reculé dans un logement qui sera fermé. C'est une solution pour moteur lourd. Ici le Wingstabi a été remplacé au dernier moment par un Rx normal et un gyro A3 Super II.

Toujours est-il que c'est un Eagle A3 Super II et un récepteur 9 voies qui ont pris place dans le logement de la poutre arrière du fuselage.

9 voies, car 7 pour le planeur et 2 pour le gyro. Un inter 3 P pour l'état du gyro, un curseur linéaire pour la sensibilité, très utile sur un planeur capable de grands écarts de vitesse comme celui-ci.

A ce sujet, lors de la première prise de vitesse en plaine, j'ai cru que mes ailes se mettaient à flutter. Je l'avais mauvaise vous vous en doutez. En fait c'est la sensibilité gyro qui était trop forte car en le coupant, ça ne "vibrait" plus. Ouf !

Pour choisir votre gyro, je vous invite à (re)lire ce dossier très complet.

A3 Super II Hobby Eagle
  Le gyro HobbyEagle A3 Super II installé dans le Funray.

Les trois états du gyro ont été attribués ainsi sur l'inter 3P :
  • Gyro "On", type 2D éliminateur de rafale sur les 3 axes
  • Gyro "off"
  • Mode "perso" : Ailerons et dérive en mode 3D ACSC (verrouillage) mais la profondeur reste en mode "On", soit "2D".

Le but de ce dernier mode, assez superfétatoire, est de pouvoir quitter le planeur des yeux en pente quand il s'agit de marcher dans les cailloux pour poser plus loin. Face au vent, les ailes sont gardées à plat, la dérive verrouille le cap, mais la profondeur reste en mode normal afin de stabiliser mais pas verrouiller, sans quoi on se retrouve avec une enclume ! Là, le planeur reste un planeur et monte quand ça monte, mais reste calé face au vent. C'est un bon compromis pour retrouver le planeur au même endroit qu'espéré. On pourra aussi se servir de ce mode pour poser le planeur dans les turbulences, en tout cas c'est à essayer, selon les conditions. Là encore, un accès ergonomique à cet inter 3P est utile.
Le choix d'un gyro en pente se justifie d'autant plus que les ailes sont légères, comme ici. En mode "2D" il ne s'agit pas du tout d'assistance au pilotage, mais juste de "fluidifier" le vent. Comme si on volait sur les dunes, où le vent n'a rencontré aucun autre obstacle. C'est tout. Si une pompe passe, elle est détectée de la même façon. Mais au lancé et à l'atterro (on peut y augmenter la sensibilité), c'est d'une grande aide. En vol, vous pouvez le couper à l'envie, mais je serais surpris qu'à l'usage vous ne le laissiez pas en fonction, car en fait on ne s'en aperçoit que… quand on le coupe !(Et on le remet.)

La déco "Wild"

Venilia zebré Décor au veniilia
Le Venilia tigré se trouve au rayon bricolage des centres commerciaux.

L'entoillage de l'extrados est simplement du Venilia trouvé par hasard en quincaillerie. On me demande même depuis le Pérou, sur FB, le fichier de camouflage ! Ca semble plaire. J'ai d'abord testé cet entoilage sur un Blizzard Mpx, pour me rendre compte que ça colle encore mieux sur le Funray que sur le Blizzard. A l'avant, les bords d'attaque en plastique viennent recouvrir l'entoilage et ainsi le bloquer, c'est parfait. Au bord de fuite et aux découpes, le collage est amélioré par un petit coup de fer rapide (faire des essais !) à mi-puissance sur mon fer à entoiler. Attention le Venilia fond très vite. Ensuite ça tient très bien. Sur le Blizzard il m'a semblé que le dernier né volait encore mieux que le précédent. C'est donc sans inquiétude que j'ai "entoilé" le Funray. En plus ça protège un peu des marques que font les petits chocs, au fil du temps, transformant ainsi mon Heron en poubelle volante.
Le rose fluo est aussi du Venilia acheté en même temps. En déco sympa, y'a pas grand chose d'autre, (un Funray en faux marbre ?), mais y'a des couleurs unies qui sont sympa. En tout cas, je ne peux que recommander le principe.

Masquage des fentes

Je ne m'attendais pas à faire cela sur une mousse (mais en est-ce encore vraiment une ?), toujours est-il que vol après vol, devant les qualités de l'engin, ai-je décider "d'aider" un peu le Funray a diminuer sa trainée. Il est vrai que quand on voit le soin apporté pour améliorer l'écoulement, avec les bords d'attaque moulés et l'état de surface des ailes, il est un peu dommage de garder les fentes ouvertes. Le but n'étant pas de faire de la vitesse, mais de limiter la trainée en voltige. Difficile de dire si c'est vraiment efficace ou non, mais ça ne peut pas faire de mal ! En plus c'est facile à faire.

Adhésif masquage de fente Graupner Scotch armé pour boucher les fentes
Graupner vend du scotch de masquage mais le tarif est prohibitif.
Scotch armé Chanière masquée
A l'intrados, les articulations sont masquée avec du scotch armé replié sur lui-même.

J'aurais pu utiliser le scotch spécial vendu par Graupner, mais vu le tarif du rouleau je l'économise. J'en ai juste mis sur l'extrados du stab. Sur tous les intrados par contre, j'ai masqué les fentes d'articulations avec du scotch renforcé fibre utilisé pour les PSS. J'ai voulu voir ce que ça donnait, plutôt que le traditionnel scotch "magic" + talc, et je dois dire que ça marche plutôt bien sur l'Elapor. Une fois coupé une bande à la bonne longueur, je rabats une partie sur elle-même, ce qui procure une fermeture de fente bien rigide. Un coup de cutter pour ne garder que la largeur collante nécessaire et voila. Fait avec un peu de soin, ça ne baille pas et ça reste bien plaqué à la gouverne. Il a lieu bien entendu de faire une découpe au niveau du palonnier pour ne pas gêner le mouvement. Le scotch armé n'est pas super beau, mais dessous, ça ne se voit pas. On se rend compte au touché que l'état de surface est lisse de ce côté. Donc à défaut d'être esthétique, c'est rigide et masque bien les fentes. Pour voler tout le temps au moteur, ce n'est pas utile, mais ce n'est pas le style de la maison : un planeur c'est fait pour planer du mieux possible. Sur la réelle utilité de la chose, honnêtement je n'en sais rien, j'ai même retiré les masques des ailerons, trouvant que le planeur avait un comportement vicieux en haut de boucle, en VdP. Mais l'essai dans la foulée avec le Funray "stock" dans les mêmes conditions, a montré le même comportement, comme le "wild" ensuite avec les fentes d'ailerons non masquées. Il est possible que le masquage des fentes améliore l'accélération car je suis obligé de couper le gyro beaucoup plus tôt que d'habitude en prise de badin. Je sais, on pourrait faire des essais systématiques avec la télémétrie. Oui mais non ! Mais s'il y a des volontaires...

Devis de poids du wild
Deux ailes entoilée Venilia extrados : 746 g
Stab avec tringle prof : 79 g
Fuselage complet sans lipo, verrière mousse : 802 g
Lipo 3S HV 4400 mAh : 312 g
Total : 1939 g

Nota : la LiPo HV est un peu plus légère que la moyenne, et le Venilia pèse un peu plus.


Le vol de la version stock

J'ai donc fait le premier vol de quelques Funray avant d'avoir le mien. Les réglages d'origine, typés grand public, ne sont franchement pas folichons. On se retrouve avec un planeur aux lignes directement inspirées du Stingray, héritier des Fox et autres Swift, mais dont le vol fait penser davantage à un Solius saoul qu'à un planeur de voltige axé sur un vol en puissance. Je sais bien que c'est une mousse grand public, mais quand même. C'est quoi ce veau ? Le vol dos demande presque toute la course de profondeur à piqué et les loopings sont difficiles à doser. Rien que pour ces deux figures, il fallut déterminer une courbe d'expo différente à cabré qu'en piqué. C'est-à-dire de l'expo à cabré et de "l'expo inverse" à piqué pour le vol dos. Le renversement est laborieux, comme souvent avec un mauvais centrage. Bon courage pour s'initier à la voltige ! Il gratte bien, mais en spirale, dès qu'on met de la dérive, il décroche parfois méchamment sans prévenir, en partant dans une demie auto rotation. Je comprends pourquoi certains modélistes ont eu du mal à cerner le placement commercial du planeur. Vendu comme planeur polyvalent, certes il l'est, mais ce n'est pas tant qu'il soit mauvais en tout, plutôt bon en rien !

Insertion des ailes Mise en place du stab
Pas besoin d'outil pour assembler le Funray. Tout fonctionne par système de clips.
Verrouillage des ailes   Chape de profondeur
La goupille de verrouillage des ailes se glisse par l'avant.   Une chape a été ajoutée sur la profondeur pour ne pas avoir à régler le trim à chaque séance.

Bref, j'eu beau poser une fois ou deux les planeurs des copains pour modifier les courbes et subrepticement reculer un peu le pack d'accu, ce n'est pas la fête. Comme pour le Heron, on me dira de ne pas comparer mes planeurs tout carbone à une mousse. Je sais. Le Funray n'est-il pas pour autant un planeur, conçu par des gens qui connaissent leur affaire ? Car tous les modèles Mpx sont excellents, il n'y a pas de raison que celui-là ne le soit pas. Enfin, du coup mon Funray est resté de longs mois dans son carton, terminé à 95 %. La motivation n'y était plus vraiment.

Drôle de zèbre, le "wild" en vol de plaine

Départ
Aujourd'hui toutes les motorisations sont surpuissantes, même avec un moteur un peu faible, il y en a toujours bien assez pour monter comme une balle.

Ca me démangeait quand même de reculer le centrage ! Presque une délivrance pour moi ! Donc, même pour le 1er vol, j'ai reculé le centre de gravité de 1 cm. C'est-à-dire que mes doigts viennent juste derrière les tétons de centrage.
Les débattements sont sérieux avec quand même trois niveaux. "Acro" "Normal" et "Thermique". Soit 3 phases de vol que je manipule un peu comme une boîte de vitesse, voir chapitre consacré.
L'expo est calibré de façon à avoir le même ressenti autour du neutre quelle que soit la phase de vol. Question de confort.
Bref, lancé ! Prise de vitesse à plat puis monté à la verticale. Cool. A 100 m je coupe et remets le planeur à plat. Décrochage en préambule, suivi donc de 2 crans de trim à piqué. C'est mieux. Test de piqué, ça remonte. Zut. Encore 2-3 crans à piqué ; c'est mieux. Beaucoup mieux. Le planeur est maintenant bien dans sa ligne de vol. Sans chuter pour autant, il se permet même de baliser une zone d'ascendance en ce début février. Soit, enroulons donc. Ca monte très bien ! Passage en mode "thermique", c'est efficace, ça monte encore mieux, 2 crans de trim à piqué pour compenser l'effet cabreur des volets. Serrons, voir s'il part dans les pattes. Que nenni ! Ah bon ? Je n'ai pas essayé comme avec un F3K certes, mais franchement ça gratte bien ce truc. A aucun moment il ne me fera de coup en vache comme avec le planeur des copains. Peut-être est-ce parce qu'il est plus stable sur trajectoire ? Ou est-ce mon mixage miracle qui relève les ailerons juste d'un millipoil en position "thermique", associé à un différentiel augmenté (pour que l'aileron ne se baisse pas en spirale). Toujours est-il que cette fonction miraculeuse sur mes F3F un peu pointus en spirale, semble faire également merveille sur le Funray. Il faut dire que j'ai bien déblayé le concept par des essais systématiques sur d'autres bestioles. Appliqué au Funray, ça marche également très bien. Ca fera d'ailleurs l'objet d'un article séparé. Mais bon, ça donne quoi en voltige ? Je passe la position "acro", j'y mettrais quelques crans de trim piqueur pour garder à peu près la pente de descente, ceci fait, les boucles sont de belles dimensions, normales en fait ! Le vol dos est digne d'un planeur de voltige, ça tient très bien en poussant peu. L'avalanche (déclenché en haut de looping) est redoutable, génial ! S'arrête quand on veut. Comme les déclenchés qui savent être violent mais qui stoppent dès qu'on relâche tout. Les renversements sont un peu paresseux comme pour beaucoup de planeurs en plaine, mais en anticipant avec un poil de dérive en cours de monté, ça tourne correctement en haut. Hâte de voir ça en VDP !
Nota, après ce vol, j'ai voulu comparer le renversement avec mon F3F électrique : mauvais plan (on s'en doutait !) le planeur rester nez en l'air, alors que le Funray bascule, lui.

Passage dos
Le Funray "wild" est précis, agile mais stable sur trajectoire.

La restitution est très correcte pour une mousse. Le poids du planeur n'est pas excessif et la surface frontale du fuselage est importante, ça se ralentit plus vite qu'un planeur tout fibre, mais ça marche quand même plutôt bien. Quant au posé, avec les crocos maximisés, inutile de dire que c'est efficace ! Finger in the nose.
Niveau efficacité des gouvernes en mode "normal", les ailerons axent le tonneau correctement, la profondeur est précise et agréable en vol dos, la dérive permet de tortiller du cul même à basse vitesse, elle est bien présente.
Cette première séance de vol en plaine est donc un franc succès, le planeur réagit encore mieux que je ne l'espérais, puisqu'il reste très sain tout en étant capable de voltiger honorablement. Mes collègues présents ont été également surpris de ses "excellentes capacités à voltiger" et surtout de sa gentillesse en spirale. D'autant que j'ai tenu à leur démontrer, titiller par mon soit disant centrage "hors grand public" la gentillesse de la bête en spirale à basse altitude.

Renversement Boucle
Chaque axe est bien dissocié, ce qui permet de s'initier à la voltige, ou bien de s'amuser, sans effets parasites, c'est très agréable, mais peut être surprenant en venant d'un planeur de début.

On va voir en pente ce que ça donne, mais on a déjà affaire à un bien sympathique planeur de 2 m, catégorie voltige.
Je n'ai pas essayé de mettre un gros accu (à part pour le gros temps) car de toute façon on n'en fera jamais un planeur de vitesse, et à part faire le kéké plein moteur, ça n'apporte pas grand-chose. Avec sa grande surface frontale et les fentes d'articulation ouvertes, on est loin d'un F3F. Il a tellement plus à apporter dans son domaine de vol, il faut le garder pour ce qu'il est.

Le "Wild" en VDP : et si vous vous mettiez à la voltige planeur ?

En effet, pourquoi ne pas s'en servir pour voltiger sur une butte, sur une dune, une pente caillouteuse, ou en montagne ? Dans tous ces cas, une charge alaire modérée sera la bienvenue, d'autant que le Funray sait être très gratteur. Alors plutôt que de s'en servir comme un Easyglider qu'il n'est pas, ou comme un missile au pilotage valorisant mais pas trop cérébral, voyons voir ce que le Funray est capable de distiller en usage voltige planeur, donc sans jamais utiliser le moteur (bien entendu).

Les premiers essais en pente ont eu lieu sur une sorte de bout de garrigue mal exposé et par vent très modéré. Au premier aller-retour, le Funray se détecte une pompe et l'enroule avec facilité. L'ami Eric, venu faire des photos, habitué aux Heron et Solius, sera également surpris de cette capacité à enrouler tout ce qui passe.

A croire qu'on ne lui a pas expliqué à ce planeur, il se prend pour un Amigo ! Bon, on quitte la position "thermique" pour "normal" et on plonge. L'accélération est très nette et du coup il balise bien la pente. Les virages avec un poil de dérive quand le planeur est sur la tranche montrent bien l'efficacité de cette gouverne. Par contre les renversements sont plus laborieux en mode "normal" c'est-à-dire peu ou prou avec les débattements de la notice. En mode "acro", c'est nettement plus convainquant. J'ai dû reculer par inadvertance la batterie d'un poil car je le trouve en pente beaucoup plus neutre qu'en plaine, à moins que ce soit le neutre de la prof qui ait bougé. Toujours est-il qu'en mode "normal" il ne remonte plus et je conserve cette phase de vol. Mais les conditions deviennent très moyennes et ça ne tient pas trop pour enchaîner les passages dos.

Quant aux photos, un problème d'autofocus va nous pourrir la séance. Moteur, prise d'altitude et on pose comme qui rigole sur un petit bout de terrain sans trop de cailloux. Pour ça aussi le Funray est le joujou idéal pour voler sur des pentes mal pavées.

Sac de transport
  Le sac du Heron convient au Funray, quoiqu'un peu juste pour la dérive.

Le lendemain, même lieu, même topo, davantage de vent, un peu plus chahuté. Néanmoins le Funray est capable de faire d'immenses circuits en vol dos, qu'il tient très bien. On a toujours de la réserve sur le dos et même quand la vitesse devient agonisante, on peut s'en sortir par un demi-tonneau, sans risque de partir en c… C'est ventre à l'air que parfois on se fait aplatir direct vers le fond de la vallée, dans ce cas un coup de moteur est nécessaire, mais parfois on y échappe. Alors la remontée dos - hors zone de portance - est surprenante pour une petite mousse de 2 m.

Toute la voltige passe bien : boucles inverses, immelmann, avalanche, tonneaux à facette, renversement (attention, risque de léger départ en déclenché en haut de figure). La dérive est très efficace quand on revient vers la pente en vent arrière pour finir de s'axer parallèle à la pente en restant à plat (dérapage). Le planeur tortille très bien du cul également, un peu comme un Voltij, sans toutefois être aussi efficace bien entendu. Comme pour tous les axes, c'est rare que j'utilise tout le débattement, le planeur c'est aussi du pilotage en finesse, mais parfois c'est cool d'avoir du répondant. Par exemple la vrille ventre ou dos, qui s'aplatit un peu plus en grands débattements. Ou lors d'un tonneau à l'agonie comme sur la vidéo. Grace aussi aux forts débattements des crocos, on peut arriver de haut pour poser dans un mouchoir de poche, il suffit de viser "l'entrée de piste", quitte à descendre verticalement tout sorti, c'est beaucoup plus "secure» que de se laisse balloter par les rouleaux à faible vitesse, en plus le planeur est plus près de nous que pour une approche longue et plate, on le voit donc très bien. Assurément la bonne méthode pour poser en pente. Dans les rouleaux, on dirige bien le nez du planeur à la dérive, la pente à la profondeur, tout en gardant les ailes à plat aux ailerons. C'est agréable d'avoir une machine qui répond bien comme ça sur les 3 axes.

Sur le dos
Bien réglé, le Funray n'est pas si sauvage, il est même très civilisé et très agréable, une bonne surprise.

Testé dans les mêmes conditions, mais avec un centrage un peu plus reculé qu'en plaine (pas autant que le "wild"), le Funray "Stock" en pente m'a permis de voir ce que donnaient les réglages basiques. Ca vole bien, le planeur est très sain, mais les figures sont moins agréables. Tonneaux moins rapides, profondeur moins facile à doser en vol dos par exemple, le planeur est moins précis sur trajectoire. On se rend bien compte que les phases de vol, quand on y est habitué, manquent terriblement, comme une boîte de vitesse. Comme pour la plupart des planeurs modernes à volets, ne pas pouvoir varier la courbure en y attribuant les réglages inhérents limite énormément le domaine de vol. C'est un peu comme si une voiture était bloquée en 3e. Pour poser, ce n'est pas non plus le "wild". Les crocos restent correctement efficaces, mais il ne faut pas avoir besoin de poser sous forte pente sur un timbre poste. Heureusement il y a le moteur, si on se rate. Mais c'est bien mieux qu'un Solius, privé de volets, bien entendu.
Pour couronner le tout, le gyro du «wild" se joue des rouleaux, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut plus le piloter. Ca n'empêche pas non plus de se faire plaquer au sol, mais avec les ailes à plat !
Bref, je suis vraiment content du "wild" équipé et réglé comme il l'est, car ça permet pas mal de choses, ce qui compense le fait qu'en vol ce ne soit pas un planeur tout carbone.

Atterro mouvementé
Le Funray est parfait pour voler sur les pentes mal pavées.

Comparaison avec les autres mousses du plateau
Blizzard et Funray
Le Blizzard qui a servi de test à l'entoilage, lui même un peu ancêtre du Funray.
Blizzard et Funray zébrés

Le Blizzard que j'aimais bien comme testeur de pente fait maintenant figure de "vacherie volante", car dans les conditions moyennes du test il ne gratte pas terrible, ne restitue pas bien mieux et part facilement dans les pattes. Ca me montre que j'ai déjà pris de mauvaises habitudes avec le Funray !
Par rapport au Heron, ce dernier gratte un peu mieux et il est un peu moins "technique" à piloter que le Funray. Le Heron est finalement plus adapté aux erreurs d'un pilote moyennement expérimenté. Ca m'a même donné envie de ressortir le mien, car il est plus élégant en vol. Le décrochage est plus franc sur le Heron mais il intervient plus tard que sur le Funray qui vole un peu plus vite. Il y a des cas où le Funray décroche, si c'est moins brutal, il demande plus d'espace pour récupérer. Par exemple, lors d'une boucle entamée à vitesse trop lente, le Heron va décrocher en piquant vers le sol, mais les deux Funray vont déclencher en restant un moment nez en l'air. Le Solius est très bien pour la pente aussi, mais sans croco, c'est moins confortable pour poser. Avec les ailerons relevés à 30° mini, ça se pose bien quand même, mais sans ralentir comme avec des volets, bien entendu. Le propriétaire du Funray stock, présent avec nous, n'a pas volé avec nous, car je préfère qu'il se rode avec son Easyglider dans ces conditions un peu délicates, car n'oublions pas que c'est une excellente machine tout temps, que j'ai toujours beaucoup de plaisir à piloter

Light soaring

Vol de pente Départ en pente
Comme tout planeur de voltige, le Funray est assez massif pour une envergure réduite, la prise en main est donc aisée et la présence en l’air incontestable.

Le Funray est un remarquable testeur de pentes sauvages, il est capable de voler avec un vent plutôt léger ou fort et de se poser partout. J'ai pu le tester à cet effet avec d'autres mousses dont un Solius et un vieux mais léger Arcus, sur une pente avignonaise, par temps très calme. Le Funray passe alors en phase de vole "thermique", c'est-à-dire les volets baissés de 3 mm, les débattements sont diminués sur les 3 axes et le trim de profondeur réglé pas très loin du décrochage, sans toutefois voler queue basse bien entendu. Alors, tout en restant agréable, le Funray ne chute pas plus que les autres et peut même approcher la vitesse des plus légers. C'est vraiment pratique ces phases de vol, car cela permet de configurer le planeur immédiatement selon les besoins du moment, comme c'est manifeste sur la vidéo tournée un jour de Février dernier dans à peine plus de 5 km/h de vent. On y remarquera le bon caractère du planeur à l'approche du décrochage, qui n'est jamais loin, démontrant ainsi que le centrage reculé n'apporte que du positif sans contrepartie. Même avec les plus petits débattements, les gouvernes restent efficaces, mais c'est là qu'il faut anticiper au mieux afin de donner le moins d'ordres possibles. La dérive doit là aussi être dosée et permet tout à fait le renversement... ou le décrochage ! On voit aussi de quelle façon il accélère dès qu'on repasse en mode "normal" qui lui convient mieux, par temps mieux établi. Quoi qu'il en soit, ce Funray est un bon compagnon.

Capturé dans le très petit temps par un téléphone, le Funray montre ici son étonnante capacité et sa gentillesse dans ces conditions.

En fait dans le petit temps, son domaine de vol vient juste après le Ahi. Quand le Ahi se maintient à peine, le Funray devra utiliser son moteur. Mais dès que le Ahi commence à pouvoir jouer, il ne lui faut pas grand chose pour le faire, alors le Funray se maintiendra sans moteur et pourra bouger un peu. Bien entendu pas du tout dans le même volume de vol. En sortant du Ahi, on a l'impression de piloter un B52 !

Restitution sur le dos
Même après un long passage dos sur la pente, le Funray est encore capable de bien remonter sur le dos, ici hors zone de portance.

Certes le Funray n'égale pas un planeur de voltige léger dans le petit temps - mon Cortals2 BLH - lui est infiniment supérieur, mais le Mpx a un moteur et ça permet d'être plus audacieux. Pour en avoir eu un, le Funray dans le petit temps se maintient presque aussi bien qu'un Voltij, mais ce dernier restitue bien entendu son énergie cinétique de toute autre façon. Néanmoins je suis très satisfait du Funray dans ces conditions, où je ne l'attendais pas plus qu'un Blizzard. Bonne surprise donc.

Funray  Multiplex et Ahi DreamFlight
Aller à la pente avec un Ahi et un Funray, c'est un peu la quadrature du cercle, tant ils sont complémentaires. Mais on a un peu l'impression de passer d'une hirondelle à un B52 ! Le volume de vol n'est pas le même, c'est justement ça qui est génial.

Wild soaring

Histoire de changer de limites, trois jours plus tard j'ai sorti le Funray au même endroit, mais avec un bon Mistral ! 50 km/h de vent avec des rafales à 70 ! A part de chopper la crève, l'exercice n'a aucun autre intérêt que de montrer le Funray ne reculant pas devant la difficulté ! Il convient déjà de ne pas se faire arracher une aile au sol par la tempête, car c'est loin d'être évident de le tenir même à deux mains. Heureusement, l'ami Pascal arrive à le mettre nez au vent, alors le gyro stabilise un peu, il n'y a plus qu'à pousser et le planeur est catapulté vers le haut, toujours face au vent, c'est bien confortable. Ca monte en stationnaire puis je balise la pente. Ca tabasse, le gyro travaille, c'est bien de pouvoir régler la sensibilité en vol. Je vole en position "acro", c'est-à-dire débattements maxi, ailerons/volets relevés de 1 ou 2 mm et un peu de trim à piqueur. Ce qui va bien d'habitude en pente ou en voltige plaine. Je m'attendais à rajouter du piqueur, je dois faire le contraire.

Ca souffle fort Prise de vitesse
Pour le gros temps, la verrière en mousse est installée.
Dans la tempête, même un peu plus chargé, le Funray reste trop léger. Normal, dans ce temps là, on ajoute 2 kg à un F3F !

Comme souvent, les pentes n'ont pas un bon rendement par vent violent et la portance n'est pas super. Le planeur donne l'impression de voler vite, mais en fait il se fait surtout tabasser car le tonneau face au vent n'est pas très violent. Je m'attendais à les tourner comme un Ahi, ce n'est pas du tout le cas. Dans le même genre, la restitution est parfois bonne, parfois nulle. Ce n'est pas avec les 130 g de plus que j'ai mis que ça va jouer. Par expérience, je sais que mon F3F ne ferait pas beaucoup mieux, à moins de le ballaster à 5 kg, comme font les copains dans ces cas-là. D'ailleurs le F3F restera dans la voiture. C'est de la survie, on ne peut rien faire, mais le planeur s'en sort tout à fait honorablement grâce à sa stabilité sur trajectoire, même gyro coupé. Utile l'accessoire par contre, pour le poser ! Deux 360° pour descendre, puis on axe face au vent et on plonge en régulant les aéro-freins. Ah, un petit coup de gaz car on recule, puis voilà le Funray qui reprend sa pente et se pose à plat, malgré la machine à laver en mode essorage. Ouf ! Pas "ouf" pour le planeur, mais "ouf" pour nous car on se gèle !

Passage dos

La conclusion de cet épisode inutile est que le planeur a du répondant, qu'il reste sain et stable et capable de prendre de la vitesse avec un taux de chute correct. Mais bien entendu, il n'est pas fait pour ça.
Je suis quand même surpris de la capacité de l'animal à affronter des conditions si opposées (petit temps / gros temps), sans vraiment modifier le ballast, ce qui démontre principalement sa polyvalence.

Crocos tout sortis Crocos sortis
Tel un jet à l'appontage, le Funray se présente tout sorti sur une petite plateforme sans trop de pierres.

Pour conclure : un voltigeur antistress
Dans la main Looping
Au sol comme en vol, par son volume, le Funray possède une belle présence.

Pratiquer le planeur n'est pas faire de l'avion sans moteur, en se laissant descendre à la "va comme je te pousse". Exact opposée, la voltige planeur est la quintessence du vol non motorisé. Le "moteur", c'est le dialogue permanent du cerveau humain avec une machine issue d'un "jus de crâne", faite pour donner le meilleur dans un contexte donné.
Dans le cas présent, l'initiation à la voltige planeur. Pas trop chargé, pas trop léger, pas trop grand, pas trop petit; sachant rester solide, pour un coût modéré (je parle de la cellule), utilisant des solutions aérodynamiques et industrielles intelligentes, le Funray est l'outil idéal pour se former ou s'adonner à la voltige planeur. Motorisé pour voler partout, beaucoup, facilement et sans risque.
On peut vouloir plus de ceci ou moins de cela, il est aisé d'être grincheux, mais quand même, il n'y a aucun concurrent à ce prix et ce niveau de finition. Son défaut est peut être dans ses qualités : on peut en faire un "Easy-Blizzard" ou "Heron-glider", ce que ne tolérera pas un authentique voltigeur, genre Voltij un Quartz. D'un autre côté, on ne vous proposera pas non plus un Voltij ou un Quartz avec les réglages de chalutier de Mpx ! Peut-on leur en vouloir ? Puisque le Funray est capable d'un tel grand écart, alors pourquoi ne pas fournir les réglages correspondant aux deux facettes de l'animal ? C'est peut être la mentalité allemande, où la culture planeur n'est pas la même : on donne les réglages de base tout public, les autres feront à leur habitude.
Toujours est-il que le Funray bien réglé est une des rares machines pour s'initier à la voltige planeur. Comprendre toutes les subtilités de l'art fait partie de l'exercice, comme de chercher à en tirer le meilleur parti avec des réglages affinés. Quant aux planeuristes confirmés, c'est un très bon outil à tout faire qu'il faut avoir dans la voiture.

On rugit de plaisir pour

  • Conception intelligente
  • Qualités de vol surprenantes
  • Capacité tout temps / tout terrain
  • Protection des bords d'attaque
  • Qualités de voltigeur rares à ce prix
  • Prix de la version "kit"

On grogne pour

  • Centre de gravité du plan catastrophique
  • Conçu trop gentil pour un plus grand nombre, d'où placement commercial incompris
  • Attention donc à ne pas prendre de mauvaises habitudes, un "vrai" planeur de voltige est moins tolérant
  • Prix de la version "RTF"

Acheter ou pas un Funray ?

Oui si :

  • Vous maitrisez à peu près en voltige un Heron (ou autre)
  • Vous cherchez une machine plus vive
  • Vous avez des pentes même petites à disposition
  • Vous voulez vous initier à la voltige planeur

Non si :

  • Vous avez du mal avec un Heron ou que vous n'en avez pas l'expérience (ou autre planeur de plus de 2 m)
  • Vous ne maitrisez pas le pilotage 3 axes
  • Il vous arrive de faire des inversions
  • Vous ne faites jamais de vol de pente
  • La vitesse et la voltige vous font peur
  • Vous cherchez un planeur calme genre d'Easy Glider ou Cularis

Nota : Ce n'est pas que le Funray soit moins facile à piloter que le Heron, mais c'est comme en avion ; il y a avion de début, avion de perfectionnement et avion d'entrainement à la voltige. Le Funray est le pendant de ce dernier cas. Bien ou mal réglé, il est conçu pour dissocier chaque axe, soit le contraire d'auto-stable. CQFD.

La progression logique est donc (ne pas sauter les étapes) :

  • Easy Glider pour débuter (en double commande)
  • Solius pour confirmer
  • Heron pour s'attaquer aux volets et aux phases de vol
  • Funray pour entrainement à la voltige

Un grand merci à Eric L., Pascal A. et Francis J. pour leur aide photographique et leur soutien.

Contacter le signataire : pierre@jivaro-models.org

Pilote content du Funray
 
 
 
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