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10 décembre 2017
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Gyros - Retouts d'expériences

Pourquoi et comment utiliser un gyro en planeur ? Ce qu'il faut savoir.

Présentation : Pierre Alban

Le chapitre dédié au gyro sur le Heron Multiplex a suscité de nombreuses réactions. Questions, voire polémiques s’en sont suivies sur l'utilisation en planeur, ce qui est bien légitime car le vol à voile est d’abord une question de sensations. C’est du vol cérébral et c’est pour cela que je pratique cette activité à 99%. Dialogue permanent entre l’homme et la machine, communion avec l’environnement immédiat, je passe beaucoup de temps à régler mes planeurs, afin d’affiner autant que possible la communication. Traquer et éliminer les parasites comme un mauvais centrage, source d’une inéluctable rupture entre l’émetteur et le récepteur, au sens propre comme au figuré. Un planeur ne devrait pas être une sorte d’avion sans moteur comme si souvent constaté et encore moins un drône.

Dès lors, quelle place donner à une informatique précisément conçue pour les drônes ? Légitime défiance.

Pour autant, ma première expérience avec le Heron, très positive, m’a encouragé à aller plus loin, beaucoup plus loin que je ne l’aurais pensé, car me revoici 3 ans plus tard avec une quinzaine de modèles équipés et la plupart des gyros du marché testé, pas toujours approuvés.

Ma démarche

En planeur, je pratique donc le vol de perfo pour mon plaisir avec une nette tendance pour la vitesse et la voltige. Mais j'aime aussi chasser le pet de lapin à basse altitude. Je suis donc très sensible à obtenir le meilleur rendement de mes machines, pouvoir « dialoguer » en vol avec elles, ce qui sous-entend des réglages et un centrage fin.
Curieux de nature, j'ai donc voulu voir ce que donnait les gyros 3 axes, pensant tout d'abord à un gadget. De fil en aiguille, j'ai juste trouvé ça génial car les perfos de mes planeurs ont parfois été améliorées pour un agrément de pilotage aucunement altéré, bien au contraire. C'est dans ce cadre-là que vous trouverez le résultat de mes essais. On en conclura que malgré le gain apporté, la technologie doit encore être améliorée et qu'à ce jour c'est encore une affaire de planeuristes plutôt compétents.

Gyro Vs obscurantisme

Pour être tout à fait franc, j'ai d'abord regretté d'avoir parlé de gyro dans l'essai du Heron. Beaucoup de personnes n'ont visiblement pas compris, ou pas lu, ce dont il était question. Mais Il y a eu aussi une très grande quantité de modélistes qui voulaient des informations en plus et un important courrier a été reçu en ce sens. Aussi des modélistes très satisfait de ce principe, bien entendu.


Foire aux idées préconçues

Un gyro serait :
- une assistance comme l'ESP d'une voiture
- un gommeur de sensation : on ne ressentirait plus rien
- utile pour une machine mal réglée
- la démonstration de l'incapacité de régler un planeur
- utile seulement dans les mauvaises conditions
- un truc de débutant un peu débile qui ne pourra pas progresser à cause de ça…

Mal utilisé, peut-être. Car tout cela est ne correspond pas à MA réalité. Dans un premier temps, ça m'a plutôt « vacciné » d'écrire d'avantage sur le sujet. J’ai bien mieux à faire, rien à prouver et mon bénévolat à des limites.
Face à mes réticences, voici un mail de notre webmaster, qui, avec tous ceux reçus, m'ont finalement décidé à partager.

- «Certains ont leurs idées bien arrêtées, sont convaincus qu'ils ont raison et ne changeront pas d'avis... tant qu'ils n'auront pas eu l'occasion d'essayer avant...
Je sais comment tu règles finement tes machines pour qu'il y ait une fusion entre elles et toi, qu'elles réagissent comme tu le souhaites au moment où tu les sollicites. J'ai bien compris que ce n'est pas un autopilote que tu cherches. Ceux qui t'ont lu de travers n'ont pas compris ce que tu as écrit.
L'important, c'est de partager tes idées, de continuer à faire profiter à d'autres de ton expérience. Faut pas se limiter aux rares retours de quelques grincheux, même si ça blesse parfois, mais plutôt positiver avec tous ceux qui ont apprécié te lire.
Quand tu me mets en copie de certains échanges que tu as avec des lecteurs, je constate que beaucoup apprécient peut-être encore plus que moi tes dossiers puisqu'ils les mettent en pratique plus vite.
Je suis donc toujours preneur d'un dossier sur les gyros (et sur d'autres sujets aussi).
Je pense que tu as toutes les compétences pour cela, que tu sauras trouver le meilleur et l'exploiter au mieux, mais aussi trouver les failles s'il y en a. L'important, c'est de parler des produits et de savoir ce qu'on peut en attendre. Tout le monde y gagnera.
Sauf ceux qui savent déjà tout sur tout... Si le produit ne les intéresse pas, ils ne liront de toute façon pas le sujet.»

Merci Laurent de ta confiance.

Et puis il y a aussi ceux qui utilisent déjà les gyros sur des GPR ou en F3B/F, qui m'ont contacté et qui justement correspondent d'avantage à ma vision des choses en disant qu'il ne sert à rien de s'arc-bouter face à une évolution et qu'il convient plutôt de voir de quelle façon on peut en tirer le meilleur.
Notons aussi qu'en France, les planeurs de loisir sont très souvent mal centrés. Or un centrage avant « tue » le dialogue avec le planeur aussi sûrement qu'un gyro en mode drone, mal réglé qui plus est.
Au final j'ai décidé de prendre le recul sur trois saisons d'utilisation des gyros avant de décider, et finaliser cet article, qui de toute façon va dans le sens des choses. L'offre est présente, et autant voir ce que l'on peut en faire.

Vol de pente
En vol de pente, le gyro est très précieux pour lancer seul et poser dans les rabattants. Mais aussi en voltige où les figures sont mieux axées et les facettes des tonneaux plus marquées.

A garder en mémoire

Le gyro ne s'active que quand vous le voulez, commandé depuis l'émetteur. C'est donc vous qui décidez des circonstances où vous l'activez. L'idéal étant même de pouvoir en régler le gain à distance.
On est donc dans une attitude active avec un gyro et certainement pas subie (passive). D'autre part, en aucun cas le but est transformer le planeur en drone. On peut le faire, mais c'est à l'encontre du but recherché qui est de garder toute son âme au planeur, en lui apportant parfois un petit plus.

D'autre part, le centrage d'un planeur ne correspond que très rarement aux indications du plan, mis à part chez les artisans spécialisés. Un centrage fin nécessite en usage loisir une bonne après-midi de test par temps neutre et beaucoup plus en usage compétition. Sans cela, pas de dialogue avec le planeur, peu de sensations, plein de réactions parasites, et des perfos limitées.

N’oublions donc pas que l’on peut activer le gyro à distance et à la demande, et donc en vol on peut aussi le déconnecter à tout moment.
Il est particulièrement aisé de voir en vol la différence avec ou sans gyro et de l'utiliser à bon escient.
C'est même nécessaire de pouvoir le couper en vol. N'achetez pas un gyro sans cette possibilité ! En effet, si vous avez fait de mauvais réglages, ou bien si le gyro venait à bouger dans le modèle en étant mal fixé, ce serait une catastrophe. Il faut donc s'en servir seulement quand on veut, et pouvoir par conséquent, le couper.

Alors un gyro, ça sert à quoi ?

(Nota on parle ici de gyro en mode « 2D")
Il convient déjà de comprendre ce qu'un gyro ne fait pas :
Le terme le plus inadapté aux gyros modernes, c'est le terme "d'assistance". Vous aurez de grosses désillusions si vous prenez un gyro pour piloter à votre place, ou bien pour tenter d'effacer un mauvais comportement dû à un mauvais réglage. Certains comparent - à tort - le gyro à l'ESP d'une voiture. C'est-à-dire qu'il empêcherait de partir dans le décor quand la voiture tend à déraper. Un anti-crash en somme. Inutile d'envoyer la facture si tel est votre but ! Car elle va être salée la facture !
D'ailleurs un gyro ne donnera de bons résultats que sur un planeur bien réglé. C'est-à-dire PAS (trop) centré avant. Et il ne vous sauvera de rien du tout. Ce n'est donc pas du tout une béquille pour débutant, il n'y a pas de miracle. En tout cas, pas en planeur.
Si on devait faire une analogie avec l'automobile, ce serait une suspension active, qui permet de prendre les virages plus vite et qui absorbe mieux les bosses. Voir un différentiel vectoriel. Ces artifices permettent d'aider une voiture un peu lourde à se comporter comme une voiture plus sportive.
S'il fallait l'associer à un bouton sur le tableau de bord, ce serait avec celui du mode « sport ». Pas du tout le mode « papy » donc.

Un gyro est en fait un amortisseur actif, qui atténue les rafales de vent, sans les éliminer totalement, tout en conservant les sensations de pilotage propres au planeur. Comme vous le voyez, non seulement on est à des années lumières des « on dit » mais c'est surtout l'exact opposé.

La bonne formule, hein !
Un gyro bien réglé, sur un planeur bien réglé, c’est comme la suspension active d’une Formule 1, çà n’empêche pas de piloter finement.Ssi la suspension active permet de prendre mieux le virage, elle n’empêche pas de sortir de la piste…

"Alpina mode"

Il ne sera question dans ces pages que d'utiliser le mode 2D, ou la première phase, qui ne verrouille pas le planeur. Voir dans l'encart dédié ce qu'il en est du mode 3D, qui n'est pour le planeuriste d'aucun intérêt. Il conviendra donc d’utiliser en planeur le bon mode, celui « d'atténuateur de bourrasques » qui est le seul dont nous parlerons dans ce sujet.

Pour faire une autre analogie un peu osée, mais pas si éloignée que ça de la vérité, le gyro vous transforme un planeur de 2 m en planeur de 4 m ! Comme la limousine en sportive.
Est-ce pour autant qu'un Alpina, ne « respire" pas les pompes ? Non, bien entendu. Est-ce qu'un 4 m. est plus adapté à un débutant qu'un Solius ?
Je vous laisse juge.

Cette analogie se justifie dans le fait que le planeur sous gyro non seulement améliore ses performances, à ma grande surprise je l'avoue, mais devient aussi plus « fluide » en vol, avec des trajectoires plus tendues, et un pilotage qui n'est pas sans rappeler un planeur plus grand, plus agréable. Mais ne vous méprenez pas ! Le planeur conserve ses qualités d'origine. Il est tout aussi maniable et il détectera tout aussi bien les pompes et même les pets de lapin. Le planeur garde la même attitude en entrant dans une pompe et il dévie également quand il la tangente. Le planeur n'est pas moins vivant. Il est différent, plutôt meilleur que moins bon. Meilleur également en voltige.

En spirale

Dans la pompe

En spirale, on peut en attendre, là aussi c'est une surprise, que le planeur monte mieux, et c'est vrai que dans ce cas le pilotage en est (légèrement) facilité. Dans le sens où le décrochage involontaire s'éloigne car les inclinaisons sont plus constantes. Juste comme un planeur plus grand, c'est tout. Donc si vous pilotez mal, si vous faites des erreurs, ça ne changera pas grand-chose, puisque le contrôle, c'est vous qui l'avez, pas le gyro. La raison d'être du gyro, c'est qu'il va faire des toutes petites corrections avant que vous ayez eu le temps de réagir. C'est-à-dire que le temps d'observation et de réactions de notre cerveau font que nous sur-pilotons parfois. Le seul remède à cela est l'anticipation. Et le gyro 3 axes anticipera toujours mieux que nous car il réagit immédiatement.
Comme un hélico en stationnaire, plus l'ordre donné sera rapide, plus il devra être d'une ampleur réduite. Ce qui donnera alors un beau stationnaire avec l'impression d'être stable et de voler tout seul. Les débutants hélicoptéristes qui ont la sensation de piloter une savonnette comprendront !

Heron, Mini-Ellipse et Solius
En VdP comme en VTR, la différence entre deux planeurs identiques est flagrante quand l’un est équipé d’un gyro. Bien souvent, le gyro apporte un réel gain, y compris dans l'ascendance. Pour s’en convaincre ? Coupez-le pour voir !

Bref, quand le planeur est proche de vous, on voit mieux ses petites oscillations naturelles, donc on parvient mieux à anticiper. Mais quand la pompe est loin, on branchera alors le gyro, qui compensera finement les perturbations engendrées par l'ascendance et que dont on ne verra les effets qu'avec autant de retard que la distance sera grande.
Cependant, croyez bien que si vous sortez de la pompe, ou que vous êtes mal centré dans la bulle, vous le verrez tout aussi bien que sans le gyro. Ne pas croire non plus qu'il n'y a rien à faire et que le planeur enroule tout seul. C'est juste plus confortable, car on peut justement d'avantage se concentrer sur le pilotage et sur la stratégie de vol dans la pompe, puisqu'il y a moins à compenser notre propre sur-pilotage.
Le gyro est ici bien dans son rôle de lisseur de trajectoires. Entendez bien que les sensations sont plus agréables, mais que l'on voit tout autant le planeur "parler". C'est une surprise, je ne l'aurais pas parié.
J'insiste bien sur le fait que le planeur est tout aussi démonstratif. On croirait seulement piloter un plus grand. C'est tellement bien que certains planeurs plus modestes de mon escadrille ne volent le plus souvent qu'avec cet artifice.

Faux F3B et faux 4m...
Un F3B et un 4m ? Eh non, l’apparence est toute aussi trompeuse qu’en vol avec gyro, car il s’agit en fait d'un Mini-Ellipse et d'un Heron Multiplex...

En voltige

Certains gyros modernes diminuent leur gain quand on donne un ordre. Les anciennes générations, comme les gyro « orange », procurent un tonneau saccadé et plus lent.
Au contraire, aujourd'hui, le tonneau sous gyro 3 axes tourne aussi bien mais ses arrêts sont super nets. C'est vraiment bien pour les tonneaux à facettes, ou les changements brutaux d'inclinaison façon « jet ». On peut espérer aussi dans la descente après un renversement, moins de « snaking », quand le planeur oscille un peu. Cadrer les figures, surtout en pente est donc plus aisé avec le gyro. Plus besoin de faire les figures face au vent, on peut les faire parallèles à la pente et c'est un vrai régal. On a l'impression de pouvoir faire des figures de plus grande ampleur, comme avec un planeur beaucoup plus grand, là aussi. Bien entendu il faut bien connaître les limites du jeu et du planeur car si ça part en cacahuète par manque d'anticipation, ça risque d'être chaud.

Voltigeurs planeur et avion
L’auteur, avec deux de ses voltigeurs équipé de gyro, contre toute attente, c’est le Salto qui tire le plus avantage du gyro que ce soit en voltige ou dans les ascendances.

En VTR et petites conditions

Une de mes activités favorites, voler par très petit temps en pente. S'il est bien un domaine où il est primordial de "sentir" pleinement son planeur, c'est bien en vol thermique sur relief afin qu'il vous révèle les moindres soubresauts de l'aérologie locale. Domaine que j'affectionne particulièrement. Qu'il est bon de voler au niveau des yeux en pleine nature, à guetter la moindre petite convection. Ce n'est précisément par là où je m'attendais à trouver un intérêt à utiliser le gyro. Intérêt est peut être ici un grand mot, mais force est de constater qu'on ne perd rien à l'utiliser. C'est bien surprenant. Je ne m'attendais donc pas en arriver à laisser le gyro dans ce cas précis !
Comme quoi on se fait des idées, car en effet on ne perd aucune sensation. Passer ainsi en "Alpina mode" est ici la meilleure des définitions. Un planeur plus petit prend des airs d'Alpina ! Que dire de mieux ? A part que c'est vraiment agréable. Moins agréable sera le retour en mode "gyro off" ! Outch ! Mais là ça dépend des planeurs, de vos réglages, de votre façon de piloter. Un planeur où l'avantage est très net, c'est le Heron MPX. Là où c'est le moins utile, bien entendu, sur un F3J, qui de toute façon enroule tout seul dans une grande stabilité. En fait, ça dépend aussi du planeur.

Zambezi en spirale près du sol
En plaine, mettre un gyro sur un F5J n’apportera rien, car déjà stable et conçu pour enrouler bas. Cependant, mettre un gyro sur un planeur « normal » pourra très bien apporter un intérêt non négligeable. Ca dépend des machines. Qui n’essaye rien, n’a rien…

Par tout petit temps, en pente

Si le profil de la pente permet un air fluide, alors le gyro ne sert à rien, bien entendu ; comme en air neutre, c'est évident.

Par contre si la portance est chaotique, genre je perds 1 m et je gagne 80 cm, que c'est plus que limite, alors il m'est arrivé d'enclencher le gyro pour voir, et qu'alors on passe sur un mode de vent genre maritime sur les dunes. Comme le gyro s'active ou se coupe à discrétion, il vous appartient de tester au cas par cas. Mais franchement, jamais je n'aurais cru ça possible. Je veux dire que le planeur n'agonise plus mais reconstitue sous gyro, ses marges de sécurité. Un peu magique quand même le truc.

C'est le moment de dire au casse-pied de service de lancer son planeur et que ça tient bien ! Vous aurez très vite la pente rien que pour vous ! (C'est de l'humour !)

NX3 Evo dans DG600 Tangent
Par contre, ce DG600 Tangent acheté d’occasion (ne nous demandez pas ce que c’est que ce tissu pourri!) bénéficie du gyro, afin de le rendre plus facile à lancer et poser en pente, mais prouvant également son agrément dans les pompes. On notera que le gyro est ici installé tête bêche ce qui au final est sans importance

Par vent fort en plaine
Une vidéo du Heron par vent fort, une journée où on serait mieux à bricoler à l'intérieur... mais le motoplaneur se défend très bien.
On voit bien le travail du gyro, réglé un peu trop sensible pour ces conditions (pas de réglages de gain à distance.

Là, c'est ma séquence délire ! Prenez une mousse, un Easy Glider par exemple. Mettez-lui des débattements de grand malade, un gyro et sortez au club par vent fort. 30/40 km/h pour fixer les idées. Encore un moyen d'avoir le site pour vous seul car vous serez l'unique fou à venir.

Et alors là, voler avec le gyro est un régal. Votre mousse se transforme en Extra 300 ! Il faut savoir piloter et avoir de bons réflexes, mais ce qu'on rigole ! Vol dos stationnaire à hauteur d'homme, tonneaux à facettes, stationnaire, huit paresseux, torque roll foireux, toucles (tonneau/boucle). Le tout assez souvent au moteur j'en conviens, mais pas seulement.
Bref une app spéciale coup de stress, post-engueulade, etc.

Ca vaut mieux qu'un Lexomil, ça devrait être remboursé par la sécu !

 Evo
Bien que vieillissant, le Heron de l’essai s’est vu offrir un nouveau gyro NX3 Evo, plus moderne, permettant maintenant de régler la sensibilité en vol, ce qui est utile par vent fort… et très sympa !

Lancer et atterro en pente

C'est bien entendu à cette utilisation que l'on pense en particulier. De fait, lancer seul son planeur, son PSS, son aile volante par vent soutenu est d'un confort vraiment très appréciable. Pour poser dans les rabattants aussi. Mais ne pas oublier que ce n'est pas le gyro qui va le faire chuter moins vite. Il y'a toujours le risque de se faire aplatir par terre, mais les ailes à plat ! Ainsi le Miraj qui est un F3F très neutre et très stable ne profite que peu du gyro en vol. Par contre pour lancer seul et poser quand ça turbule, alors là c'est royal. Le planeur est beaucoup plus facile à poser sans casse car on peut plus aisément se concentrer pour éviter les vilains cailloux ou arbustes mobiles sur la trajectoire, qui reste stable. Evitez un soleil au dernier moment est aussi bien agréable !

Pour aller plus loin

Pour les gyros qui le permettent, lorsque l'on peut régler le gain à distance, on peut diminuer encore son gain quand on touche une commande.
Donc d'avoir de nouveau le gyro pleinement efficace quand on relâche tout (astuce donnée par un lecteur sur son 5 m).
Dans ce dernier cas, il faut donc avoir des mixers avec différentes sorties, dont l'entrée sera le réglage du gain du gyro. On peut aussi passer par un mixer qui ne fonctionne qu'en dehors d'une zone morte du manche (existe par exemple chez Multiplex). On pourrait donc régler ça de façon à ce que gyro ne soit activé qu'autour du neutre du manche, et désactivé quand l'amplitude de l'ordre est plus importante. Ce sont des champs d'investigations possibles, à essayer selon le type de machine et le bénéfice escompté en fonction d'une utilisation particulière, mais sur les derniers gyros, c'est loin d'être nécessaire.

Un minimum de précautions à prendre

On l'a dit, il faut absolument pouvoir commander le gyro à distance, donc lui réserver une voie sur le RX et un inter 3 positions sur le TX.
Déjà pour en apprécier l'effet, pour le couper, surtout en cas défaillance. J'ai ainsi planté un avion car le gyro s'est décollé de son support au mauvais moment. Le temps de comprendre et c'était trop tard.
On placera bien entendu le gyro au plus près du centre de gravité, en veillant donc à ce qu'il soit bien fixé. Ne pas employer autre chose que la mousse autocollante très fine, fournie! Pas de pistolet à colle, de colliers ou de mousse épaisses. Contre les vibrations, plus c'est dur et rigide, mieux c'est.
Il faut aussi pouvoir accéder à certains gyro pour les réglages du gain.
Pour cela, la proximité du centre de gravité n'est pas une absolue nécessité et ça marche quand même 10 cm devant le centre de gravité. C'est mieux que de ne pas pouvoir atteindre les potards du gyro.

Un petit truc mémo-technique pour vérifier le bon sens de compensation des ailerons : quand vous baissez une aile (par ex à gauche), le premier mouvement de l'aileron (gauche) doit se baisser aussi par l'action du gyro. Ca peut aider à ne pas se retrouver avec une grosse surprise en
vol. Le mode « 3D » permet aussi de se faire une idée fiable des débattements, car les gouvernes restent braquées tant qu'on n'a pas remis l'avion dans sa position initiale. Donc on voit mieux si le gyro fonctionne bien ou pas.

Question de sensibilité

J'ai coutume de dire aux débutants que chaque action sur les manches est un coup de frein, qu'il vaut bien mieux laisser le planeur voler. De même, un centrage avant engendrera des effets secondaires permanents qui doivent être compensés en continu. Alors que si le planeur est fluide dans sa ligne de vol, il suffira d'un ordre très léger pour lui imprimer la bonne trajectoire. Et plus l'ordre sera anticipé, plus il pourra être de faible ampleur. Moins de coups de frein, plus de perfo. Retour à l'analogie automobile, si vous avez une voiture bien équilibrée que vous préparez bien, votre virage pour la placer sur la meilleure trajectoire, que vous n'arrivez pas trop vite ni trop lentement, vous allez pouvoir « enquiller » la courbe sans faire souffrir les pneus avec pour autant une très bonne vitesse de passage en courbe. Vous imaginez bien que l'ESP est loin de se déclencher dans ces conditions, car toute la voiture est parfaitement calée sur sa trajectoire. Tout cela avec une conduite très souple. Mais si en plus les suspensions se sont adaptées au virage et que le différentiel arrière a donné un peu plus de vitesse à la roue extérieure, vous comprenez que la voiture va passer un peu plus vite dans la courbe.
Le pilotage d'un planeur doit être celui-ci, et le gyro peut apporter ce surplus d'efficacité.
Mais si vous pilotez avec de grands coup de volant ou de manche, sans anticipation, que votre gyro est mal réglé (ou la suspension active qui « hésiterait » en déséquilibrant la voiture), vous allez obtenir un résultat proche de la trajectoire de la Ford T à Gaston Lagaffe !

Tout cela pour dire qu'il peut paraitre surprenant de prôner un pilotage minimaliste (mais très anticipé) et en même temps vanter le gyro, puisqu'il agit en permanence sur les commandes. N'y a t'il pas contradiction ?

Tout est question de réglages, et c'est là que c'est passionnant avec les gyros évolués car on peut agir sur différents paramètres, qui vont de corrections légères, au mode 3D complètement verrouillé, avec toutes les nuances intermédiaires.
Avec un gyro plus classique, on ne peut agir que sur la seule sensibilité, et pas toujours en vol. Car en fonction du type de modèles, des conditions et surtout de la vitesse de vol, il conviendrait d'adapter le paramétrage du gyro. Dans la pratique, ce n'est pas si grave, car en général on ne trouve un intéret au gyro que dans un certain domaine de vol. Quand ça ne va pas, on le coupe tout simplement. Car soit la sensibilité est faible et donc peu efficace à faible vitesse, soit la sensibilité est réglée plus élevée et le planeur « vibre » à haute vitesse. Ce n'est pas inintéressant car on peut soit se contenter d'une valeur moyenne, soit une valeur qui sera adapté à un type de vol le plus souvent rencontré, et le gyro sera coupé le reste du temps.

On aura compris qu'un gyro simple ira donc très bien pour un planeur peu exigeant, mais que l'on peut vite se trouver limité sur des machines un peu plus performantes.

Gyro bien utile dans le vent
Avion ou planeur, il est utile de pouvoir régler à distance le gain du gyro en fonction des conditions de vol

Réglages spécifiques de la radio avec un gyro

On a très souvent tendance à prendre une très mauvaise habitude avec une radio programmable, qui peut s'avérer rédhibitoire avec un gyro. En effet, on ne devrait jamais réduire énormément les courses sur la radio mais adapter les palonniers et les tringleries dans le modèle. Il ne sert en effet à rien d'avoir des bras de servos très longs, cela réduit la force du servo et diminue sa précision.
Plus la chape est placée près du centre du servo, mieux c'est. On peut ainsi utiliser la course totale du servo, avec un réglage des courses supérieur à 90%. C'est logique, mais bien souvent la facilité des radios programmable l'emporte.
Seulement voilà, avec un gyro, il est important de garder tous les réglages de courses à 100% à la radio, sous peine d'avoir de très mauvaises surprises comme une sorte de méga exponentiel inverse ! Pour diminuer les débattements, ne pas utiliser ceux de la course des servos mais utiliser le Dual Rate, et/ou la limitation de course des phases de vol (par exemple sur mon avion de voltige, j'ai une phase de vol « acro hard » avec 45° de débattements et une phase de vol « normal » avec des débattements conventionnels.

En résumé :
- toutes les courses à 100%
- puis on adapte les tringleries en fonction des besoins
- enfin seulement on peaufine avec les dual rate ou les phases de vol

Heron en "Alpina mode"
Bien réglé, on peut attendre d'un gyro sur un planeur un meilleur agrément de vol. Une sorte d'« Alpina mode ». Mal réglé, le pire n'est jamais certain ! Ici, le Heron qui se la joue « grande plume », un planeur qui tire grand avantage à avoir différentes phases de vol.

Le gain, réglable à distance ? Pour quoi ?

Sans parler de compétition, si l'on veut profiter pleinement de l'optimisation des perfo qu'offre un gyro, il s'agit en tout premier lieu de ne pas dégrader la finesse du planeur par des corrections trop importantes qu'imposerait le gyro. En effet, chaque action sur les gouvernes d'un planeur est l'équivalent d'un coup de frein. Donc c'est là qu'il s'agit de gérer ça finement !
Or il est bien évident qu'en fonction de la vitesse du planeur, les corrections du gyro ne devront pas avoir la même amplitude. De cette constatation, on peut décider d'opter pour plusieurs stratégies.
Soit on décide de ne faire fonctionner le gyro qu'à une certaine plage de vitesse, par exemple pour voler vite en mode voltige. Auquel cas, au lancé ou à l'atterro, le gain sera trop faible. Ou inversement. Le cas d'un planeur ayant une plage de vitesse relativement réduite est ainsi à envisager, comme pour un planeur en mousse par exemple. Alors nul nécessité de réglage de gain en vol.
Par contre, on comprendra qu'un planeur en fibre sera bien plus rapide et nécessitera des réglages spécifiques à chaque phase de vol. Sans quoi, il faudra couper le gyro lors d'un certain type de vol. Par exemple, en coupant le gyro en vol rapide, s'il est réglé pour compenser au mieux à basse vitesse dans les rabattants à l'atterro.

Réglage gain

Mode 3D AVCS
Sur certains gyro évolués, on peut régler le gain gouvernes par gouvernes bien entendu, mais aussi différemment mode par mode, ici en mode « normal » et en mode « 3D « . Le tout ajustable par le « master gain » qui est le potar ou mieux, le curseur de votre radio"

On voit donc que pour plus de polyvalence et profiter du gyro en toutes circonstances, on s'orientera naturellement vers un gain réglable en vol.
Tout dépend donc de l'usage que l'on veut en faire. Avoir un gyro juste pour décoller ou se poser en pente peut très bien être tout à fait suffisant…
Tant que l'on n'aura pas essayé la voltige ! Eh oui, on y prend vite goût, au point de se demander si on est encore capable de piloter quand on le coupe ! Comme par exemple sur le Dorado. Le planeur vole tellement sur des rails en pente, que ça fait drôle quand on coupe le gyro. C'est un autre type de vol, qui n'empêche pas, bien au contraire, de peaufiner ses figures et son cadrage.
Mais le Dorado est un planeur plutôt rapide, surtout ballasté, et donc il est quasi nécessaire de pouvoir régler le gain soit en vol, ou par des phases de vols avec le gain pré-défini.

Réglage du gain à distance, la solution des phases de vol

Bien entendu il faut donc que le gyro permette le réglage du gain par la radio mais c'est là que ça se complique un peu.
Résumons un peu l'ergonomie de la radio :
- les phases de vols nécessaires à un planeur à volets = 1 INTER 3P
(durée/ Normal/ Vitesse ou acro)
- Les modes du gyro = 1 Inter 3 P
- Le gain du gyro = 1 potard ou curseur
Ca commence à faire ! On est là pour voler, pas pour manipuler des inters à tout bout de champs ! Et encore cela suppose que vous aurez auparavant regroupé sous les phases de vols, tous les réglages
spécifiques, qui prennent en compte ou non les mixers (snap flap, ailerons > volets,…) les différentiels, les expos, la courbure bien évidement afin que votre planeur soit logique et homogène dans les modes « normal », « durée », « vitesse », etc. On part donc depuis un planeur déjà réglé, bien entendu.

On pourra alors regrouper la sensibilité du gyro sous chaque phase de vol afin que ce soit plus confortable. Bien entendu, avant cela, il aura été nécessaire d'en définir les pourcentages en vol. Au final, il n'y aura plus que l'inter d'activation du gyro à actionner et le gain sera automatiquement géré par la phase de vol concernée.
On pourra aussi définir une 4e phase de vol « Atterrissage », prioritaire sur toutes les autres, qui sera activée par le manche des AF avec un gain important au gyro pour garantir en pente la meilleure défense possible dans les rabattants. Je sais, tout cela parait bien compliqué mais il est important de se concentrer sur son pilotage et de ne pas s'emmêler les pinceaux avec un tas de trucs qui semblent logiques en atelier, mais qui, avec le nez en l'air, ne sont plus autant évidents.
Donc moins y'a d'inters à manipuler en vol, mieux c'est. D'accord ça demande de connaître sa radio et un peu de réflexion, mais c'est aussi ce qui est intéressant, d'améliorer et de peaufiner. C'est ça aussi l'esprit planeur.
Plus fin encore, on pourra aussi avoir le beurre et l'argent du beurre, selon les phases de vols : le gain peut très bien rester réglable via un curseur, ou bien demeurer figé sur des valeurs de gain fixes. Je pense ici à la phase de vol « SPEED » dont on pourra garder le contrôle du gain par le curseur, alors qu'en vol normal ou thermique, le gain du gyro pourra être figé.
En résumé, la sensibilité du gyro pourra être pré-réglée pour 4 phases de vols différentes et ainsi s'adapter automatiquement aux différents cas de figure. De cette façon il n'y a plus que l'inter 3P de commande de gyro à activer, soit en définitive la fonction « ON » /« OFF », le reste s'effectuant via les phases de vol.
De manière générale sur mes planeurs, le fait de sortir les AF passe la sensibilité du gyro à 100%, comme cela je n'ai pas à me demander si mon curseur de gain est bien placé ou pas.

Attention au mode 3D !

Comme dit au début, ce mode est peut être valable en avion pour faire du torque roll en répondant au téléphone, mais pour un planeur, ce mode est quasi incompatible.
Son seul intérêt et c'est comme ça que je l'utilise, c'est pour se déplacer en quittant le planeur des yeux, en pente. Cela permet de retrouver le planeur à peu près au même endroit. Du moins en théorie.
En fait, ce mode 3D n'appartient plus au pilotage. Le planeur devient alors une sorte de mélange de drone et de pavé de charolais. On ne pilote plus, on dirige une inclinaison. La machine est dès lors verrouillée. Insensible à tout, y compris aux vaches qui se rapproche à la vitesse grand V ! Mais correctement réglé, ça permet de garder quelques secondes le planeur face au vent. Le temps de regarder où l'on met les pieds, quand on doit se déplacer pour poser le planeur en un lieu différent de celui de départ, ce qui est courant en vol de pente.

Plutôt que de trébucher tant bien que mal en reculant dans les cailloux, je me sers donc de ce mode pour verrouiller le planeur face au vent, pendant que je lui tourne le dos et marcher quelques secondes sans encombre dans la garrigue.
Cependant en mode 3D, il ne faut surtout pas programmer quelques compensations que ce soit quand ce mode est activé. L'exemple type est la compensation AF > prof, qui n'est donc pas supporté en mode 3D (si vous garder ce mixage en mode 3D le modèle va partir en looping inversé). Pour pallier à cela, l'inter qui correspond au passage en mode 3D sur ma radio, sert également à couper le mixer de la compensation AF > prof. Comme cela si le mode 3D est activé par mégarde, le planeur ne fera par un poireau en sortant les AF. Eh oui le mode 3D n'est plus du pilotage, et la compensation AF vers profondeur, il la fera tout seul, puisque, quoi qu'il arrive, le planeur est verrouillé sur tous ses axes (rien que d'écrire ça, ça fait mal !) Au final, ce mode représente beaucoup de contraintes pour nous, planeuristes, et n'est quasi d'aucun intérêt. En tout cas, à manier avec circonspection. (Noter que tout ceci n'est valable QUE pour le mode 3D ou apparentés).
Par contre le mode 3D à un autre intérêt, c'est pour les réglages, car il permet de voir mieux qu'un autre mode si le gyro agit sur les commandes dans le bon sens. Car si par exemple vous dirigez le nez du modèle vers vos pieds, le gyro va fortement cabrer et ce, jusqu'à ce que vous remettiez le modèle en ligne de vol. C'est bien pratique, et plus lisible qu'en mode 2D.

Le mode « Emergency »

Un jour de délire, j'ai voulu tester sur un Solius le mode sauvegarde pour les débutants. Il s'agit de remettre automatiquement la machine à plat. Avec un avion, au moteur, ça doit marcher, mais sur un planeur, après un temps certain, il se remet en effet à plat, mais pour entamer une succession d'abattée, moyennement rassurante. A la limite, je préfèrerais le mode torque roll automatique couplé par un mixage avec le moteur à fond, si bien entendu, le moteur est suffisant pour monter à la verticale, ce qui est souvent le cas sur les planeurs en mousse. Ainsi le planeur reprendrait automatiquement de l'altitude. Notez que les A3 autorisent justement le torque roll depuis n'importe quelle position du modèle : appuyez sur le bouton et l'avion se met seul nez vers le ciel, restant plus qu'à gérer le moteur.

Le problème de la mémorisation des trims

Donc le problème du mode 3D, en plus de nécessiter la coupure de tout mixage, est d'être allergique, pour la même raison aux modifications de trim. Pourquoi ?
Si vous avez un mixage ou un trim, le gyro va interpréter cela comme un ordre de votre part pour aller dans une direction !

C'est très con un gyro : si il détecte 2 crans de trims à piquer qui n'ont pas été mémorisés, pour lui ça veut dire que vous voulez aller vers le bas, et cela de façon indéfinie puisque l'ordre dure (forcément, c'est un trim, mais lui ne le sait pas). C'est pour cela qu'il faut mémoriser les trims à chaque changement de ceux-ci, même d'un seul cran !

Le mode 3D nécessite donc sur certains gyros la mémorisation des trims, par une procédure que l'on peut faire parfois en vol. Sans ça, le mode 3D risque de se transformer en mode "poubelle" en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire. (Les commandes vont partir en butées). La mémorisation des trims n'intervient pas en mode 2D « lisseur de vent », le mode que l'on utilise en planeur.

Impossible de régler les trims d'ailerons
Le Salto MCM avec ses seulement 2 servos dans les ailes (plus simple à régler), son décollage vertical, est un bon candidat pour le Wingstabi. Daniel Larson en train de chercher pourquoi on n'a pas de trim d'ailerons sur le Salto. Après pas mal de prises de tête, j'ai... dévissé d'un tour une chape d'aileron pour que le planeur vole droit !
C'est un mystère. Sur le Dorado, ça fonctionne bien, là on ne trouve pas. Un reset dites-vous ? Quand on a passé 2 soirées complètes à deux sur le PC pour programmer le truc, on a vraiment pas envie de reprendre à zéro… L'option serait plutôt de démonter le m….dier en fait !

Les servos et la batterie

Il est bien évident que les servos sont bien d'avantage sollicités avec un gyro. On n'est pas obligé non plus de l'activé tout le temps, mais il est quand même recommandé d'office de mettre des servos de qualité. Ce n'est pas politiquement correct mais on ne me fera pas mettre autre choses que du Graupner, Hyperion, Futaba, MKS, certains KST, dans mes planeurs, sauf exception. En tout état de cause, il faut des servos précis, qui tiennent le coup, donc plutôt pignons métal, numériques.
L'avantage des Hyperion, c'est qu'ils sont programmables pour, entre autre, augmenter le débattement, si utile pour les crocos. L'autre atout de ses servos, c'est que même ceux dit en "voltage normal" supportent le 6,6 V, ce qui permet de brancher un accu LiFePo4 en direct. Soit une fiabilité maximum. Voir l'article qui leur est consacré. A propos des batteries, bien entendu, un gyro fait consommer d'avantage, mais comme les batteries sont en général surdimensionnées, on est toujours plus que large, en autonomie. Par contre, gyro ou pas, attention aux U-Bec avec les servos numériques car ils sont rarement calibrés comme annoncés.
Grosse frayeur sur un Carbon Z Cub avec un U-Bec de 5 Ah qui ne suivait même pas au sol avec un simple coup d'ailerons. Avec le gyro, je ne vous dis pas.

Un U-Bec séparé sur un motoplaneur est donc la solution sécurité, mais là aussi il doit être surdimensionné. J'utilise en général un régulateur Yep 20 Ah, il n'est pas plus cher, le voltage se règle finement et on est tranquille, avec un câblage sérieux qui plus est.
En BEC intégré au contrôleur, le bon rapport qualité prix, c'est le Castel Creation Talon 90 Ah. Ou bien les YEP 90 et 120. Là aussi on a de la puissance pour alimenter les servos.

En ajoutant un gyro apparait un autre problème, c'est qu'entre le récepteur et le gyro, toute l'alimentation en courant passe par un seul câble. Celui fourni est souvent faible en section pour passer les forts appels de courant. Il sera préférable de changer ce câble par du fil de section plus importante, du 0,50mm² est plus adapté.
Ce problème est d'autant plus grave que si l'appel en courant est trop fort, la tension va donc baisser et le gyro risque de s'arrêter de fonctionner ou faire un Reset. Pour palier un tant soit peu ce problème, certains fabricants livrent un condensateur à brancher sur une voie libre. Un condensateur est une sorte de batterie tampon de très courte durée, dont le rôle sera d'écrêter les pics de courant. C'est mieux que rien et ce condensateur doit absolument être utilisé (peu importe le type).
Mais l'idéal, c'est bien entendu le récepteur incluant le gyro, ou le gyro incluant des prises de puissances afin de permettre l'alimentation par des câbles de grosses sections en direct et non plus via le RX.
Pour les gros modèles c'est la voie indispensable à suivre.

Attention au voltage

On parle de capacité de batterie avec un gyro, d'intensité et d'accu Lixx. Si vous êtes en train de lire ces lignes, j'ose espérer que vous avez lu celles concernant les nouvelles batteries LiFePo4 et LiIon et que vous avez jeté TOUS vos accus Ni-MH ! En effet, continuer de les utiliser est quasiment de la mise en danger d'autrui avec préméditation ! Je ne plaisante même pas.
Bref, un Ni-MH en 5 éléments, ou un Lixx, vous sort un voltage incompatible avec pas mal de gyro ! Peu d'entre eux en effet acceptent de dépasser les 6 V, c'est un peu la tuile ça. Si vous volez en électrique avec le Bec ou un U-Bec, pas de problème, mais en planeur pur, ça pose un problème. On peut bien entendu installer un U-Bec pour réduire le voltage, ce que beaucoup auront d'ailleurs fait pour moderniser leurs anciennes installations. Mais voilà, je me suis moi-même retrouvé dans la situation avec mon B4 d'une installation tout en servos Hyperion avec un LiFePo4 branché en direct, sans même un inter.
Simple, pratique et fiable. Qui dit LiFePo4 dit 6,6 V et un Multi gyro G3 MPX direct à la poubelle car sa plage est de 5 à 6 V. Je n'ai pas capté de suite l'origine du problème et j'ai mis à sa place un NX3 Evo, qui marche très bien. Oui mais sa plage est la même. Il est visiblement plus tolérant mais quand j'ai compris l'origine du problème pour le premier gyro, j'ai vite démonté le second et recherché un gyro supportant le HV. Il y en a, heureusement.

Les récepteurs avec gyros intégrés

Du point de vue sécurité et facilité d'installation, c'est bien entendu d'un grand intérêt. Un paquet de fils en moins et surtout les servos alimentés directement. J'ai eu l'occasion d'avoir un modèle Graupner à régler sur un terrain, c'est vrai qu'en ajoutant le réglage depuis l'émetteur, c'est bien pratique. Par forcément super intuitif puisqu'on est venu me chercher pour ça. Je m'en suis tenu aux réglages de bases sur un modèle simple. Régler son gyro depuis sa radio me semble quand même la meilleure solution, sans avoir à connecter dans le modèle, qui un programmateur, qui une tablette, qui un PC ! Tout cela demande encore à évoluer.

Cahier des charges pour ne pas se tromper de gyro

Avec tout ce que nous avons vu plus haut, nous voici en mesure de déterminer les besoins, à savoir
- Nécessairement, on doit pouvoir le couper ou l'activer en vol : 1 voie.
- Presque obligatoirement, si on veut ne serait-ce que relever les ailerons en tant qu'AF, il doit y avoir 2 entrés et deux sorties « ailerons ».
- On doit pouvoir régler le gain par radio dès qu'une machine est capable de certains écarts de vitesse.
- Autant que possible, si ce réglage peut se faire par un canal séparé, c'est mieux, ce qui fait 2 voies rien pour le gyro (1 voie pour changer de mode, + 1 voie pour régler le gain)
- Pour les gyro les plus évolués, privilégier ceux qui se règlent via un programmateur, c'est quand même plus pratique sur la pente !
- Sur votre radio, vous devez pouvoir couper le gyro sans hésitation. Un inter bout de manche est une bonne idée pour ceux qui volent en pupitre.

Mirage sans assistance

Le Miraj au lancé par vent fort, sans le gyro (ci-dessus) : le planeur part de suite de travers, petite frayeur.
Avec gyro (ci-dessous), le planeur part droit, on a tout le temps de reprendre les commandes.
Miraj avec assistance
Bien entendu, au lancé au pente, l’utilisation d’un gyro est impressionnante. Dans ces conditions, comme au posé dans les rabattants, on entend bien les servos se battrent pour stabiliser la machine.

Et les débutants ?

La question du gyro pour un débutant n'est pas si facile à trancher.
Tout d'abord parce qu'il est question ici de planeurs. Et l'on peut considérer que pour bien gérer un gyro, il faut déjà être capable de bien régler le planeur. Encore une fois, il ne peut pas être question ici du mode 3D qui verrouille la machine, c'est bien pour le vol tranche et le torque roll en… avion. Le mode 2D, lui, ne facilite en rien le débutant, en dehors de le sécuriser un peu, il est vrai, au lancé et à l'atterro en pente (j'ai dit « un peu », ce n'est pas un auto-pilote).
En considérant la complication de l'installation, le risque de se tromper de sens de compensation, le fait que ça fait encore une commande de plus, il ne me parait pas sage de conseiller le gyro à un planeuriste newby. Le simu et les heures de vols sont les meilleurs moyens de vraiment progresser, sinon autant acheter un drone et faire de la photo avec. Ce qui est intéressant en planeur c'est le côté cérébral du vol, ça s'apprend avec le temps. Un gyro mal réglé vous transforme un planeur en avion, ou en drone donc. Ce n'est donc pas une bonne idée.
Apprenant à ma compagne à piloter en double commande, je me suis justement un jour posé la question d'équiper sa mousse d'un gyro, « utile » en air perturbé. En fait j'aurais été très content de l'avoir pour moi, ce jour-là, le gyro (!), pour pouvoir encore mieux exploiter les petits ressauts, mais pour mon élève, il est plus important de savoir anticiper et corriger. Donc surtout pas de gyro pour l'instant.

Donc Gyro mal réglé + planeur mal réglé + pilote très perfectible = Rien de bon !

Sérieusement, il faut vraiment savoir centrer son planeur, ce qui ne veut pas dire respecter le centrage du plan. (Voir l'article sur le Zambezi à ce sujet).

Mini Carbonara sur le dos
Avant d'installer un gyro sur un planeur, il faut déjà avoir les compétences pour parfaitement le régler en tant que planeur pur. Si votre planeur vole mal sans gyro, il volera encore moins bien avec gyro ! Ici le mini Carbonara de l’auteur qui n’a pas besoin de gyro pour (très) bien voler, mais dont la recherche du bon centre de gravité est encore en cours. C’est un préalable indispensable.

Deux mots sur les fonctions « sauvegarde » ou « emergency » proposées par certains gyros, qui pourraient apparaitre à certains comme une solution pour apprendre tout seul. C'est une façon de déplacer le problème, rien de plus. Déjà cela sous-entend que planeur et gyro soient bien réglés, ce qu'un débutant ne peut faire seul. Ensuite, ça va tellement vite de mettre un modèle par terre qu'il n'est pas dit que la fonction de sauvegarde soit mise en route à temps. Ca n'évitera pas les arbres, dont la seule idée est de croiser la route du planeur, etc. Non, il y a une méthode éprouvée et tellement plus sympa, c'est de progresser dans l'espace d'un club, avec des copains, une double commande et un simulateur pour se perfectionner.
Si vraiment vous êtes tout seul, prenez plutôt un modèle facile qui vole de lui-même sans gyro. L'Easystar de MPX et parfait pour ça (après pas mal de simu). En étant aidé ou comme second modèle, l'Easy Glider s'impose. C'est un excellent modèle pour débutant comme initié. Puis comme planeur pour évoluer, un Heron + gyro sera un excellent choix.
Evitez d'aller ailleurs que chez MPX pour les modèles en mousse, ce sont les meilleurs et de loin. En respectant scrupuleusement la notice, on est certain d'avoir de suite une bonne machine. Comme tout le monde je suis aussi allé voir ailleurs, et en fait y'a pas, en Allemagne, ce ne sont pas des modélistes de comptoir, ils savent ce qu'ils font.
Pour finir, en comparant nos impressions avec Daniel Larson, nous sommes tombés d'accord que le principe des gyros rajoutés comme ceux décrits dans ces lignes ne sont pas adaptés au débutants. Ils compliquent de façon très significative les réglages et n'apportent rien au débutant qui doit d'abord apprendre à piloter. Pour ne pas être un gadget plutôt source d'ennui, ces matériels sont à réserver actuellement à des modélistes chevronnés, capables de détecter de petites anomalies de réglages, qui au sol peuvent passer inaperçues, mais se révéler catastrophiques en vol.

Il ne sera question ici que du matériel que j'ai moi-même testé, donc seulement de ce que je connais. Depuis l'article sur le Heron, le matos a évolué et on peut considérer le petit gyro MPX de l'essai, dépassé. Le NX3 présenté alors comme challenger est déjà mieux, mais on ne peut toujours pas régler la sensibilité en vol.

Pilatus B4 en rase-motte
Les planeurs de voltige comme ce B4 Simprop, ou bien le Dorado, prennent une autre dimension en pente avec un gyro, car les grandes figures se désaxent beaucoup moins. C'est vraiment très sympa.

Hobby Eagle A3

 
J'ai eu l'occasion de tester sur un avion 3D en mousse ce gyro. Il offre le réglage du gain à distance, mais c'est typiquement le gyro dédié aux avions car il n'y a qu'une seule entrée pour les ailerons, obligeant à mettre un cordon en Y. Adieu, flaps, volets et butterfly ! Sinon, il propose avec un inter à 3 positions, le mode 2D / 3D / Torque roll.
Cette dernière fonction étant assez marrante, car depuis un vol horizontal, l'avion se met seul en stationnaire, pour peu qu'il y est assez de moteur.
Ce modèle ou la version « L » ne sont donc pas appropriés au planeur.
 Hobby Eagle
 

A3 contre le fuselage Voltigeur 3D en mousse
L'avantage du gyro basique, c'est que son usage est plus simple, et déjà ce n'est pas si facile à régler ! Ainsi les versions avec potentiomètres sont suffisantes dans bien des cas, en tout cas pour se former au principe avec un modèle simple. Ce qui est hautement recommandé.

N3X Pro de A2pro ou NX3 Evo

 

Installé dans un Pilatus B4 de 3 m dédié à la pente. Cahier des charges du planeur : recherche d'une machine tout temps, pas trop grand, pas trop petit, exclusivement pour le vol de pente. Pas de croco qui font cerf-volant, mais des AF à lames surdimensionnés, ailerons agrandis, le but avoué ici est de poser le planeur dans les rabattants, sur des pentes pas forcément accueillantes. On devine là que le gyro 3 axes est un bon outil pour poser avec précisions dans de mauvaises conditions.

(Par la suite, le Eagle A3 Super 2 est venu en remplacement sur ce B4 car le voltage de la réception est supérieure à 6V.)
De fait, on peut être beaucoup plus serein et plus « intrépide » pour voler dans de mauvaises conditions (on n'est pas là pour se stresser non plus,) et savoir que l'on a toutes les cartes pour poser permet de voler sans trop se stresser. Le lancer est bien entendu sécurisé en solo. Très confortable, on a le temps de reprendre la radio bien en main.

 Evo Turbine RC
Le gyro NX3 Evo est dispo chez Turbine RC

 
Pro X3 dans un fuselage de B4
Le Pro X3 commercialisé par A2Pro, installé dans le fuselage d'un Pilatus B4.

Ces gyros sont presque trop bien pour cette configuration de planeur (sans croco), mais ils offrent beaucoup de possibilités. En effet, ces modèles disposent de deux entrées et de deux sorties pour les ailerons, ce qui permet toutes les config croco, snap-flap, phases de vol, différentiel, etc. en toute transparence. D'un point de vue aérodynamique, rien ne change dans la programmation de la radio. Ca, c'est vraiment super. On peut tout faire comme avant. La notice en français est plutôt claire et il convient de bien la lire, même pour les gyro-addict. Il y a en effet pas mal de possibilités et c'est presque là où le bât blesse, il faut de bonnes compétences pour bien l'utiliser.

Dans ce contexte, les deux modes « débutants » me laissent un peu perplexe, à moins bien entendu de se faire aider par une personne à l'aise avec le concept. Mais encore une fois, ces modes débutants sont pour les avions et ce n'est pas le sujet ici.
Il y a donc 5 modes différents! (je n'en ai testé que deux), groupés deux par deux +1. Il faut choisir entre les niveaux « Débutants / Entraînement » ou « Evolué / Expert ». Plus le mode « Sauvetage ».
Le premier groupe limite carrément les possibilités d'évolutions.

Inutile de dire que pour le planeur, ce n'est pas le bon plan ! N'ayant pas envie de transformer mon beau B4 en enclume, j'avoue botter en touche sur le sujet. Comme le mode « sauvegarde » qui remettrait la machine à plat et qui nécessite encore une autre voie. Il faudrait tester sur un avion, mais moi je suis planeuriste, alors (et j'estime que ça déplace le problème pour les débutants…)
Le mode évolué/expert est donc sélectionné. Bon, le mode « évolué », c'est le mode 3D classique, celui qui « tue » le planeur, mais qui est pratique pour marcher pendant que le planeur est « fixé » face au vent.
Reste le mode « expert », qui est le bon et qui fait son travail de « fluidifiant de vent ». Le seul utilisable en planeur donc. Via un inter 3P de la radio, on peut donc passer du mode « évolué » (mdr !) au mode « expert » avec en position intermédiaire la nécessaire coupure du gyro.
Mais vient ensuite la possibilité de régler le gain via la radio, en plus des potars sur le boitier du gyro. Ca c'est bien… pour les « experts » effectivement car entre les réglages de sensibilités sur le gyro lui-même et ceux de la radio, il faut savoir un peu où aller.
D'ailleurs, mal réglé, le gyro perd la boule et fonctionne 5 secondes avant de passer la main et d'enclencher le mode « sans gyro ». Houla ! C'est quoi ça ? J'ai même cru que le bidule allait partir en classement vertical. Mais non, réglé trop sensible, il ne supporte alors pas d'être trop chahuté (dans la main) ! On doit dépasser les paramètres. Installé dans le modèle en revanche, tout va bien.
L'autre difficulté de ce double réglage de sensibilité, (pas nécessaire mais ce serait dommage de s'en passer) c'est que ce « master gain » n'est pas sur une voie indépendante. C'est la même voie qui sert à changer de mode et à régler la sensibilité. D'où la quasi nécessité d'utiliser un curseur linéaire pour cette fonction, car si on passe par un inter 3P, on se privera de la possibilité de régler le gain à distance.
Pour revenir à notre gyro, dans ce dernier cadre, les potards du gyros sont réglés plutôt sensibles (25% pour la prof, 40% les autres axes) et le gain sur la radio est réglé à 100% au départ, que l'on peut réduire en vol par la suite.
Le gros intérêt de la formule est que l'on peut adapter en vol le gain, qui n'est pas le même selon que l'on vole vite ou pas.
Ensuite avec un peu d'habitude, une fois repérés les pourcentages qui vont bien dans telles et telles conditions de vol, rien n'empêche de créer dans la radio un mixage pour que les valeurs définies en vol, passent par l'inter de phase de vol. On peut ainsi penser à un gain plus important pour le vol thermique où l'on vole lentement, un réglage pour la config « atterrissage » et un autre pour la phase de vol « speed » ou « acro ». Comme vous le voyez, le champ d'expérimentation est large.
Comme toujours, surtout veillez bien à toujours avoir accessible la commande du gyro. Question de confort car on le manipule beaucoup, et question de sécurité aussi.

Pilatus B4 sur la crête
Lancer seul et poser sur une pente inconnue est d’un grand confort avec un gyro. Après, on le coupe ou pas, c’est selon.

En vol de pente, le Pilatus B4 de 3 m voltige extrêmement bien avec ce gyro, les très grandes boucles vent de travers sont un régal, ça vole bien axé. Bref, ça donne une autre dimension au planeur qui vole comme en air stable et comme si il était plus grand. Et bien entendu les lancers et atterros en pente sont bien plus confortables. Comme avec tous les gyros de ce test, il est vraiment utile d'adapter la sensibilité en vol. Gain à fond pour poser/lancer, réduit en voltige et vol rapide, et « OFF » aussi pour voir de temps de temps comment ça se passe.
En définitive ce gyro est un bon choix avec un planeur ayant une plage de vitesse normale. S'il y a trop de différence de vitesse, il faudra régler le gain en vol, et comme il n'y a pas une voie spécialement dédiée à cela sur ce gyro, il faudra d'avantage maitriser les subtilités de sa radio pour faire varier le gain avec la même commande qui sert à l'activer/ désactiver. Il y a beaucoup de possibilités et il faut un peu d'expérience pour l'utiliser à son potentiel.

La mémorisation des trims se fait « à l'ancienne", en faisant faire quelques A/R à l'inter (ou potar) attribué au gyro sur la radio.
Notez qu'il ne fonctionne pas au-delà de 6 Volts, c'est donc le gyro parfait pour un planeur électrique car le BEC alimentera la radio en moins de 6V. Pour ma part, il va aussi remplacer l'ancien gyro dans le Heron, enfin, si j'ai le temps ! Je le conseillerais pour un planeur en mousse dont les écarts de vitesse ne sont pas faramineux car on pourra se passer du réglage du gain en vol, ou bien sur un planeur où l'on n'a pas 2 voies à affecter pour le gyro.
Nota : on trouve maintenant aussi ce modèle en Chine, je l'ai testé, il va aussi bien.

Le gyro Turnigy est une copie du NX3 installé ici dans un Solius, placé sous le récepteur, la batterie se trouvant déjà au niveau du centre de gravité.

A3 Super II Hobby Eagle : le chainon manquant

 

Disponible chez Turbine RC, il offre tout ce qui manque aux autres gyro pour être complets. Avec le programmateur, c'est un très bon choix pour faire voler autre chose qu'une mousse (ou un modèle basique).
D'un point de vue pratique, il peut être placé dans diverses positions, il supporte le HV (haut voltage), il n'a pas de potards sur sa face (tout se fait par programmation) et il offre le(s) réglage(s) du gain sur une voie séparée.
Il propose de nombreuses possibilités pour les avions et les débutants en avion, mais ce n'est pas ici le sujet. Pour nous, si le "Super II » inclus 6 modes différents, un ou deux sont plus adaptés à nos besoins. Dans le sens où un de ces modes ne demande pas de mémorisation de trim, ce qui est un gros avantage.

En fait ce mode 3D AVCS, garde le modèle dans la position où on l'a laissé. Pour marcher quelques secondes en quittant le modèle des yeux c'est parfait, puisqu'il suffit alors de placer le modèle bien face au vent, pour qu'il y reste ensuite… au moins quelques secondes.

A3 Super II
 

Il y a aussi un mode librement attribuable, où chaque axe peut recevoir un mode de gyro différent. Par exemple verrouiller les ailerons en mode 3D et laisser la profondeur en mode 2D, lors d'une phase d'atterrissage pourrait-on imaginer, voire carrément couper le gyro juste sur un axe.
Encore des champs d'exploration possible ! Ceci étant, comme pour tous les autres, ce sera le mode normal, dit 2D, qui nous intéresse en planeur, les autres modes étant superfétatoires voir inadaptés à notre pratique.
Programmable lui aussi sur PC, il peut avantageusement se régler par un petit boîtier, infiniment plus pratique pour les allergiques de windaube.
Son principal défaut est le câblage qui n'alimente les servos que par un seul fil rouge et un seul fil noir. Pour éviter les trop fortes baisses de tension qui pourraient résulter de la section trop faible des fils, et mettre à mal le gyro, Hobby Eagle a maintenant ajouté un condensateur, à brancher sur une prise libre. C'est mieux que rien. On va dire que ça limite les risques, surtout en planeur, où la conso des servos n'est pas si élevée qu'en avion. Donnée pour une plage d'utilisation entre 4,8V et 8,4 V, on fera donc attention à ne pas l'alimenter en 4 éléments Ni-MH, car si la tension baisse de trop, le gyro se bloquera en mode « fatal".
Un U-Bec ou mieux, une alimentation de la réception en Lixx sera donc parfaite pour ce gyro.

A3 Super II Hobby Eagle Paramétrage
Un petit câble USB vient se brancher sur l'avant du gyro, pour soit le brancher au PC, soit le connecter au boîtier de programmation.

Les possibilités de réglages sont très variées et souvent il sera plus judicieux de le laisser dans la configuration usine ! Les fins de courses des servos sont aussi réglables depuis le gyro, mais je considère qu'il convient de laisser ça à 100%, puisque de toutes façons tous les réglages radio demeurent actifs, courses, expo, dual rate…
Beaucoup de réglages concernent en fait les modes que l'on n'utilisera pas en planeur, où le gyro est utilisable en fait, tel quel. Le programmateur étant bien entendu encore nécessaire pour les réglages des bases, sensibilité, inversions, etc. La mémorisation des trims n'est plus possible en vol sur le dernier firmware, le mode 3D AVCS n'étant pas concerné par cette fonction. Et ça c'est d'un intérêt majeur.
Toutes les configurations de modèles sont possibles bien entendu, 2 ailerons, aile volante, stab en V, 2 servos de prof. Il y aura quelques réglages d'usine à vérifier ou à revoir, comme « Stick deadband » soit la zone d'imprécision autour du neutre réglée à 5% d'usine et à remettre à 0%. Peut-être utile à ceux qui «  glaglattent » sur leur manche, ce qui permettrait au gyro de ne pas tenir compte de ces tremblements de manche. Quoi qu'il en soit, à 5%, une légère pression sur le manche n'est pas transmise au servo, même en mode gyro « OFF ». Le « Stick mode » sera réglé sur « manual », sinon les débattements ne seront pas les mêmes en fonction du mode du gyro… D'où l'intérêt de tout vérifier méticuleusement.

Led rouge Led violette Led bleue
La couleur de Leds détermine l’état du mode de vol.

A l'usage, il est intéressant de placer sur l'inter 3P, d'un côté la classique position normale (ou « 2D »), le mode gyro OFF au milieu, et de l'autre côté, la position librement attribuable pour faire les essais que l'on voudra, comme par exemple le contrôle du gyro sur un unique axe. Non testé, et à la place de ces modes, pour le débutant on pourrait placer le mode de récupération automatique du modèle. Soit un peu comme si le maitre récupérait l'avion en double commande pour remettre l'avion à plat… Mais cela ne remplacera jamais un moniteur, dont on aura besoin des compétences pour régler le modèle, régler le gyro, etc. Bref, je suis contre le principe.
Ce que j'apprécie aussi sur ce gyro, c'est que l'on peut mettre n'importe quel mode sur n'importe quelle position de l'inter 3D, en plus donc de la position « libre » où l'on peut faire les essais que l'on veut sur les axes que l'on veut.

L'A3 Super II à l'usage
Comme avec tous gyros, il est vraiment mieux de faire voler le modèle sans que le gyro ne soit physiquement branché dans le modèle, et de régler le planeur. Cette mémoire de modèle vous servira de référence. Ensuite avec le gyro branché dans le modèle, vous allez attribuer une nouvelle mémoire vierge. J'insiste. Ne faites pas mon erreur de copier la mémoire, même en supprimant les mixages. Non, une mémoire neuve avec tous les réglages servos à 100% est nécessaire. Si je vous dis ça, c'est que si par exemple vous avez réduit la course de votre servo de profondeur à 50%, ce qui arrive souvent, tout ira bien donc en mode gyro OFF, mais en mode gyro « normal » vous allez avoir de très mauvaises surprises. Bref, en atelier, le modèle était visiblement impilotable car les courses de servos étaient monstrueuses avec le gyro activé. Inutile de régler les courses dans la programmation du gyro, c'est différemment pire! Le dual rate à 50% activé par le mode gyro « normal » fonctionne bien, mais cela ne règle pas le problème de la compensation des AF à la prof, qui était de 50% différente selon si le gyro était activé ou pas ! Je m'en suis sorti, entre autre, en mettant 50% de débattement sur toutes les phases de vols. Après il faut bien vérifier que tous les mixages, toutes les phases de vols, soient rigoureusement identiques en toutes occasions. Pour être honnête, j'ai failli laisser tomber l'affaire. Encore une fois, pour qu'un débutant soit capable de bien régler tout ça… Pour ma part, beaucoup de mes déconvenues sur ce gyro ont été dues au fait que j'ai acheté le Miraj d'occasion et que les palonniers de servos sont mal utilisés, nécessitant de réduire la course de 50 % à la radio. Je n'ai pas eu ce problème sur les modèles montés par moi-même car quand réduction de course est nécessaire, c'est sur le palonnier du servo que je le fais, et non pas sur la radio. Là encore, utiliser toute la course du servo est bien plus mécanique que de la réduire électroniquement.
Côté gain, je me suis donc accordé un réglage de sensibilité sur le curseur central de ma radio, plus une augmentation du gain gérée par le manche des AF. Réglé de façon à ce que le gain ne change pas sur la 1re partie de la course du manche. Ainsi pour poser en pente, il y a le maximum de défense.

Un mixer a été créé et nommé « GainGYRO », avec deux entrées, le curseur central d'un côté, et le manche des AF de l'autre.

En vol classique, le gain se règle par le curseur central, et pour poser, les crocos augmentent progressivement le gain (on peut encore le réduire via le curseur central mais dans la pratique, ce n'est pas utile car on a juste besoin du plus grand gain pour poser en pente).

Mixage Gain Gyro
Attribution servos   Mixage différentiel

Installé sur un F3F, (Miraj d'Aeromod) lequel est susceptible de voler par vent fort en pente, l'A3 Super II remplit parfaitement sa mission.

Miraj
Ce Miraj, F3F mais aussi excellent planeur polyvalent, se lance bien plus facilement seul à la pente par vent fort. Quant à l’atterro dans les rouleaux, cela apporte un confort et une sécurité indéniable.

Pour lancer et poser c'est vraiment confortable. Au bord de la falaise, le poignet tenant le Miraj peut rester relativement souple, les servos s'agitent dans tous les sens, c'est impressionnant, mais dès qu'on ouvre la main le planeur vole droit et les servos se calment. Ensuite il conviendra de baisser le gain, voire de le couper, ça dépend des conditions et du planeur. Il est en tout cas agréable de pouvoir réactiver le gyro du bout de l'index si le besoin où l'envie se fait sentir. Il y a des vols où je n'utilise pas le gyro, d'autres où je l'utilise 100% du temps. Souvent je regarde ce que cela donne avec et sans. Si je trouve que c'est mieux sans ou que c'est mieux avec, savez-vous ce que je fais ? Eh bien comme j'ai envie ! lol ! Boutade mis à part, c'est cool de pouvoir activer ou pas le gyro et de régler son gain en vol. Il y a des fois, cela apporte un grand plus, des fois, rien. Je trouve ça très agréable et j'aime bien, puisque mes planeurs de pente se voient progressivement équipés de gyro. En posant le Miraj dans la garrigue et dans les rabattants, on peut ainsi se concentrer sur la trajectoire et éviter les cailloux. Le travail du gyro y est parfois impressionnant.

Ce modèle de gyro vient aussi d'être installé le Miss Wind 50 de Sebart, un biplan de voltige académique, ne parvenant pas à paramétrer le Wingstabi sur Mac.
Testé dès le 1er vol du biplan, ce gyro fonctionne aussi parfaitement bien en mode « 2D ». Dans chaque mode, on peut régler la sensibilité de chaque axe. Aussi, de retour à la maison, j'ai pu diminuer le gain de la profondeur, qui avait tendance à osciller légèrement en vol, à la différence des autres axes (en vol, je m'étais contenté de réduire le gain général).
Miss Wind Sebart
A3 Super II et Miss Wind  
Un avion comme ce Miss Wind est un multi léger, agréable avec un gyro quand il y a du vent. Ce serait le « client » idéal pour le Wingstabi, mais quand j'ai vu que le fabriquant de l'avion (Sebart) préconisait des micro-mixages Dérive>Aileron et Dérive>Profondeur, j'ai finalement installé un A3 Super II qui me permet de garder le contrôle de ma radio avec la possibilité d'ajuster en vol ces mixages spécifiques, toutes choses littéralement impossible avec le MPX.

Sinon, il est «  transparent » en vol, comme il est souhaitable. Coupé lors des premières minutes du 1er vol, le gyro a ensuite été laissé en marche pour les autres vols, décollages et atterrissages compris. L'avion étant léger, la stabilité sur trajectoire, déjà très appréciable sur ce modèle, s'en trouve renforcée, mais sans excès. Le but étant donc ici, comme en planeur, de limiter les effets des rafales de vent. Je n'ai pas testé les autres modes, ne cherchant, ni à compliquer, ni à piloter un drone.


Le Wingstabi Multiplex : une complexité invraisemblable

 
Flugmodell 2/2016 : « Le Wingstabi ne montre aucune faiblesse, il est très simple à programmer et possède des caractéristiques de commande qui n'enlèvent en rien la sensation que peut éprouver le pilote envers son modèle. »
Mon premier contact avec les Wingstabi est bien plus mitigé, en tout cas concernant la programmation. D'abord je suis sur Mac. Or pour programmer Wingstabi, il faut impérativement un PC. Et portable en plus. Etant du côté de la pomme, je suis donc logiquement sous iPhone. Manque de pot, pour régler un Wingstabi avec un mobile, il faut être sous Androïd.
Solution, acheter une tablette rien que pour cette usage. Je paye donc un Wingstabi 3 fois le prix des concurrents pour avoir le plaisir d'acheter une tablette ou un PC rien que pour ça. Manque de chance, la dite tablette (achetée pas trop chère pour cet usage unique) s'est avérée "non-Bluetooth". Donc inutilisable, car il faut un système Wifi ET Bluetooth.
Là ça commence sérieusement à me défriser. Mais ma copine à un Samsung !
Sauvé ? Que nenni, l'application ne se télécharge pas sur son appareil trop ancien. Donc, là non plus, pas de possibilité pour moi de régler Wingstabi.
L'article que vous avez sous les yeux était donc prêt depuis des mois, sauf la partie Wingstabi, et mis en attente, car je refuse d'acheter une seconde tablette. Avouez que ça fait cher le programmateur, puisqu'étant parfaitement équipé Apple, je ne vois pas ce que j'irais faire dans un univers qui n'est pas le mien avec Android.
Wingstabi Multiplex
Acheté pour un GPR doté d’une programmation radio assez pointu, ce matériel pas assez souple d’emploi n’a finalement pas pu être installé.

Je me suis donc trouvé avec plusieurs modèles équipé Wingstabi, car sur le papier je faisais confiance (étant plutôt pro MPX) et ces modèles ne volent pas faute de programmation !

Multiplex se targuant d'une certaine facilité de programmation s'adresse donc à une clientèle mal à l'aise avec l'informatique et plutôt aisée pour se payer un Wingstabi, mais se coupe de la plus grande partie de cette clientèle qui est le plus souvent sur les produits à la pomme !
C'est comme si personne n'utilisait d'iPhone et d'iPad…
Las, heureusement que mon homologue et ami Suédois Daniel Larson (que je salue) est équipé selon le standard imposé par Multiplex, car j'ai pu avec lui faire mes premiers pas sur Wingstabi. On va dire plutôt l'aider à se dépêtrer avec la programmation, car on a pas mal ramé lui et moi, pour régler le truc.

A vrai dire on a fini la 1re séance de vol sur un semi échec. Simple à programmer dites-vous ? Connaissant la notice technique du matériel, j'ai pu aider Daniel a paramétrer la radio avec les nouvelles fonctions de mémorisation trims. La solution imposée par les dernières mises à jour MPX permet de s'affranchir du problème de mémorisation des trims en mode gyro, qui nécessitait auparavant de poser le modèle entre 2 réglages de trims, comme c'est le cas pour presque tous les gyros. Pour éviter cet inconvénient, MPX a utilisé une solution efficace mais un peu lourde en programmation pour un novice. A tel point que Daniel avait sauté cette étape. Ceci réglé, nous n'avions pas trouvé en fin de journée comment avoir de l'expo en mode Wingstabi. Si bien que le petit Razor MPX du test devenait hyper sensible aux manches dès que l'on enclenchait le Wingstabi, puisque les expos de la radio étaient sans effet dans ce mode.
Soit l'effet contraire de celui recherché puisque le Razor devenait très stable… quand on ne touchait pas les manches !
C'est l'inconvénient du principe Wingstabi. Toute la programmation de la radio est déplacée vers le PC. Mais comme il faut quand même programmer la radio pour le mode Wingstabi, au final on est obligé de faire tous les menus du Wingstabi pour savoir où est la fonction à régler (même basique comme le dual rate ou l'expo).
Programmation Wingstabi

Vous me direz que suis je suis en colère par cette non compatibilité avec le monde d'aujourd'hui, pardon, le monde Apple. Cépafo. Mais le fait est que, quand j'achète un matos 3 fois plus cher que la « normale », ce n'est pas pour me prendre la tête. C'est comme si le vendeur de chez Porsche me disait que le Bluetooth de sa 911 n'est pas compatible avec mon iPhone ! Et qu'en plus il faut que j'achète un PC pour pouvoir la démarrer. Je veux dire par là que c'est très bien de faire du haut de gamme, de vendre au prix du haut de gamme, mais qu'au final si la clientèle ne peut pas facilement se servir, ou/et qu'elle doive remettre en question son environnement informatique, il y a un problème quelque part.
Entendons-nous bien: Daniel et moi sommes quand même un peu habitué à avoir du matériel entre les mains, on n'a pas peur de programmer toutes sortes de radios. On vient parfois me voir pour aider à régler du matos d'autres marques que la mienne et j'y arrive en général plutôt pas mal.
Là, à deux, on n'a pas réussi à régler un problème de base, c'est quand même ennuyeux.

Programmation Dorado

Wingstabi dans le Dorado
Le Dorado, plus complexe avec ses 4 servos dans les ailes et ses phases de vol, nous a posé davantage de problème pour bien le programmer sur Wingstabi. Au final, les prochaines machines seront en A3 Super II, dommage.

Par la suite, j'ai pu trouver la solution à cette question d'expo sous Wingstabi. Nous avions fait une mauvaise attribution sur la Profi TX. On a alors profité avec Daniel d'un jour de très fort vent pour tester le Razor, ce qui s'est soldé par un crash au bout de 2 secondes, sans qu'on ait eu le temps de comprendre. L'avion est parti plein cabré, puis plein piqué et sur la tranche. D'accord on y a été un peu fort, mais justement bien réglé, le Wingstabi aurait dû gérer mieux que ça. Pour dire que les réglages ne sont pas si évidents.

Plus tard, Daniel est revenu avec le Wingstabi installé ce coup-ci dans un avion de voltige d'1,50 m. J'y ai remarqué que Daniel n'avait pas encore réussi à gérer le dual rate, qui ne fonctionnait pas avec le gyro enclenché. Décidément.
Enfin, pour bénéficier de son expérience et de son PC, je suis allé chez lui pour programmer le Wingstabi sur le Dorado RCRCM, soit un planeur avec 4 servos dans les ailes. On y a passé la soirée ! A un moment je me suis même dit que j'allais revendre ce matos, car l'intérêt d'un gyro sur un planeur n'est pas à la hauteur du temps passé et de la prise de tête que cela suppose. C'est vraiment se faire des nœuds au cerveau et je regrette bien de m'être précipité à acheter plusieurs exemplaires de ce truc.

Voltigeur
Très accessible, le Winsgstabi est ici monté à plat sur la platine ce l'Edge 540T-EXP Demonstrator.
Dans cet étroit Dorado, le Wingstabi est installé à la verticale, juste derrière la platine servos..

Contrairement à ce que je lis, le plus grand atout du Wingstabi n'est donc pas pour moi, sa facilité de programmation, je dirais même au contraire car je préfère rester maître des subtilités de ma radio. Par exemple, je ne peux plus régler en vol aucun mixage, ce qui est justement un point fort des radios MPX… Exit donc le réglage en temps réel de la compensation des AF, si pratique à effectuer en vol sur mes radios MPX. Là il faut attendre de brancher la tablette au modèle. Donc d'avoir posé le modèle en marsouinant.
Côté positif, dès lors qu'il s'agit de placer dans la chaîne de réception sur le modèle, un matériel quel qu'il soit, il doit être d'une qualité homogène avec le reste de l'installation. Aussi je ne me vois pas placer dans un modèle onéreux un « bidule » à 40 € made in China. La conception Multiplex et la qualité de fabrication sont donc tout ce qu'il y a de sérieux et la sécurité y est bien plus évidente.
Ainsi avec le Wingstabi avec RX intégré, il n'y a plus ces paquets de fils, sources de panne entre le gyro et le RX. Même pour les Wingstabi sans RX intégré, ils viendront se raccorder sur votre récepteur (de toute marque) via un seul câble, plus facile à sécuriser et à surveiller. Mieux, les nouveaux 12 et 16 voies (avec et sans RX) intègrent directement une double alimentation via de sérieuses prises de puissances vertes de type M6, ce qui est un atout indéniable.
Ca sent la conception solide pour les Jets, entre autres. A l'usage on dispose des 4 modes que l'on trouve dans les gyros de dernières générations, dont seulement 3 sont accessibles en permanence.
Le 4e mode étant celui de l'auto torque roll accessible qu'en supprimant le mode normal, c'est-à-dire avec le mode gyro «  OFF » non accessible. Notez que ce mode 4 est juste le mode 3D renforcé et contrairement à d'autre gyro, ne place pas l'avion en torque roll depuis un mode horizontal.

A l'expérience, l'idée de pouvoir régler la sensibilité de chaque axe via un potar de votre radio séparé est peut être un plus pour des modèles très particuliers. Pour le modèle du dimanche, il sera mieux le faire au sol et se « contenter » du réglage de gain général, qui lui est important de conserver, de façon à pouvoir adapter le gain à la vitesse du modèle.
Au niveau ergonomie, on peut placer le Wingstabi dans différentes positions à l'intérieur du modèle, ce qui est bien pratique, surtout eu égard à leur encombrement relativement important.

A l'usage, le Wingstabi fonctionne bien sûr très bien et réagit très finement, même réglé un peu trop sensible. Par contre il convient de le paramétrer d'abord sur un petit modèle sans risque de façon à éviter pas mal de « gags » qui peuvent très facilement rendre le modèle impilotable pour peu que de petites erreurs se soient glissées dans vos réglages.
C'est valable bien entendu pour tous les gyros, mais plus particulièrement pour ceux qui sont très évolués comme celui-ci. Il faut principalement surveiller les débattements dans tous les modes, y compris et surtout autour des neutres, de façon à être certain d'avoir le même comportement dans tous les modes. Ce genre de déconvenues est donc arrivé sur le Razor de Daniel et à moi-même, heureusement au sol, et aussi je l'avoue avec un F3F équipé de l'A3 Super II.

Rafales à 50 km/h

Oups, cassé !
Tout ayant une limite, le gyro n’a pas réussi à sauver le petit Razor de l’ami Daniel Larson. Avec des rafales à 50 km/h, le vol à duré 3 secondes avant de finir sur la tranche, au sol.

Mémorisation de trim sur Wingstabi
Sur les versions gérées par une radio Multiplex, les dernières mises à jour permettent de contourner le problème. Au prix d'une certaine complexité lors de la programmation (il faut dire que si la traduction de la notice était faite par un modéliste, ça aiderait), mais une fois ceci fait, il n'y a plus de mémorisation de trim à faire. Une bonne chose. Pour les Wingstabi qui ne sont pas sous radio MPX, il faudra mémoriser les trim comme avant, soit par plusieurs A/R sur l'inter du gyro, soit par un inter 2P spécialement dédié (lors du paramètrage), solution que je conseillerais. Notons que nous n'avons pas encore réussi avec Daniel à faire parler la Profi TX en version 3.34 pour lui faire annoncer le changement de statut Wingstabi.
D'autre part, puisque MPX impose d'attribuer un mode Wingstabi dans ses dernières mises à jour, il est dommage que toutes les attributions ne soient pas automatiques et qu'en plus il y en ait un mode qui soit source d'erreur ! On a l'impression que les ingénieurs ont oublié de faire simple… Normal me direz-vous, vu leur aversion au monde de la pomme !

Au final je ne souscris pas du tout aux critiques très positives sur le Wingstabi et j'en suis bien triste, étant très branché MPX. Mais je considère le principe d'une complexité inutile et invraisemblable à utiliser, voir facilement dangereux tant il est aisé de modifier un réglage fondamental sans s'en rendre compte. Déjà trompeur sur le grand écran d'un PC, je vous laisse imaginer sur le terrain, par mauvaise luminosité et petit écran. Un gros doigt qui traine et « hop », vous avez annulé la profondeur et mis autre chose à la place! Coool… La programmation du modèle intégralement déportée de la radio est une hérésie. Graupner le rend possible depuis l'émetteur, pourquoi MPX ne le ferait pas ? Le réglage d'un gyro « normal » est déjà loin d'être évident, mais si en plus de cela on y ajoute d'autres complications…

La mauvaise idée
Ayant pas mal de récepteurs Multiplex, j’ai acheté un Wingstabi 7 canaux sans récepteur, pour l’utiliser comme un gyro normal, avec juste un seul câble reliant le gyro au récepteur. C’est pas mal... A ceci près que personne ne vous explique pourquoi ça ne marche pas ! Après moultes recherches, il faut programmer le récepteur en mode « SRXL ». Très bien.
Installé dans un Funray, j’ai donc passé un samedi à programmer le Wingstabi sur le PC de ma chérie, avec un succès disons, mitigé ! Re-soirée chez Daniel et arrachage de cheveux : aucun trim ne fonctionne et on ne peut pas changer l’état à distance.

Funray et Wingstabi

Wingstabi dans un Funray
Pour utiliser le Wingstabi dans ce Funray en conservant la possibilité de régler les trims, il faufrait un récepteur... 12 voies !

Et soudain Daniel a un éclair de lucidité ! J’ai mis un récepteur 7 voies ! Forcément, j’ai besoin de 7 voies pour le Funray, mettons 6 voies en couplant les volets. Eh oui, mais non ! C’est un récepteur de 12 voies qu’il fallait mettre, car chaque trim prend 1 voie supplémentaire, pareil pour le changement d’état, soit 4 voies de plus que les 7 prévues. Le mot de la fin de Daniel « mais pourquoi tu n’as pas acheté le Wingstabi avec le récepteur intégré ? »
Mon mot de la fin perso : je ne vais pas mettre un 12 voies dans un Funray, je garde mon récepteur 7 voies et je vire ce truc pour un A3 Super2.
Sinon le wingstaby 7 voies et mon récepteur 7 voies me permettrait de piloter... un 2 axes ! Salut.
Décidément, on n’est pas copain Wingstabi et moi...


Y'a t'il des différences en vol entre les différents gyro ?

Quelques modèles ont reçu au fil du temps des gyro différents, comme le Heron MPX qui a récemment troqué son vieux gyro MPX pour un NX3 Evo. En fait, la différence tient uniquement au fait que l'on peut maintenant régler la sensibilité en vol. A cette occasion, puisque la programmation a été complètement refaite, j'ai pu introduire des réglages différents au différentiel des ailerons. Me permettant au passage en phase de vol « acro » de ne mettre aucun différentiel, soit rien de moins que 40° de débattement de part et d'autre ! Funny. Par contre sans gyro, ça tortille sacrément, il suffit de regarder le manche d'ailerons pour que le lacet inverse se manifeste ! Alors le tonneau n'est pas vraiment esthétique, on s'en doute. Gyro « On » même basse sensibilité, la dérive fait seule son travail et tout rentre dans l'ordre ! Impressionnant. Evidemment, ça va faire dire aux détracteurs que ça pilote à votre place. Cépafo. Mais c'est un cas extrême, ça montre le travail de la dérive qui n'est pas inutile dans une pompe.

Revenons aux différences entres gyros. Ils réagissent donc tous de façon tout à fait similaire. Sauf le Wingstabi. De par ses possibilités étendues de réglages, le comportement « par défaut » est très typé avion de voltige. C'est-à-dire que les trajectoires sont davantage verrouillées sur le Wingstabi, bien évidement en mode « éliminateur de vent » « mode 2D » chez les concurrents. Il s'agit d'un réglage qui peut être modifié. On doit pouvoir le faire… si vous voyez ce que je veux dire. Comme mes Wingstabi sont utilisés exclusivement sur des planeurs de voltige, ça ne me dérange pas. Disons que là où je coupe le Wingstabi, je peux laisser le gyro en fonction sur mes autres modèles. Encore une fois, une question de réglage, mais autant je n'hésite pas à brancher le boîtier de programmation sur le A3 Super II, autant je pétoche de fiche le bazar par mégarde dans le MPX. Donc je laisse comme ça. On n'est pas copain, c'est clair...

Comment installer et régler un modèle avec gyro ?

Mal réglé, un gyro peut être la pire des choses, ou bien ne servir à rien. Ne servir à rien s'il n'est pas réglé assez sensible, la pire des choses si il est mal installé ou mal réglé.
D'abord il convient de placer le gyro au bon endroit et dans la bonne position. Surtout, le fixer comme il se doit.
Au bon endroit, c'est-à-dire au plus près du centre de gravité. J'en ai certains à 10 à 15 cm devant le centre de gravité comme sur le F3F et 30 cm derrière sur le Carbon Z Cub, ça va quand même. Mais bon, c'est quand même plus logique au plus près du centre de gravité. Très important par contre, certains gyros n'acceptent pas d'être mis autrement qu'à plat dans le modèle, d'autres peuvent être programmés pour être mis sur la tranche ou tête en bas, comme le A3 Super ou le Wingstabi.

Bien utile, le gyro dans le Carbon Z Cub quand ça souffle
Le Carbon Z Cub, avec ses grandes ailes en mousse, légères, tire grand profit d'un gyro quand il y a un peu d'air. Avec un cordon en Y sur les ailerons, un gyro basique lui suffit bien.

Ceci déterminé, utiliser impérativement le double face fourni, après avoir dégraissé à l'alcool les surfaces à encoller. Si le gyro venait à se décoller en vol, ce serait le crash quasi assuré. Les doubles faces fournis sont parfait car ils collent très fort et évitent que le gyro ne bouge, ce qui conduirait bien entendu à des effets parasites très indésirables. Attention aux modèles en mousse, où je recommande de coller d'abord une petite platine qui recevra ensuite le gyro. Ca sent le vécu ? Précisément ! Mal vécu même, si vous voyez ce que je veux dire…

Bon, maintenant : les réglages

La sensibilité d'abord. Ce qui suit est valable pour tous les axes, mais prenons l'exemple des ailerons. On part d'un réglage sur le gyro de la sensibilité à mi-course, mais sur certains, je finis proche de 100%. Il n'y a pas de règle.
Voyons ça concrètement sur le modèle : Il faut qu'en inclinant brutalement le modèle, le gyro réagisse comme si vous donniez un bref mais violent coup d'ailerons (à fond donc).
Si pour une légère oscillation du modèle, vous obtenez un gros coup d'ailerons au gyro, là c'est trop. Il faut que la réaction soit forte quand l'inclinaison est brutale et forte (secouez le modèle avec 30° de variation de part et d'autre). Là, la réaction alors doit être très franche, comme des grands coups de manches donc.
En résumé, grosse variation d'angle = gros effet de gyro. Petite variation d'angle, petite correction du gyro. Logique en somme. Ce niveau de sensibilité, qui est élevé, est tout à fait valable pour le décollage et l'atterrissage en pente et le vol d'un modèle pas trop rapide, comme un modèle en mousse.
Mon Heron et le Carbon Z Cub sont réglés ainsi, bien que ne disposant pas de réglage de sensibilité par radio. Quand la vitesse du modèle devient importante en faisant sur-réagir le gyro, alors je le coupe. Bien entendu, c'est beaucoup mieux de pouvoir ajuster la sensibilité en vol.
Modèle rapide ou lent, les réglages de bases seront identiques. Ainsi, même sur un F3F (planeur de vitesse) le réglage de sensibilité est le même qu'indiqué ci-dessus (puisque l'on cherche d'abord une correction au décollage et à l'atterrissage). Avec le réglage de la sensibilité à l'émetteur, on partira aussi de ce réglage comme valeurs maxi. Ensuite on pourra adapter la sensibilité selon la vitesse du modèle, voir le couper, car il y a des conditions où le gyro ne sert à rien, et d'autres oui.

Curseur au bout des doigts

Inter 3 positions
Au bout des doigts sur un curseur, le réglage de sensibilité du gyro, et sur un inter 3 positions le changement d’état du gyro « 3D-Off-2D» ou juste un inter 2 positions « Off -2D», d’où l’intérêt de pouvoir régler les deux de façon indépendante.

Il n'y a pas que la sensibilité qui se règle sur un gyro, il y a aussi l'intégration. Selon son niveau, on aura une machine plus ou moins verrouillée sur son axe. La différence entre le « 2D » et le « 3D », en somme ; ainsi nommés sur certains gyro. Il est bien évident que le verrouillage ou l'excès de verrouillage est bien en avion pour tenir la tranche ou le torque roll. En planeur, on ne tiendra pas à passer à travers la bulle comme un fer à repasser ! Certains gyros proposent d'en modifier le pourcentage, ce qu'il vaut mieux éviter au début. De toute façon, les réglages sont en général parfaits en « 2D », seul mode intéressant en planeur, on l'aura compris.
MPX se distingue encore une fois avec - dans tous les cas - un réglage typé « Avion ». Réglages pour lequel je manque d'infos pour y toucher. Ca va que mes Wingstabi sont installés sur des purs voltigeurs.

Changer de radio pour un émetteur avec le réglage du gyro intégré ?
Franchement je me suis posé la question, au moins pour mes planeurs de pentes et avions de changer de marque de radio. Troquer ma Multiplex ? Horreur ! Voyons voir. Spektrum ? Un ami avait la dernière DX8 avec les derniers programmes planeurs. A force de l'aider, j'étais arrivé à une certaine maîtrise de sa radio. Mais pas encore super adaptée aux planeurs. Il vient de la vendre, avec raison. Il a acheté une Graupner, je pensais aussi que c'était la bonne idée. En fait, non. Pas assez intuitif, prise de tête. Mauvais plan (sauf pour ceux déjà super à l'aise avec cette radio). Resterait Weatronic qui semble super bien, mais trop confidentiel et leur RX sont chers. La radio idéale avec gyro intégré n'existe donc pas ! Allo Multiplex ? Vous pourriez pas intégrer dans vos radios une version simplifiée de votre usine à gaz ? Ca ne semble pas infaisable pourtant. Un petit RX-gyro à la Graupner, accessible financièrement et sans prise de tête, d'usage simple pour des petits modèles comme… les mousses Multiplex ! Bon sang de bonsoir ! Un Easy Glider avec gyro, c'est génial, un Heron devient un Alpina, un Funray prend des airs d'Extra 300 ! Y'aurait pas un train à prendre, là ?

Pour résumé les matériels testés

La démarche de Multiplex est l'exemple type de ce qu'il ne faut pas faire. Bon travail d'ingénieurs, ils offrent de la qualité, une intégration du système, une certaine recherche de facilité d'utilisation… qui se perd au final dans une usine à gaz incompatible avec un usage loisir, dit « plug and play ». Il est de plus aberrant, à ce prix, qu'on ne puisse pas utiliser un iPhone ou un iPad pour programmer ces Wingstabi. Ah si seulement Wingstabi était réglable depuis la radio… Graupner le fait bien.
A l'opposé du concept, nous avons le A3 Super II, qui est excellent… mais lui aussi, il est bon à partir du moment où l'on a réussi à bien le régler ! (Un rêve à côté du MPX !) Le prix avec son programmateur est par contre très attractif. Au final c’est le meilleur de ce test. Plus modeste, le NX3 EVO, convient bien sur des modèles en mousses ou bien si on est réfractaire à toute programmation.
Graupner semblerait beaucoup plus convainquant sur ce sujet, car tout se fait depuis la radio, et en tenant compte des réglages et mixages du modèles tel qu'il existait avant l'installation du gyro. J'ai d'abord participé aux réglages puis piloté un modèle ainsi équipé en Graupner, mais ce n'était pas le mien et je n'ai pas pu tester ça de façon approfondie. J'ai juste dit de quelle façon le modèle devait réagir.
Plus récemment un ami est venu me voir avec sa MZ18. Déjà qu'il ne maîtrise pas la programmation de sa radio, mais alors en mode gyro, malgré l'étude approfondie de la notice et d'un didacticiel, durant deux jours de vacances, on a purement abandonné ! Visiblement, il y a des étapes basiques qui nous ont manqué. Attention, ce n'est pas un jugement de valeurs, c'est que ce n'est pas des plus intuitifs quand on vient de l'extérieur. Il faut dire que la notice n’est pas un modèle du genre.
Il n'y a pas à tortiller, le seul moyen de démocratiser réellement l'usage des gyros sera d'intégrer la programmation au logiciel de la radio, mais de façon simple et intuitive ! Tout le reste n'est que
bricolage plus ou moins dangereux. En ça, c'est vraiment dommage que ma marque de radio préférée, déjà à la traîne par rapport à Jeti, n'ait pas su prendre la balle au bond et l'intégrer directement les réglages Wingstabi dans leurs radios mais en conservant les mixages de la radio.

Salto motorisé au décollage
Au lancé bien entendu, le gyro sécurise bien les premiers mètres d’un 4m électrique, mais l’agrément est tel sur ce Salto que le gyro est laissé connecté en quasi permanence. En revanche le gyro pourra très bien n’être que d’un intérêt très limité sur d’autres machines de même taille. Outre des conditions de vol, çà dépend aussi du modèle.

Pour conclure

Une (r)évolution incontournable, mais doit encore progresser.
On peut soit s'agripper à ses certitudes, soit tenter de voir où nous amène une nouvelle technologie. Le puriste roulera sans ABS, sans suspension active, Bluetooth, etc. C'est un choix tourné vers le passé.
Chacun fait ce qu'il veut. On peut au contraire rester connecté au progrès et n'en prendre que le meilleur. Pas obligé d'être un Geek pour avoir un smartphone. Pour le gyro, c'est un peu pareil. D'abord on peut n'en faire que l'utilisation que l'on veut, comme sur une moto où l'on peut désactiver l'ABS en TT. Ensuite il y a souvent un bénéfice très quantifiable à utiliser le gyro. Au point même que l'on pourra se surprendre à le laisser branché sans y penser. Sans y penser ! C'est bien là la surprise et aussi l'intérêt. Vous pouvez passer les commandes de votre planeur à un copain avec le gyro en position « On », sans le lui dire, il trouvera juste que le planeur vole bien car il continuera d'être démonstratif, même aux pets de lapin. Pour moi, le vrai progrès c'est ça. Il doit se faire oublier. C'est aussi ce que l'on demande aux fabricants: de l'utilisation intuitive et un réel confort d'utilisation. Les trucs qui font tout et qui font rien n'auront plus le droit de citer. Derrière le matériel hi-tech, il faudra de plus en plus de la vraie matière grise avec des vrais ingénieurs-utilisateurs. C'est là où il y a encore de la marge de progression.

De manière générale, certains pouvaient s'attendre à une assistance de vol, à un anti crash, à une aide pour le débutant ou semi-débutant, il n'en est rien. C'est au contraire un matériel pointu à utiliser, à installer, à régler qui certes apporte une nouvelle dimension, comme sur une voiture de sport, la suspension active ou un différentiel vectoriel. En aucun cas un anti-dérapage. A ce jour, je ne conseille donc vraiment pas l'usage d'un gyro à un débutant ou semi-débutant, que ce soit pour un avion, et surtout pas dans un planeur. Par contre pour un modéliste confirmé, c'est très intéressant et mes modèles de pente en sont tous progressivement équipés, quand cela est possible. Sur certains modèles, le gyro est peu utilisé, sur d'autres beaucoup plus. Cela dépend des conditions météo, de type de relief, de la vitesse du modèle, des conditions de décollage et d'atterrissage, de la légèreté des ailes. En fait, je n'ai qu'un seul modèle où le gyro ne sert à rien, c'est le Crystal électrique de 5 m qui ne vole qu'en plaine, c'est une bonne barque bien stable avec un domaine de vol relativement limité. Comme un gros ASK 13 par exemple.

Sur le sujet du meilleur gyro du test, ma conclusion est que pour tenter l'aventure avec des modèles basiques, le Nx3 Evo et ses dérivés conviendront bien, car plus simples.

Ensuite ma préférence va nettement au A3 Super II, qui de mon point de vue est le meilleur du test. Mais quand on s'approche ou qu'on dépasse le millier d'euros, alors là pour son sérieux de fabrication le Wingstabi devrait s'imposer logiquement... Logiquement… euh, j'ai bien acheté le gros Wingstabi 16 voies pour mon DG303 Paritech, alléché par l'usage qu'un collègue fait de ce même planeur en montagne avec le gyro Weatronic.

Adieu donc la finesse des réglages de ma Profi TX, l'ouverture de sa gestion à tous mes désirs et entrons dans le monde fermé d'une radio moyenne gamme un peu capricieuse, voire piégeuse… Bon, ben au final, le bidule est à vendre ! Chacun sa logique.

Honnêtement, je me suis posé la question d'aller chez Graupner, car il faut l'avouer, peu de mes modèles ne sont pas équipé d'office en gyro. Seuls mes planeurs exclusivement utilisés en plaine ou VTR (vol thermique sur relief) ne sont pas équipés. Pour les autres, c'est que du bonheur.

La radio-gyro idéale n'est même pas à inventer, juste à produire ! Multiplex où êtes-vous ?

DG303 Paritech
L'auteur a finalement renoncé à installer le Wingtsaby sur son DG303 Paritech de 5 m.

Passage
Au final, est-ce que l’on perd quoi que ce soit, comme en capacité de perception, avec un gyro ? La réponse est claire, c'est non.
Vous aurez-juste l’impression que les ailes de votre planeur ont poussé, et ce juste en activant un inter. Essayez…

Enfin, on pourra bien entendu polémiquer sur l'intérêt ou non de ces systèmes, les plus allergiques au principe sont toujours ceux qui n'ont pas essayé. Il est vrai que l'on peut toujours trouver des contre-exemples, mais il est peu probable que ce genre d'équipement ne se généralise pas, bénéficiant directement du progrès fait dans le domaine du drone. Nous ne sommes qu'au début de l'invasion des gyros, qui s'intégreront de plus en plus dans notre paysage, dans nos radios, dans nos habitudes. Sans pour autant que l'on y perde en agrément, bien au contraire. D'autant que l'on peut toujours l'activer ou pas selon notre envie.
Si débat il devait y avoir, ce ne serait pas dans l'inéluctable sophistication toujours plus forte de nos matériels, mais dans l'incompétence de nos législateurs (qui n'évoluent pas, eux !).

Merci à Daniel Larson pour son aide et sa participation !

Contacter l'auteur : pierre@jivaro-models.org

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